Toulouse est-elle green-friendly ?

SYL jtoul-15-09-03Image. Après avoir conquis le milieu publicitaire, le green-washing est clairement à la mode en politique. Il faut dire qu’en cette année dite « du climat », le vert va plutôt bien au teint des municipalités. Le point dans la ville rose.

 

N’en déplaise à ceux qui aiment s’épancher sur les classements souvent maladroits relatifs à la qualité de l’air dans la ville rose ou encore à son retard en matière de transport en commun, le dossier développement durable semble être pris à bras le corps par les élus locaux. Georges Méric fraichement arrivé au Conseil départemental créait la surprise le mois dernier en promettant d’apporter sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique en réunissant les acteurs économiques locaux et les associations autour d’une journée de concertation sur ce thème le 4 novembre 2015… Peu de temps avant, en présence de Ségolène Royal, Elisabeth Toutut-Picard, adjointe au maire, en charge du développement durable signait une convention de mise en œuvre du programme « Territoires à énergie positive pour la croissance verte ». Une officialisation qui faisait suite à un appel à projet et venait récompenser les territoires particulièrement engagés dans la transition énergétique… A la clef la coquette somme de 500 000€ pour étoffer l’enveloppe de la délégation développement durable (6 millions d’euros).

« La Cop21 ce n’est que la partie immergée de l’iceberg »

Car engagée, la ville l’est, et pour preuve une implication qu’il serait difficile de ne pas constater à mi-chemin de cette « année du climat » : pas moins de 10 dates ont été organisées avant l’été pour sensibiliser à la nécessaire lutte contre le réchauffement climatique et presque autant d’ici décembre (voir encadré) : expositions, conférences, défis, et autres activités ludiques pour mobiliser toulousains et toulousaines de tous âges. « Nous ne faisons pas que démarrer, la cop 21* c’est un rendez-vous qui était prévu, mais nous étions sur le pont avant ça et nous y serons encore après décembre 2015 », explique Elisabeth Toutu-Picard, élue en charge du développement durable. Très optimiste sur le sujet, elle se dit « témoin d’une grande mobilisation à l’échelle nationale de toutes les collectivités : la cop 21 ce n’est finalement que la partie visible de l’iceberg » ; Car en coulisse depuis le début du mandat, la liste des projets est longue : « Le plan climat à Toulouse existe déjà depuis plusieurs années (depuis décembre 2010 ndlr) nous allons cette année le réactualiser afin d’y ajouter un volet adaptation ». En clair, puisque les scientifiques savent aujourd’hui que le réchauffement climatique est inévitable, se pencher dorénavant sur les différentes clefs pour pallier ces changements. A noter que l’enjeu pour la région est d’autant plus important que « Midi-Pyrénées est en tête des régions les plus impactées car enclavée par les Pyrénées. Nous étions déjà sur des objectifs européens ambitieux (20% de réduction des émissions de gaz à effet de serre et des énergies fossiles et 20% d’énergies renouvelables) et il va falloir faire plus. Ce sont des objectifs actuellement inatteignables pour une grande métropole en pleine mutation démographique comme la nôtre. Et quand on voit arriver des objectifs encore plus ambitieux, même si le délai proposé est un peu plus long, cela ne correspond pas à la réalité de nos capacités sur le terrain.» Une élue lucide, consciente des atouts et des faiblesses du territoire qui la concerne : « Toulouse n’excelle pas, mais elle n’est pas dernière non plus, c’est vrai qu’on est limités pour beaucoup de choses, le photovoltaïque et les Architectes de bâtiments de France ne font pas bon ménage en centre-ville, les éoliennes en zone urbaine c’est trop compliqué, etc… Aujourd’hui on n’est pas hyper performants, mais on doit pouvoir mieux faire.»

Pour ce qui est du volet d’adaptation du plan climat, une convention a été passée avec Météo France qui prépare pour fin 2015 une étude prospective ciblée sur la métropole, une autre avec Solagro donnera des clefs quant à une potentielle autosuffisance alimentaire. Enfin, « la qualité de l’air devient une compétence de la métropole à partir de janvier 2016, on est actuellement à la 14ème place des villes les plus polluées. On doit encore développer les transports en commun, et l’installation du vélo en ville ». Justement la très séduisante autoroute du vélo (Réseau express vélo) a fait un retour très remarqué en plein été. Le projet, initialement porté par l’association deux pieds deux roues, est aujourd’hui repris et défendu par Jean-Michel Lattes, premier adjoint. Un coup de pédalier alléchant qui pose encore quelques questions (voir encadré). En attendant direction Alternatiba, le village des initiatives qui s’installe à Toulouse les 12 et 13 septembre -en partie- soutenu par la municipalité : « né à Bayonne en 2013 le mouvement Alternatiba a pour ambition de sensibiliser le grand public à l’urgence du défi climatique en montrant que des solutions existent ». Une dizaine de villages temporaires ont déjà vu le jour un peu partout dans l’hexagone avec plus ou moins de soutien des institutions locales : « A Toulouse tout n’a pas été tout rose, on nous autorise l’accès aux allées Jules Guesde pour installer le village et on a accès à l’eau et l’électricité. Pour le reste on doit se débrouiller » explique Antoine Chardonny coordinateur. A la clef ––pourtant la promesse d’une éventuelle future subvention, le relais de l’info par la mairie et la visite du maire qui dira quelques mots à l’ouverture du village. Le green spirit pourquoi pas, mais à la sauce marketing s’il vous plait.

*cop 21 : conférence internationale sur le climat prévue du 30 novembre au 11 décembre à Paris.

 

3 questions à Philippe Goirand,Conseiller Municipal en charge de la politique Vélo de 2008 à 2014.

Que penser du projet de Réseau Express vélo (REV) ?

C’est un projet qui me parle puisque l’association Deux pieds deux roues l’a lancé il y a 3 ans. Pour le moment sur la base de ce qui a été annoncé par Jean-Michel Lattes, j’ai du mal à qualifier le projet.

Que faudrait-il en attendre ?

Le débat essentiel c’est le qualitatif, il faut viser une piste continue, sécurisée, efficace et confortable. En clair une voie plus large, avec un revêtement de qualité et un traitement des intersections qui donne la priorité aux cyclistes.

Quelles sont vos craintes?

Je n’entends parler pour le moment que de l’axe longeant la Garonne, or c’est une voie verte, va-t-on partager le REV avec les piétons ? Pourquoi ne pas commencer par un axe Est-ouest et lui ajouter des axes circulaires ? Côté financement on parle de 360 000€ par km de piste cyclable, avec le budget vélo actuel (6millions d’euros/an) je suis sceptique quant à la faisabilité.

 

 

 

ENCADRE

Cop 21 Toulouse les dates à retenir

-Alternatiba : 12-13 septembre

-Semaine européenne de la mobilité : 16-22 septembre

-Train du climat : le 13 octobre

-Assises 1,2,3 climat : mi-novembre

 

 

 

 

 

 

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