Les feux d’artifice peuvent-ils être plus verts ?

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©Franck Alix / JT

BOUQUET. Moments de fête – bien souvent en famille – les feux d’artifice sont aussi la cause de pollutions atmosphériques et sonores. Anticipant les critiques, les fabricants – comme Ruggieri à Toulouse – proposent des alternatives.

Des bleus, des rouges, des jaunes. Des sifflantes et des assourdissantes. Le 14 juillet, les Toulousains pourront encore profiter du traditionnel feu d’artifice sur la Garonne. Ce qu’ils imaginent moins, c’est que, selon des études suisses, canadiennes et étatsuniennes, les concentrations en particules fines dépassent les valeurs autorisées après ces grands spectacles pyrotechniques. L’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) estime ainsi que la concentration moyenne en particules fines augmente de 42 % durant les 24 heures suivant les feux d’artifice du 4 juillet, la fête nationale étatsunienne.

 

“Ramené sur une année, un feu d’artifice reste beaucoup moins polluant qu’un boulevard fréquenté”

 

Composée de souffre, de charbon et de nitrate, la poudre noire utilisée comme explosif contient une douzaine d’autres éléments chimiques pour varier les couleurs. Un kilo de poudre noire utilisé pour un feu d’artifice projetterait dans l’atmosphère 480 grammes de CO2.

« Les résidus projetés dans le ciel sont tellement faibles que cela n’a pas d’impact. Ramené sur une année, un feu d’artifice reste beaucoup moins polluant qu’un boulevard fréquenté », relativise Jean-Michel Dambielle, directeur général de Ruggieri, entreprise toulousaine dominant le marché européen du feu d’artifice, qui tire le 14 juillet de Toulouse, Carcassonne et Montpellier. « Nous tirons 100 jours par an sur notre champ de tir et nous n’avons pas relevé de pollution dans la nappe phréatique que nous contrôlons régulièrement. »

À défaut de se boucher le nez, les spectateurs sensibles pourraient bientôt arrêter de se boucher les oreilles, car il existe des feux d’artifice presque silencieux. « Nous tirons des produits peu bruyants au parc Disneyland Paris pour ne pas gêner les villages alentour », explique ainsi Jean-Michel Dambielle. Reste à convaincre les mairies d’acheter ce genre de produits. Pas évident car, selon Ruggieri, la tradition veut qu’un 14 juillet soit pétaradant.

Ces produits permettraient pourtant d’épargner la faune. Il y a deux ans, de nombreux volatiles avaient été retrouvés morts autour de la Garonne après le feu d’artifice du 14 juillet. « Ils se cognent entre eux sous l’effet de la panique », déplore Jean-Michel Dambielle, dont la société a pris contact avec des associations aviaires pour trouver des solutions. « Nous essayons de faire du bruit avant la nuit tombée pour les disperser, mais, dans le contexte actuel, faire exploser des pétards avant le feu d’artifice pourrait créer une panique. Le concert de début de soirée nous aide bien. »

Autre pollution, plus matérielle : celle des retombées de bout de cartons et de plastiques après l’explosion des fusées. Pour compléter le nettoyage à la main après le spectacle, Ruggieri a développé des produits plus couteux, mais moins polluants. Les rondelles de carton dans les fusées sont ainsi remplacées par des morceaux de soie qui s’enflamment lors de la déflagration. Et les capuchons en plastique restent fixés aux tubes de lancement au lieu de s’éparpiller dans la nature lors de la mise à feu.



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