vendredi 4 décembre 2020
Actualités RDV du Belvédère : Un velouté d’actu… Miam !

RDV du Belvédère : Un velouté d’actu… Miam !

Alchimie. Quand on mélange politique, économie et culture, le résultat peut être surprenant ! Cette semaine, la mayonnaise entre nos invités a bien pris à la Table du Belvédère. Didier Gardinal, président de la CCI Midi-Pyrénées, Jean-Pierre Albouy, président du Nouveau centre 31 et le jeune auteur Brice Christen, ont confronté leurs points de vue sur la réforme des allocations familiales, le nouveau site web « Macholand » et l’état du cinéma français… À table !

Par Thomas Simonian et Coralie Bombail

 

Une fois n’est pas coutume, nos convives ont eu le temps se faire connaissance avant notre arrivée. Les rayons de soleil qui illuminent la pièce donnent une atmosphère estivale à cette rencontre hebdomadaire. C’est donc dans une ambiance détendue que la discussion commence autour d’un sujet très sérieux : la réforme des allocations familiales. Didier Gardinal se livre tout de suite : « J’ai vécu dans les corons, comme dans Germinal, et pour moi les allocations familiales universelles seraient la dernière chose remise en cause. » Le président de la CCI Midi-Pyrénées regrette que l’on « tape toujours sur les mêmes personnes, la classe moyenne, à qui on fait supporter le prix de la solidarité. » Brice Christen le rejoint en estimant que « c’est une fausse bonne idée, qui n’est en aucun cas une politique de gauche ». Pour lui, « le gouvernement touche à un symbole. Quelle sera la prochaine étape ? », s’interroge-t-il. 

Jean-Pierre Albouy, le seul vrai politique à notre table, n’est pas non plus convaincu : « Je comprendrais qu’on prenne plus à certains pour soutenir davantage ceux qui sont en difficultés, mais ce n’est pas le cas. » La réforme prévoit en effet de réduire les allocations pour les foyers qui touchent plus de 6 000 euros par mois, mais ne redistribue pas pour autant aux autres. « Ce sont des économies pour des économies, et ce n’est pas aux allocataires de payer pour le déficit budgétaire dû aux mauvaises politiques », tacle le centriste. Le sujet fait l’unanimité, tout comme la soupe au potiron et sa glace aux marrons dont il ne reste pas une goutte dans les assiettes.

« Aujourd’hui, il faut réfléchir à ce qu’on dit »

En attendant le plat principal, nous lançons le deuxième thème du débat : la mise en ligne de la plateforme participative « Macholand ». De quoi laisser dubitative notre tablée, très masculine cette semaine ! « Le féminisme revient à la mode, je suis d’accord pour défendre le droit des femmes, mais certaines militantes se cantonnent aux actions très médiatiques », constate Brice Christen. Connu pour ces écrits sur les relations amoureuses, le jeune auteur pèse ses mots : « C’est une idée a priori sympathique, mais je crois pas que cela change grand-chose pour la condition féminine. » Didier Gardinal se pose d’autres questions : « Quelle est la finalité de ce site, qui est derrière, comment est-il financé ? » Dans sa position d’homme d’entreprise, il établit naturellement le parallèle avec la parité obligatoire dans les conseils d’administration : « Dans l’industrie, il y a 7 % de femmes… Comment faire ? Najat Vallaud-Belkacem nous dit de nous débrouiller », regrette-t-il. Se retrouver épinglé par un site internet féministe fait peur inconsciemment à chacun. « L’outil me dérange, Internet est dangereux, je trouve que ça s’apparente à de la délation », tranche Jean-Pierre Albouy. « Ça peut détruire des gens, des carrières », surenchérit Brice. Bref, la vigilance est de mise dans la gente masculine. « Aujourd’hui, il faut réfléchir à ce qu’on dit, à ce qu’on fait pour ne pas retrouver une phrase sortie de tout contexte affichée par ce type de site », conclut Didier Gardinal.

 

« La culture est sous perfusion financière en France »

Le dernier sujet va radoucir nos invités, tout comme les petits cannelés qui accompagnent le café… Nous terminons ce débat sur du cinéma. Et pas n’importe lequel, celui de François Truffaut, dont on célèbre le 30e anniversaire de la disparition. « La bible du cinéma », réagit immédiatement Jean-Pierre Albouy, qui se trouve être également féru de culture, « Truffaut, c’est un dénicheur de talents. Il y a toute une génération d’acteurs née de ses films », poursuit-il. Didier Gardinal, qui n’est pas un grand cinéphile, reconnaît tout de même que le réalisateur « a marqué le cinéma français », tout en relevant une certaine « nostalgie dans l’art ». « On célèbre ceux qui sont morts, cela veut-il dire qu’on manque de création aujourd’hui ? » Brice Christen vient étayer cette théorie. Contre toute attente, le benjamin de la table, connaît très bien la filmographie de Truffaut et de manière générale, l’histoire de notre septième art. Godard, Truffaut, il s’en « nourrit », comme il dit. « Ça fait partie de notre patrimoine, c’est presque de la culture G », avance-t-il. Lui qui regarde « un film par jour » ne retient pas grand-chose du cinéma français contemporain : « Je dirais qu’il y a un ou deux bon films par an, mais avec les vieux films, on est rarement déçu », avoue le jeune écrivain. La discussion dérive rapidement sur l’économie du cinéma, voire de la culture en général « qui est sous perfusion financière en France », signale Jean-Pierre Albouy. Selon lui, il est temps que « la culture obéisse à certaines règles économiques, c’est tout un système qu’il faut remettre à plat, y compris à Toulouse. C’est ce que l’équipe de Jean-Luc Moudenc a entamé ». Didier Gardinal abonde en ce sens : « On peut se dire qu’en cette période économique compliquée, ce n’est pas une priorité, mais en même temps, la culture fait partie de l’image de la France. C’est bon pour l’économie et c’est bon pour le tourisme », nuance-t-il. Le repas prend fin. Nous profitons quelques instants de plus de la vue du Belvédère, le temps d’échanger quelques cartes de visite et de discuter de tout et de rien.

 

 

Mini bios :

 

Didier Gardinal : Président de la Chambre de commerce et d’industrie de Midi-Pyrénées depuis 2008, ce chti d’origine est agent général d’assurance de métier. Il est d’ailleurs président du Syndicat national des agents d’assurances MMA, et administrateur de plusieurs compagnies d’assurance. Il a également exercé un mandat d’élu à Albi où il a été conseiller municipal délégué aux Finances (2001-2003).

Jean-Pierre Albouy : Il est président départemental du Nouveau Centre. Ce parti membre de l’UDI compte plus de 200 membres en Haute-Garonne. Ce féru de culture continue à enseigner la musique, et a été durant de longues années le patron de la célèbre salle de concerts le Havana Café.

Brice Christen : Étudiant en Master 2 de Science politique, il est l’auteur de deux ouvrages, « Qui veut l’amour prépare la guerre » et « L’Amour est aveugle » (sorti le 14 septembre dernier, en vente sur Amazon). Ce jeune toulousain de 25 ans est également chroniqueur pour la radio « Good morning Toulouse » et rédacteur pour le site culturel Aparté.

 

 

La rédactionhttps://www.lejournaltoulousain.fr
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