[#LeBQE] Pourquoi y a-t-il autant de vent à Toulouse ?

ZEF. Il se dit que le vent souffle particulièrement fort à Toulouse. Entre les vents d’Ouest et le vent d’Autan, la capitale occitane est bien ventée mais, quoi qu’on en pense, pas plus que sa voisine montpelliéraine. 

vent à toulouse
Sié / JT

Après quatre jours consécutifs de vent d’Autan à Toulouse, on peut bien se le demander : pourquoi tout cet air en mouvement ? Comment le vent a-t-il pu renverser les quatre wagons du train n° 52 entre Revel et Toulouse et coûter la vie à une passagère au petit matin du 4 mai 1918 ? Pourquoi ce vent, si pratique pour décoller à faible vitesse d’un aérodrome, a-t-il laissé des souvenirs de « secouées mémorables, avec des rebondissements, des descentes désordonnées ou des départs en vrille », aux aviateurs de l’Aéropostale, comme le pilote André Dubourdieu le raconte dans ses mémoires ? La question chiffonne également dans les campagnes du pays toulousain, où les agriculteurs observent l’agitation de leurs vaches quand souffle le vent d’Autan. À la frontière du Tarn, Marie Poncin, la soixantaine, aimerait bien savoir d’où vient la cause des céphalées dont elle souffre à chaque fois que le vent se lève.

Ancien cadre dans l’aérospatial, son mari Sébastien a bien son idée sur la question. « Cela dépend du relief. Les Corbières et la montagne noire créent un goulot d’étranglement qui provoque un « effet venturi » et une accélération des vents du Sud-Est. Il se passe le même phénomène pour le Mistral entre le Massif central et les Alpes », expose ce pilote de planeur chevronné.

À Météo France, on valide l’hypothèse de l’aviateur. Moins dominant que les vents froids et secs venus de l’ouest, le vent d’Autan est un vent régional de printemps et d’automne, dont l’étymologie renvoie à l’aster et l’altanus, ces vents du Sud ou de la mer des Latins. Plus globalement, le vent d’Autan a une double origine. « Il y a le blanc et le noir », détaille Hélène Laviron, prévisionniste à Météo France. « Le premier est un vent chaud du Sud-Ouest qui se heurte aux Pyrénées espagnoles, longe la chaîne par l’Est, se charge en humidité sur la Méditerranée, s’en décharge sur les reliefs jusqu’à la Montagne noire et arrive sec et porteur de beau temps dans le Lauragais et à Toulouse. Le second provient des vents continentaux du Nord-Est. Il est plus humide et annonce l’arrivée de perturbations. » 

Enregistré en 1999, à 126 km/h à Toulouse, le vent d’Autan toulousain est en général moins brusque que « le Marin » son alter ego montpelliérain. Hélène Laviron l’a vérifié dans ses statistiques, Toulouse est moins ventée que Montpellier. N’en déplaise aux Toulousains.



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