Menacées d’expulsion, les 500 personnes du squat de l’avenue de Muret veulent y passer l’hiver

Pas de trêve hivernale pour les occupations illégales. Pour les 500 personnes qui vivent depuis plusieurs mois dans le plus important squat de Toulouse, avenue de Muret, l’expulsion est imminente. Ils demandent à la préfecture de pouvoir y passer l’hiver.

squat avenue de muret Toulouse

Pour les 500 personnes, en grande majorité des demandeurs d’asile, qui ont trouvé refuge depuis le mois de mai dernier dans un ancien immeuble de bureau d’EDF, avenue de Muret, la situation est de plus en plus urgente. En effet, tandis qu’une procédure d’expulsion est en cours suite à la plainte du promoteur Kaufman & Broad, actuel propriétaire, le recensement effectué en octobre par l’association France Horizon a confirmé l’imminence de l’opération. « Quand il y a recensement, on sait qu’il y a expulsion derrière. Nous n’en pouvons plus de vivre dans cette angoisse quotidienne. Pour l’instant, la seule chose que nous demandons est d’avoir la garantie de pouvoir passer l’hiver ici », témoigne une habitante des lieux.

Des solutions institutionnelles jugées inefficaces

France Horizon, dont le travail permet aux autorités d’envisager des solutions au cas par cas selon les situations, était déjà intervenu dans l’ancien squat de la place Henry Russell, d’où proviennent la plupart des personnes présentes avenue de Muret. « Nous voyons bien que cette procédure n’aboutit pas à des relogements pérennes. Beaucoup de gens ne sont pas répertoriés ou ne rentrent dans aucun dispositif. Et ceux qui sont orientés en centres pour demandeurs d’asile n’ont droit qu’à un mois d’hébergement avant d’être remis à la rue », raconte Aboulaye, un des porte-parole du collectif Russell.

Les habitants s’organisent

La trêve hivernale ne s’appliquant pas aux squats, habitants et associations se démènent donc pour ouvrir le dialogue avec la préfecture afin de repousser l’échéance. Après un premier rendez-vous le 17 octobre et de nombreux courriers restés sans réponse, l’incertitude demeure. Un comble pour un membre du collectif États généraux des migrations : « Ce squat témoigne des carences institutionnelles et du non-respect de ses propres procédures. » De leur côté, les habitants du 44 avenue de Muret tentent d’organiser la vie sous forme d’autogestion.

Le collectif Russell se réunit toutes les semaines et participe aux conseils de quartier. « À long terme, on pourrait imaginer faire de ce lieu un centre social et que la préfecture exerce son droit de réquisition. Mais on en est loin. Ici, la première urgence est de se faire entendre pour que notre dignité humaine soit respectée », lance un de ses représentants.

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