[Rédac’ chef de la semaine] Marie-France Barthet

Marie-France Barthet(01-02-2016)┬®franckalix-2

Présidente de l’université fédérale depuis 2012, Marie-France Barthet ne se représentera pas à cette fonction pour se consacrer à son nouveau mandat d’élue. Depuis décembre dernier, elle siège au Conseil régional de Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, dans le groupe Nouveau Monde en commun. « Un nouveau défi, dans une certaine continuité, car j’ai beaucoup travaillé avec la région en tant que partenaire », signale-t-elle, enthousiaste.

La famille de Rémi Fraisse veut faire éclater la vérité

La mort d’un homme, c’est toujours terrible. Au-delà de la tristesse, la mort de Rémi Fraisse témoigne de l’échec de la démocratie sur le dossier du barrage de Sivens. Lorsqu’on en arrive à l’affrontement sur le terrain, c’est que les choses n’ont pas été gérées comme elles auraient dû l’être. Cela signifie que l’on n’a pas pris le temps d’écouter les différentes parties prenantes avant de prendre une décision. Je comprends la famille qui souhaite poursuivre l’action en justice, car il faut faire la clarté sur cette affaire. Rémi Fraisse n’était pas un activiste violent, mais un militant écologiste. J’espère que cela va servir de leçons pour les projets à venir, car on constate qu’il y a plusieurs dossiers de ce genre qui suscite une vive opposition. Si on ne change pas de méthode, on va droit dans l’impasse.

La nouvelle économie : un défi pour les entreprises

Le numérique a bouleversé toutes nos organisations. C’est une révolution de la connaissance et des rapports sociaux et il est normal que les moyens techniques modifient nos façons de travailler. Ce qui m’ennuie, c’est lorsque cela devient une source d’inégalités. Les chauffeurs d’Uber, par exemple, sont mal payés, n’ont aucune assurance… Cette activité est une régression totale du droit du travail et elle nuit aux chauffeurs de taxi. Le numérique ne devrait pas servir une libéralisation à outrance, mais au contraire favoriser l’émergence d’un nouveau modèle, basé sur l’économie sociale et solidaire. Il peut contribuer à la construction d’une société plus juste ou au contraire accroitre les inégalités. Je pense qu’il est du rôle de l’État de réguler ces nouvelles entreprises, sinon tout le monde va souffrir.

Le départ de Christiane Taubira

J’ai beaucoup aimé sa phrase : «  résister  résister c’est partir. » Par moment, il faut rester à sa place pour pouvoir défendre ses valeurs jusqu’au jour où cela devient en contradiction flagrante avec ce que l’on pense. Sa décision est cohérente, digne et courageuse. Il y a différents courants à gauche, du centre gauche à la gauche affirmée. En 2012, lors du premier gouvernement constitué par François Hollande, toute la palette était représentée. En deux ans, l’aile gauche est partie petit à petit : les écologistes, Arnaud Montebourg, Benoit Hamon, Christiane Taubira… Ils sont partis, car ils ne se retrouvaient pas dans la politique menée. Personnellement, j’ai trouvé que la déchéance de nationalité était un très mauvais débat, c’est du gadget. J’aurais préféré que l’on débatte de la laïcité, des droits de l’homme, de l’égalité hommes-femmes, qui sont de vrais sujets.

 

Manque de flexibilité, de visibilité de main-d’œuvre qualifiée : les freins à l’embauche des entreprises régionales

La Région peut développer une vraie politique pour mettre en adéquation les besoins des entreprises avec les demandeurs d’emploi. Mais ce n’est pas si simple, car les entreprises manquent de visibilité et ne peuvent pas toujours identifier leurs besoins à moyen terme. L’autre problème est la dévalorisation du travail manuel en France. Nous sommes victimes de nos préjugés. Je pense qu’il faut développer l’apprentissage à tous les niveaux, du CAP au Master 2 afin de combiner théorie et pratique et d’apprendre un ‘‘savoir-être’ dans le milieu du travail et pas seulement un ‘‘savoir-faire’’. Quant à la flexibilité, je comprends le discours des entrepreneurs, mais le besoin de sécurité est vital pour les salariés. On pourrait s’inspirer des pays nordiques qui ont mis en place une ‘‘flexi-sécurité’’ : des groupements d’employeurs embauchent des salariés en CDI. Il faut innover dans ce domaine.

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