[Les coulisses de l’info] Clap de fin pour Métronews et TLT

DSC_0408

Fermeture. Deux médias toulousains vont encore disparaître. La liste va-t-elle encore s’allonger ? On peut le penser. Les modèles économiques sont en question.

 

Nous savions que le couperet pouvait tomber à tout moment … La direction de « Metronews » a annoncé l’arrêt de la version papier du célèbre gratuit après une perte de plus de 12 millions d’euros sur la seule année 2014. C’est ainsi que va donc disparaître un support de plus sur la place toulousaine, l’hécatombe continue. Nous n’irons plus dans le métro avec notre gratuit préféré sous le bras … Car il faut tout de même se souvenir que ce journal a été le premier gratuit du genre à Toulouse à s’installer à l’entrée des bouches de métro de la ville rose, bien avant l’arrivée de « 20 minutes » et de « Direct Matin. » Il a bénéficié d’une distribution massive qui a fait son succès (45 000 exemplaires, 130 000 lecteurs) et qui l’a rendu indispensable auprès des Toulousains. « Metronews », anciennement « Métro », ce sont également des plumes qui ont compté dans le paysage médiatique local. On pense là à Emmanuel Bousquet (devenu rédacteur en chef adjoint à Paris), à Frédéric Khalkhal et bien entendu à Philippe Font. Ce nouvel épisode pose bien évidemment la question du modèle économique de la presse d’aujourd’hui … Faut-il passer au tout numérique ? En gratuit ou en payant ? Pas grand monde aujourd’hui n’a la bonne réponse. Mais la chute de « Metronews » marque tout de même un tournant, car il s’agit là d’un gratuit. Un modèle que l’on pouvait imaginer plus pérenne que les autres, plus solide par exemple que la PQR (presse quotidienne régionale, ndlr) en pleine déliquescence sur l’ensemble du territoire. Les budgets communication, autant dans le privé que dans le public, subissent les effets de la crise et mettent donc à mal désormais l’ensemble de la presse. Plus personne n’est donc épargné, et la presse gratuite (malgré sa force de diffusion) se retrouve désormais dans une situation précaire. Sur le moyen terme il va donc falloir surveiller de très près la suite des aventures des autres gratuits toulousains, les quotidiens « 20 minutes » et « Direct matin », ainsi que les hebdomadaires « Ugh ! » (du groupe La Dépêche) et « Côté Toulouse » (du groupe Ouest-France.) Vont-ils pouvoir tous résister à la pénurie de publicité ? « Le modèle ne me paraît pas viable d’autant plus à Toulouse où le marché publicitaire est très frileux. Il est très compliqué d’élargir son portefeuille dans cette ville … » nous confie un cadre parisien du journal, par ailleurs filiale de TF1. « Je suis très inquiet pour la presse en général dans ce pays car notre économie ne sait plus se dynamiser. Même les grosses entreprises doutent de plus en plus pour investir dans la publicité. Je pense que les pouvoirs publics devraient s’inquiéter du devenir de la presse », ajoute-t-il. L’ambiance est d’autant plus morose à Toulouse que TLT, notre télé locale historique, devrait elle-aussi fermer ses portes le 3 juillet prochain. Les salariés ont même manifesté vendredi dernier devant les portes du Capitole sous la banderole «Baudis m’a créée, Moudenc m’a tuée. » Les temps sont durs pour les médias toulousains. Résistance !

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.