mardi 18 janvier 2022

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Toulouse Tech University, le contrepied de la Toulouse School of economics sur le projet de fusion des universités

 À trois semaines d’une échéance déterminante pour le projet de regroupement des universités toulousaines, la Toulouse School of economics prend ses partenaires à contrepied et lance l’idée d’une Toulouse Tech University. Un projet alternatif et plus sélectif qui se veut aussi plus ambitieux.

Toulouse School Economics Toulouse Tech University
L’entrée de la Toulouse school economics (TSE) CC BY SA 40 Frederic Neupont

C’est un petit putsch académique que tente Christian Gollier, le directeur de la Toulouse School of economics (TSE). Quelques mois seulement après l’adoption d’un texte qui fonde le principe d’un regroupement des universités et écoles supérieures au sein d’une nouvelle Université de Toulouse et à seulement trois semaines d’une candidature commune de tous les partenaires à l’appel à projets « Excellence sous toutes ses formes », celui-ci a annoncé, ce samedi 8 janvier 2021 sur les réseaux sociaux, le lancement d’un projet de nouvelle université indépendant : la Toulouse Tech University (TTU).

Objectif : le top 100 du classement de Shangai

Un projet à l’envergure plus réduite (seules l’université Paul Sabatier et l’ISAE-SUPAERO sont actuellement présentées comme partenaires) mais qui se veut plus ambitieux. « La Toulouse Tech University a vocation à rejoindre le top-100 du classement de Shangai », assure le directeur de l’école fondée par Jean Tirole.

Néanmoins, ce projet de pôle d’excellence présenté comme une réponse au « déclassement annoncé de Toulouse » fait grincer des dents du côté de l’Université fédérale. En effet, cette structure qui regroupe 31 établissements supérieurs et de recherche de la région Occitanie travaille déjà à un projet de nouvelle Université et se voit quelque peu couper l’herbe sous le pied.

« Ce projet a été construit dans un relatif secret pendant les vacances »

« Nous avons été mis au courant de ce projet il y a seulement quelques jours. Nous sommes d’autant plus surpris qu’en décembre nous avons confirmé le principe d’une candidature collective et unique à l’appel à projet ”Excellence sous toutes ses formes”. Ce projet alternatif a été construit dans un relatif secret pendant les vacances », déplore Philippe Raimbault, le président de l’Université fédérale de Toulouse. Mais, au delà de la « brutalité de la méthode et l’agenda de sa publication », celui-ci émet des réserves sur les plans juridique et politique.

Un écueil juridique pour la Toulouse Tech University

Tout d’abord, celui-ci rappelle que la TSE n’est pas une entité autonome mais une école intégrée à l’université du Capitole Toulouse 2. Celle-ci ne peut donc engager unilatéralement une telle démarche ni s’émanciper de son université de tutelle. Or, le conseil d’administration s’est déjà prononcé pour le maintien de TSE en son sein. Et Hugues Kenfack, le président de l’université Toulouse Capitole fait partie des signataires d’un communiqué de presse jugeant « préjudiciable » et contraire aux « principe de démocratie universitaire » le projet de Toulouse Tech University. Une situation qui empêche donc juridiquement la concrétisation des plans de Christian Gollier.

Le risque d’un perdant-perdant

Par ailleurs, les présidents des universités et structures écartées de la Toulouse Tech University s’inquiètent d’un projet qui, s’il voyait le jour, impliquerait un « démantèlement de l’université Toulouse Capitole » et une « fracturation profonde du site ». Alors que l’ensemble des partenaires travaillaient, au contraire, à un projet d’Université unifiée. « Il est inenvisageable d’abandonner le projet de nouvelle Université au profit de celui de Toulouse Tech University. Nous sommes décidés à continuer dans cette voie et nous espérons rallier tous les acteurs », martèle Philippe Raimbault.

« Ce serait une erreur de maintenir les deux projets »

Pour lui, seule une marche arrière de la part de TSE et le retrait de la TTU est envisageable. « Ce serait une erreur de maintenir les deux projets. Tout le monde serait perdant. Nous devons nous attacher à converger vers un projet unique. Si ce n’est pas le cas, nous aurons moins de chance de réussite lors des appels à projet d’excellence », avertit-il.

Nicolas Belaubre
Nicolas Belaubre a fait ses premiers pas de journaliste comme critique de spectacle vivant avant d’écrire, pendant huit ans, dans la rubrique culture du magazine institutionnel ‘’à Toulouse’’. En 2016, il fait le choix de quitter la communication pour se tourner vers la presse. Après avoir été pigiste pour divers titres, il intègre l’équipe du Journal Toulousain, alors hebdomadaire de solution.
 

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