[Dossier] Ces patrons qui donnent une seconde chance

LEVIER. Manque de confiance en soi, formation incomplète, accident de la vie, le chemin qui mène vers l’emploi est parfois semé d’embûches. Une main tendue peut s’avérer décisive. Partant du principe que tout le monde peut être compétent, certains patrons décident de donner un coup de pouce. En proposant un travail, ils procurent aussi une formation, une chance d’évoluer dans le milieu de l’entreprise et ainsi de commencer une nouvelle vie professionnelle. Cette semaine, le JT a poussé la porte du bureau de ces dirigeants bienveillants.

seconde chance
©Artzone

En l’espace d’un an, Sandrine* a perdu sa mère – dont elle était très proche – et son poste de secrétaire dans une entreprise où elle évoluait depuis 30 ans. Deux coups durs dont elle peine à se remettre. À 56 ans, pas facile pour elle de retrouver un employeur et encore moins de songer à une reconversion. Peu à peu, elle s’est éloignée du marché du travail, s’installant dans une routine en attendant la retraite.

« Une personne éloignée de l’emploi est quelqu’un qui malgré des tentatives n’obtient pas de travail pendant au moins un an », explique Erik Fitamant, responsable du secteur entreprises, collectivités locales et associations, à La Passerelle, une association columérine d’aide à l’emploi. Pour cela, il faut identifier les blocages : diplômes inadaptés, accidents de la vie, absence de moyen de locomotion, illettrisme, problèmes de santé.

Autant de freins qui se cumulent en général. « Des problèmes d’argent engendrent des difficultés à se déplacer et des préoccupations administratives », poursuit Erik Fitamant. « Quand on risque de perdre son logement, l’emploi est un besoin moins prégnant. Il faut un certain équilibre pour retourner vers le travail. » 

Dernièrement, le Département, au moyen de sa charte de la commande publique, et la Région, via ses Ecoles de la deuxième chance, ont accentué leurs efforts pour favoriser l’insertion par l’emploi.

De l’avis d’Erik Fitamant, ces intentions politiques succèdent à des habitudes déjà établies dans les entreprises. « Les dirigeants ne nous ont pas attendus pour faire de l’insertion », assure-t-il. « Ils ne sont pas frileux à l’idée d’embaucher une personne éloignée de l’emploi. » De son expérience, c’est plutôt avec les niveaux hiérarchiques intermédiaires des entreprises que ces profils particuliers peuvent rencontrer des difficultés quand il faut atteindre les objectifs de production. D’où l’importance pour ces candidats au salariat de rassurer leurs employeurs et de savoir expliquer leurs parcours.

* le prénom a été modifié



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