dimanche 24 janvier 2021
Actualités Toulouse. Des mamans se mobilisent pour sauver l'esprit de la maternité Joseph-Ducuing

Toulouse. Des mamans se mobilisent pour sauver l’esprit de la maternité Joseph-Ducuing

Attachées à l’esprit de bienveillance qui fait la réputation de la maternité de l’hôpital Joseph-Ducuing à Toulouse, des mamans se mobilisent en faveur des personnels du service, touchés par un projet de modifications de leurs conditions de travail.

maternité Joseph-Ducuing Toulouse
Des mères ayant accouché à la maternité de l’hôpital Joseph-Ducuing à Toulouse se mobilisent pour soutenir les personnels du service

À Toulouse, la réputation de la maternité de l’Hôpital Joseph Ducuing est telle que les places y sont chères. En témoignent les nombreux futurs parents qui, chaque mois, se ruent à l’heure précise de l’ouverture des inscriptions en ligne en espérant décrocher le précieux sésame permettant d’y accoucher. Une véritable institution locale prisée notamment pour son soin porté à l’accompagnement à la parentalité.

Un projet de modifications des conditions de travail en cause

Sauf qu’aujourd’hui « cette tradition basée sur la bienveillance » est en danger assure le collectif ”Soutenir sa maternité”, créé en septembre dernier. Informées d’un projet de modification des conditions de travail des personnels évoluant dans ce service, des mères ayant toutes accouchées à Joseph-Ducuing ont en effet décidé de se mobiliser en faveur de ces derniers.

« Le collectif est issu d’un groupe de parole pour parents organisé par la maternité et qui s’est prolongé sur Facebook. C’est notre expérience commune vécue dans ce service qui fait que nous avons voulu nous montrer solidaires quand nous avons entendu parler des difficultés », raconte Marianne, maman de deux enfants nés rue de Varsovie et membre du collectif.

La particularité de la maternité de Joseph-Ducuing menacée de disparaître

Pour rappel, l’hôpital Joseph-Ducuing est engagé depuis environ deux ans dans une course à la restauration de l’équilibre financier qui provoque de nombreuses tensions et grèves dans différents services. En ce qui concerne la maternité, c’est notamment la question d’un accord sur le temps de travail qui préoccupe les soignants. Si le collectif « Soutenir sa maternité » ne souhaite pas commenter le projet dans le détail, il estime que celui-ci aura forcément un impact sur la prise en charge des patients.

« La particularité de Ducuing est fondée sur la bientraitance, le respect des projets de naissance et des besoins physiologiques, le soin porté à la rencontre entre l’enfant et ses parents et à la création d’un lien de qualité dès le départ. Tout cela commence déjà à évoluer avec la réorganisation en cours et pourrait disparaître à long terme », alerte Marianne.

Lettre à la direction, vidéo, pétition en ligne…

Pour appuyer les sage-femmes et autres personnels du service, le collectif ne ménage pas ses efforts. Après une lettre adressée à la direction de l’hôpital, cosignée par une vingtaine de mamans, puis une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, une pétition a été mise en ligne début novembre. Celle-ci a recueilli à ce jour près de 1500 signatures. « Notre démarche consiste à amener la direction à reprendre les négociations et à écouter les propositions qui sont faites par les personnels. Par ailleurs, Joseph-Ducuing étant en partie financé par des fonds publics, il s’agit aussi d’une question de droit d’accès aux soins qui concerne tout le monde », poursuit Marianne.

Nouvelles actions en prévision

Prévue à l’approche de la journée mondiale de l’enfance (le 20 novembre dernier), une nouvelle action de soutien a du être reportée en raison du contexte sanitaire. Le collectif est, quoi qu’il en soit, bien déterminé à manifester son désaccord avec des décisions qu’il juge incompréhensibles. Voire contre-productives selon Marianne : « Nous n’avons pas choisi Joseph-Ducuing pour tel docteur ou tel matériel dernier cri mais pour sa réputation humaine et sociale. Or, une réputation se perd vite. Surtout avec le bouche à oreille ».

Nicolas Mathé
Pigiste, il a observé l’actualité pour différents titres de la presse écrite locale et nationale pendant presque 10 ans, avant d’intégrer la rédaction du journal en février 2018 pour se consacrer exclusivement à la quête des solutions de demain.

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