mardi 1 décembre 2020
Actualités Les cinémas se disputent l’affiche

[Métropole] Les cinémas se disputent l’affiche

 

Pop corn. Toulouse et le cinéma, c’est un peu « Je t’aime moi non plus. » Après des cascades à répétition côté Roques-sur-Garonne, c’est finalement Fenouillet qui mène l’intrigue.

Avec vingt-six cinémas sur l’agglomération et 30 000 néo- toulousains chaque année, le calcul est vite fait. Toulouse est un créneau porteur. Et ça, les opérateurs l’ont bien compris. En décembre dernier, c’est le complexe de Muret et ses six salles qui débarquaient dans l’agglo. Un carton plein, d’entrée. Preuve que la demande est réelle, avec : « plus de 300 000 spectateurs depuis l’ouverture», avance Leonard Labouz, directeur du site. D’ailleurs le site est en train d’aménager deux nouvelles salles qui ouvriront en janvier. Pourtant le pari n’était pas gagné d’avance. Car initialement, c’est Roques-Sur-Garonne qui a fait se déchaîner les passions. Mais plusieurs opérateurs s’y sont cassé les dents. Pourtant Mega CGR n’a pas dit son dernier mot. Robert Labories, responsable développement, avoue continuer à défendre un projet pour cette même zonesans vouloir en dévoiler plus. Un scenario serait aussi en gestation en périphérie toulousaine à une trentaine de kilomètres à l’est de Toulouse, sur un territoire encore vierge de grand écran…

« Je suis mort-vivant : seul je ne peux pas lutter ! »

Mais ce qui agite les coulisses ces derniers temps, c’est la zone de Fenouillet. Et cette fois-ci, c’est Kinépolis, un opérateur belge, qui porte un projet de huit salles. Le dossier a été retoqué par la CDAC (Commission Départementale d’Aménagement Commercial) « pour des raisons politiques », explique Jean-Yvon Bonello, exploitant du cinéma le Castelia à Castelginest. L’homme est chevronné. En place depuis vingt ans, il connaît bien les rouages du système. Suite à un recours, le dossier de Kinépolis passe en commission nationale (CNAC) le 19 septembre. Un suspens insoutenable pour les acteurs locaux : « Si l’avis est favorable il y aura des recours, dont le Mega CGR de Blagnac car selon l’étude de marché, cela génèrerait une baisse de 15% de leur fréquentation, et de -35% pour nous ! » termine-t-il. En parallèle, l’Utopia prend du galon. Après Toulouse et Tournefeuille, la petite devenue grande, brigue Borderouge pour y installer trois salles. « Utopia investit à hauteur de 30% en collaboration avec un cinéma saint-gaudinois » indique Anne-Marie Faucon, directrice de l’Utopia. Ouverture attendue fin 2015-début 2016 pour le « Borderouge Ciné » qui attend 160 000 entrées. Mais le scénario ne s’arrête pas là, car dans la foulée trois autres salles Utopia devraient ouvrir au château de Pinsaguel… ; un projet « en gestation » qui semble pourtant bien parti.

Côté Gaumont Wilson, une extension est à l’ordre du jour de la CDAC du 24 septembre, pour une extension de 300 places. Seul l’UGC qui vient de racheter les murs de ses cinémas, semble rester silencieux sur le ring toulousain. Dans les salles obscures, on murmure que « des deals existent entre opérateurs, qui se partagent les régions françaises… » Une chose est sûre, les petites salles de la périphérie n’ont qu’à bien se tenir : « Si elles ne sont pas soutenues à 300% par les mairies, elles sont vouées à disparaître. Quel que soit celui qui aura Fenouillet, tout sera à revoir d’ici dix jours», lance Jean-Yvon Bonello, amer, précisant que si la mairie de Castelginest avait monté les cinq salles qu’il demande depuis dix ans, « les gros auraient réfléchi à deux fois avant de mettre 8 millions d’euros à deux kilomètres de nous. » The end ?

 

Infos + : Chiffres de fréquentation :

Utopia : 42 000 visiteurs /mois sur les sites de Toulouse et Tournefeuille

Mega CGR Blagnac : 75 000 visiteurs /mois

Cinéma Muret : 35 000 visiteurs /mois

 

 

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