lundi 2 août 2021

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[RDV de la Pergola] Une belle brochette d’opinions !

Jean Thevenot (à gauche) et Romain Cujives (à droite) à la Pergola de Lardenne

Discernement. Nous avions face à nous le président du Conseil de l’ordre des médecins, Jean Thevenot et Romain Cujives, conseiller municipal d’opposition à la mairie de Toulouse. Au menu, Nicolas Sarkozy qui relance le débat du droit du sol, Ségolène Royal et son attaque envers le géant Monsanto et Sexus Nullus, un ouvrage fiction qui met sur le tapis la suppression des mentions de sexe sur les papiers d’identité. Ça promet !

 

L’arrivée des entrées sonne rapidement le glas des présentations, et à l’annonce du premier sujet, les sourires se font sentir… Nicolas Sarkozy a, à nouveau, fait des siennes en relançant le débat du droit du sol. Jean Thevenot qui ne semble pourtant pas avare d’avis à partager, laisse la primeur à son acolyte de droite : « Certes cela heurte mes idées d’homme de gauche mais me dérange surtout pour l’héritage politique français, car je vois là une rupture politique d’une infinie violence ». Il cite alors les mots mêmes de Nicolas Sarkozy il y a quelques années, qui disait encore à ce moment que « le problème avec le droit du sang c’est qu’il finit toujours par ne pas être assez pur ». Pas de doute pour le politique à notre table, la stratégie en place est de rejouer 2007, en attirant l’électorat FN. « Je ne supporte plus que les politiques ne s’attachent qu’aux circonstances de l’instant… » C’est alors une approche citoyenne voire humaine qu’entend apporter Jean Thevenot : « je fais naître des enfants et en tant que fournisseur de l’état civil, je m’étonne que l’on n’arrive pas à avoir de règles qui soient les mêmes partout…Il faudrait une réflexion internationale sur le droit du sol dans les autres pays au risque d’avoir des gens apatrides ! » Au-delà des considérations politiques, nos invités du jour se lancent dans un débat plus proche qu’il n’y parait du thème du droit du sol :

-Jean : Nous avons besoin d’une réflexion sur ce que signifie « être Français ».

-Romain : Cette remise en cause est comme si être Français, ça n’était pas adhérer à un ensemble de valeurs et à une histoire commune, mais au contraire comme si c’était dans nos gènes… Il n’existe pas de gène de Français mais plutôt une belle histoire de France ! Ce qui compte c’est l’adhésion natale.

-Jean : Comme en religion, il faudrait avoir une confirmation, que l’on pourrait rapprocher de l’ancien service militaire, additionné à un apprentissage, à l’école, au fait d’être Français.

-Romain : C’est la question du rite laïque…

-Jean : J’aime beaucoup ce terme ! C’est comme en médecine, on remet régulièrement les principes médicaux en cause lorsqu’il y a un disfonctionnement, il faut savoir le faire en politique sans tout remettre en cause d’un mandat à l’autre.

Nos invités sont à l’unisson tant sur la commande des assiettes de charcuterie que sur l’importance de se sentir Français. Pour eux, c’est clair, il faut retrouver une démarche citoyenne, ne pas « juste avoir 18 ans » mais prendre conscience de cet esprit civique qui redonnerait ses lettres de noblesse à la République. La valse des assiettes à la table de la Pergola laisse place au cabillaud et à son risotto accompagné d’un petit sujet écolo… Ségolène Royal annonce qu’elle veut interdire la vente du célèbre désherbant commercialisé par le géant Monsanto… Le plus scientifique de nos deux invités reste cartésien sur ce sujet et s’interroge sur ces effets d’annonce : « s’il existe partout ailleurs, quel est l’intérêt de l’interdire en France ? Attention à ces pseudos études qui annoncent la dangerosité de certains produits. A titre d’exemple, la crise de la pilule il y a deux ans a créé les conséquences que nous découvrons aujourd’hui : une augmentation non négligeable du nombre d’IVG… » Il annonce par ailleurs en riant que le Roundup n’a pas que des effets négatifs puisqu’il permet de détruire les cultures de trafiquants de drogue en Amérique du sud !  Quant à Romain, c’est la déferlante médiatique qui suit toujours la prononciation du nom Monsanto qui l’étonne : « ils aimeraient tout contrôler, ils sont devenus trop puissants, on ne me fera pas pleurer sur leur sort ». Noter qu’en début d’année, l’Europe ouvrait ses portes à 19 nouveaux OGM Monsanto, dès lors quel est l’intérêt de supprimer la vente d’un produit si la biochimie doit envahir nos assiettes ?

-Jean : C’est un débat très complexe, sait-on vraiment ce que l’on a dans nos assiettes ? D’un autre côté, mes missions humanitaires me font avoir la certitude qu’en Afrique on aurait été heureux d’avoir des cultures intensives… il faut trouver un  juste milieu.

-Romain : Il est tout aussi inacceptable de laisser mourir de faim que de donner des choses qu’on ne donnerait pas à ses propres enfants… Par ailleurs c’était très bon… même si on ne sait pas d’où venait le cabillaud !

Trêve de plaisanterie, nous lançons un pavé dans la mare avec un sujet de débat hors de l’actualité. L’écrivain Thierry Hoquet sort en juin l’ouvrage Sexus Nullus ou les tribulations d’un homme politique qui base son programme sur la volonté de supprimer les mentions de sexe sur les papiers d’identité… « C’est un paradoxe au moment où l’on ne parle que de la parité ! » s’exclame Jean et de poursuivre : « la première chose que me demandent mes patientes quand je les vois c’est le sexe du bébé, je leur réponds toujours qu’il n’y a pas que le sexe dans la vie ! » Au-delà de la plaisanterie, pour notre expert en la matière il existe des hommes et des femmes avec des différences et ce qu’il faut surtout, c’est l’accepter : « L’égalité est l’acceptation pas la négation ! »

-Romain : Ce roman pose une vraie question, celle de la parité ; Mais au-delà de l’idée de supprimer les mentions de sexe, il serait bon que les responsables politiques planchent sur le pourquoi du comment les femmes sont moins payées que les hommes, etc. Car même si on supprime la mention « F » sur des papiers d’identité je ne pense pas pour autant qu’un employeur sera plus enclin à accepter un congé maternité.

-Jean : La mise en place de textes sur la parité va avoir des conséquences sur les hommes aussi… Aujourd’hui en médecine, on diplôme plus de femmes, ce qui modifie considérablement le fonctionnement de la médecine car les gestions de carrières sont différentes. Avoir une parité dans la formation permettrait d’équilibrer les besoins de la santé publique.

-Romain : Idéalement, j’aimerais ne pas avoir de loi pour la parité mais voir les mentalités évoluer assez pour que tout soit spontané.

Le débat a été riche et aussi agréable que le contenu de l’assiette. Un café plus tard, nos deux invités repartaient sur les chapeaux de roues pour des combats pour le moins dissonants : vers la salle d’accouchement pour l’un et dans l’arène politique du Capitole pour l’autre…

 

 

Mini bios

Jean Thevenot : Président du Conseil de l’ordre des médecins de Haute-Garonne, Jean Thevenot est gynécologue obstétricien à la clinique Ambroise Paré et président du réseau périnatal Matermip. Médecin engagé, il est parti plusieurs fois en mission humanitaire en Afrique.

Romain Cujives : Conseiller municipal d’opposition à Toulouse (groupe socialiste), Romain Cujives était adjoint dans la majorité de Pierre Cohen, en charge de la vie étudiante et des relations internationales. En parallèle, il enseigne en école supérieure, la prise de parole en public et l’économie internationale.

 

 

Travail : Comment mettre le sexisme au placard ?

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