samedi 5 décembre 2020
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[Coulisses] Adoption par des couples homosexuels : ce que l’on ne vous a pas dit

Otage. Dans notre édition #606 nous évoquions la décision de la Cour de cassation de valider les adoptions d’enfants nés de PMA à l’étranger pour les couples homosexuels. En amont, une de nos enquêtes sur ce sujet était avortée. Explications.

 

Aujourd’hui l’adoption par une femme, de l’enfant de son épouse semble avoir de beaux jours devant elle. Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas. La décision de la Cour de cassation comble depuis le 23 septembre le vide juridique existant dans la loi Taubira quant à l’adoption et qui laissait libre court à l’arbitraire des magistrats. Antérieurement à cette décision de justice, quiconque s’aventurait à évoquer le problème de l’adoption, se heurtait inexorablement au même obstacle : la frilosité des témoins, captifs de leur propre peur de voir leur dossier refusé. A Toulouse particulièrement. Dans le cadre de notre enquête nous contactons plusieurs couples de Toulousaines dont nous savons qu’elles ont soumis des demandes d’adoption suite à une PMA à l’étranger. L’un d’eux accepte de témoigner. Conditions : anonymat total. D’après nos informations Toulouse est dans le top trois des villes où les demandes d’adoptions par des couples homosexuels sont le plus problématiques. L’interview se fait donc par téléphone, avec de faux noms, toutes les précautions étant prises pour que les témoins ne soient pas reconnues. Et pour cause, elles sont littéralement mortes de trouille… Louise (le prénom a été modifié), nous rapporte l’épopée dans laquelle elle et sa compagne ont été embarquées. La PMA n’étant accessible en France qu’aux couples hétérosexuels stériles, il faut aller à l’étranger entamer ses démarches. Puis c’est le marathon de l’adoption qui commence : « A Toulouse, Jean-Michel Peltier, procureur adjoint au TGI est connu comme le loup blanc, il rejette en bloc les demandes d’adoption ».

 « Toulouse faisait partie des villes où les demandes d’adoption par des couples de femmes étaient volontairement bloquées. »

Une dizaine de couples de femmes ont ainsi reçu en juin dernier un courrier signé de ce dernier et décrit par les femmes en question comme « très violent ». Les documents dont on nous fait la lecture sont un véritable pamphlet contre l’adoption plénière pour les couples homosexuels. Jean-Michel Peltier y exprimant très franchement son opinion, kyrielle d’arguments à l’appui. Ce qui participe évidemment au climat de terreur qui règne dans les chaumières de celles qui ont entamé leurs démarches. Quelques jours plus tard, nos témoins se rétractent. Leur audience a eu lieu et elles ont pourtant obtenu l’accord pour l’adoption plénière, mais dans l’attente du document officiel faisant état du statut de mère adoptive en qualité d’épouse de Louise, elles sont littéralement pétrifiées à l’idée que leur témoignage les desserve. Le régime de la terreur est en marche et fonctionne. Depuis septembre, de l’eau a coulé sous les ponts, la décision de la Cour de cassation annihilant toute tentative d’un magistrat d’influencer une décision de manière arbitraire. Aujourd’hui les demandes d’adoptions par des couples de femmes semblent facilitées. Pourtant le tabou n’est toujours pas levé. Quid de l’adoption chez les couples d’hommes ? Car la GPA commence à faire parler d’elle.

 

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