lundi 25 octobre 2021

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Pass sanitaire, à Toulouse, les restaurateurs refusent de se ”comporter comme la Gestapo”

L’annonce d’Emmanuel Macron, ce lundi 12 juillet, d’étendre l’obligation du Pass sanitaire aux clients de bars et restaurants suscite de l’incompréhension chez les restaurateurs qui se montrent réticents à contrôler leur clientèle et refusent de « se comporter comme la Gestapo ». 

pass sanitaire restaurants toulouse
Pass sanitaire, à Toulouse, les restaurateurs refusent de “fliquer leurs clients” © Pixabay

« On demande aux restaurateurs de se comporter comme la Gestapo », s’indigne Hubert de Phalestan, président de la branche restaurateur de l’Union des métiers et des industries hôtelières (UMIH) de la Haute-Garonne. La nouvelle mesure sanitaire annoncée par Emmanuel Macron, ce lundi 12 juillet, consistant à rendre obligatoire le Pass sanitaire pour s’asseoir à une table de bar ou de restaurant, en terrasse comme à l’intérieur, ne passe pas pour le représentant syndical.

« C’est ridicule et complètement stupide. Nous n’avons pas le pouvoir régalien d’assurer le maintien de l’ordre et de garantir le respect des lois. Et, par ailleurs, nous n’avons pas le droit de faire un refus de vente ou d’interdire l’accès de nos établissements à des personnes », explique celui-ci.

Service plus que minimum pour le contrôle des Pass sanitaires

Regrettant un cadre légal encore flou et des principes douteux, certains restaurateur envisagent de ne pas appliquer strictement la mesure dans leur établissement. « Je ne suis pas flic. Ce n’est pas mon métier de contrôler la vie des gens et je n’ai pas envie de le faire. Et, surtout, je refuse de faire de la discrimination », témoigne Adrien Cervoni, cogérant du Racine café à Toulouse.

Celui-ci s’inquiète également du sort de ses employées à qui il ne veut pas forcer la main. « Ça me pose un problème qu’on impose le vaccin comme ça. Surtout au milieu du flou quand à leur efficacité et leur innocuité. Ça fait peur », renchérit-il avant de soulever la question de l’atteinte au secret médical. De son côté, Hubert de Phalestan envisage de mettre une petite pancarte avisant sa clientèle qu’il « ne contrôle pas les gens car (il) n’en à pas le pouvoir. Et qu’ils sont eux-mêmes responsables ».

« On ne va pas commencer à refuser des gens »

Mais au-delà des considérations éthiques ou de la difficulté de mise en œuvre d’opérations de contrôle consciencieuses pendant le service, cette nouvelle contrainte sanitaire pèse encore un peu plus sur un secteur déjà durement touché par la crise. « On est dans une telle galère qu’on ne va pas commencer à refuser des gens », rappelle Adrien Cervoni.

Pour Hubert de Phalestan, une telle mesure, avec son lot de contraintes et l’impact prévisible sur la clientèle, devrait s’accompagner de mesures d’aide. « Malheureusement, nous ne sommes informés et au courant de rien. Nous ne savons même pas comment nous devons agir avec les personnels qui refusent de se faire vacciner. On nous impose des choses qui ne sont pas de notre ressort alors que nous sommes déjà soumis à de nombreuses contraintes, notamment en matière d’hygiène », déplore-t-il.

Fraude et effet dissuasif sur la clientèle

Enfin, selon Hubert de Phalestan, cette surenchère dans la mise en place des dispositifs de contrôle risque de dissuader la clientèle, vaccinée ou non, de se rendre au restaurant. « S’ils se sentent fliqués, les gens ne vont pas venir. » Une crainte partagée par Adrien Cervoni, qui envisage aussi que cette mesure encourage la fraude au Pass sanitaire. « Pour les restos et les petits choses de la vie quotidienne, face à des structures qui n’ont ni les moyens ni le temps de faire des contrôles, les gens auront de plus en plus recours à la falsification de documents. Finalement, il va y avoir deux équipes. Les vaccinés qui seront content qu’on impose le Pass. Et les autres qui trouveront quand même le moyen de continuer à vivre normalement », anticipe-t-il.

Entre dilemmes éthiques et difficulté à mettre en place un contrôle sincère et efficace, les restaurateurs s’accordent sur le caractère ubuesque de la situation. « Si Ionesco était en vie, il pourrait écrire quelques pièces en s’inspirant de ce que nous vivons aujourd’hui », ironise Hubert de Phalestan, avec une pointe d’amertume.

 

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