Le rédac chef de la semaine est Ulrich Lebeuf

Ulrich Lebeuf(06-06-2016)┬®franckalix-1

 

 

 

 

 

 

Photographe de presse depuis 18 ans, Ulrich Lebeuf a fait ses armes dans le reportage pour « rencontrer l’autre et m’inviter là où je n’y étais pas ». Profondément passionné, il est aujourd’hui connu et reconnu notamment pour ses reportages dans National géographique ou Géo et pour son regard sur l’actualité dans Libération ou le Monde. Depuis trois ans, il est également directeur artistique du festival Map (du 1er au 30 juin 2016 NDLR), à la demande de Pierre Garrigues, créateur de l’évènement.

 

Par Aurélie Renne

 

Rugby : la reconversion des joueurs

Il se trouve que l’un de mes meilleurs amis est Clément Poitrenaud et c’est le seul exemple concret que j’ai autour de moi ! L’idée de reconversion est donc une discussion que nous avons très régulièrement. Je sais que c’est un virage qu’il anticipe et qu’il prépare depuis très longtemps et je pense que si de l’extérieur cela parait simple je ne suis pas sûr que les sportifs soient si bien accompagnés dans leur transition. Clément s’engage dans l’aventure Xbody, une entreprise de salle de sport, mais ça, c’est pour l’aspect investissement. Car clairement s’il compte utiliser son image de sportif de haut niveau pour le business il ne deviendra pas prof de sport. La question se pose pour lui de devenir photographe professionnel, c’est une grande passion dans laquelle il aimerait se reconvertir. Je crois qu’il est important que les anciens joueurs de haut niveau s’occupent quand ils arrêtent, car dans le rugby on fonctionne à l’adrénaline, il faut qu’ils continuent à trouver leur dose ! Rentrer dans un stade de 50 000 places ou aller au bureau s’assoir derrière un ordi ce n’est pas tout à fait pareil !

 

Sanofi : le Conseil d’État invalide le plan social

C’est une actu que j’ai suivie dans le cadre de reportages pour la presse quotidienne et lors des manifestations un slogan m’a notamment marqué : « Sanofric » ! Je trouve qu’il correspond tout à fait à cette histoire. J’ai beaucoup travaillé sur la question de précarité en milieu rural dans le nord : quand les usines ferment, c’est tout un pan de la société qui s’éteint. Le cas toulousain est bien sûr très différent, on est en ville, etc., mais il y a des similitudes. Les employés sont un peu des yoyos et cette victoire est finalement totalement symbolique ! À quoi est-ce que cela va servir que le Conseil d’État invalide le plan social de Sanofi deux ans plus tard ? Peuvent-ils demander plus d’indemnités ? Être recasés ? Je doute qu’il y ait des possibilités concrètes pour les salariés et encore plus que cela serve d’exemple à l’avenir, car la puissance des grands groupes est sans limites ! Je ne crois plus en la puissance de l’Etat face aux grosses entreprises.

 

Lancement de la coopérative citoyenne « le Bien commun »

J’en avais entendu parler pendant les régionales et j’avoue que je suis partagé. L’idée du citoyen au centre, qui est obligé de se prendre en main, est bonne. Je pense que monter un mouvement écocitoyen en opposition aux partis actuels est une excellente idée, mais pourquoi en faire un parti politique ? Je crois aux collectifs citoyens, mais il faut travailler sur le terrain avant d’en faire un parti politique sinon on en revient aux codes dont on voulait s’éloigner. Il y a d’ailleurs un abandon total des partis politiques, je le vois à travers mon métier de reporter et je pense que les politiques ne se rendent pas compte à quel point. Le problème de notre société c’est que l’homme est égoïste, il y en a toujours un qui voudra être le chef et écraser les autres, il n’y a qu’à voir ce qui se passe chez les verts ! Je suis pour les collectifs citoyens mais même si les combats se mènent de l’intérieur il faut d’abord montrer qu’on veut et vaut quelque chose avant de se présenter à des élections, cela va trop vite et c’est une connerie.

 

Humans of Toulouse

L’art thérapie est un truc fascinant, les résultats sont assez étonnants. L’idée est très positive. L’histoire globalement de ce Thomas à l’initiative de Humans of Toulouse est très sympa, mais c’est aussi un phénomène de mode lié aux réseaux sociaux. Ça a commencé par New-York, puis Amsterdam, etc. J’aime surtout le concept pour ses conséquences, car ce genre de projet redonne de la visibilité à la photo de rue. Aujourd’hui il est très compliqué en France de faire une photo à l’extérieur, on a l’impression que c’est un délit. Tout se mélange il y a beaucoup de désinformation sur le sujet du droit à l’image et il n’est pas rare que des gens cachent leur visage dans des manifestations, c’est n’importe quoi ! Pourtant ce genre de projet met un visage sur une ville. Il serait intéressant de regarder toutes les séries en parallèle, je suis sûr qu’au final tout le monde se ressemble… Je défie quiconque de dire untel est de New-York, d’Amsterdam ou de Toulouse !

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