[LE CLASH] Pour ou contre le blocage de l’université Jean-Jaurès ?

CLASH JT617

POUR

Simon Berger, étudiant en licence économique et sociale à l’université Jean Jaurès et militant du Parti de Gauche

 

Pour moi, la question des revendications étudiantes ne se limite pas à la question d’être pour ou contre le blocus. Il y a un mouvement social qui a des revendications portées par la majorité des étudiants. Il est vrai que les moyens d’actions ont créé certains clivages, notamment entre « pro » et « anti » blocus. Cette question est là pour diviser dans un contexte où les étudiants sont pris à la gorge par une nécessité de réussir dans un monde de plus en plus insécurisant professionnellement et individualiste. Je prends dans cette tribune parti pour le blocage car bien qu’il puisse être impopulaire chez certains étudiants, il me semble que c’est la seule méthode pour attirer les regards de la société. Il permet d’instaurer un dialogue entre les étudiants, de parler de choses concrètes telles que l’austérité ou la répression des mouvements sociaux qui concerne la société dans son ensemble. Ce débat n’aurait jamais été abordé sans ce mouvement qui  instaure les  prémices d’une opposition, d’un rapport de force face à la politique gouvernementale. Stopper le mouvement tel qu’il est en train de se construire serait un échec.  Nous nous opposons à cette politique d’extension du domaine marchand à l’ensemble des activités au sein de la société : l’éducation est un droit tout comme la santé. Nous ne pouvons pas remettre en question toutes les avancées sociales acquises par les générations antérieures, tous les citoyens ont droit à un avenir. Refusons les politiques d’austérité et appelons à un mouvement d’ensemble de tous les secteurs de notre société et à une convergence des luttes.

 

CONTRE 

Matthias Jackotin, étudiant à l’Université Jean Jaurès, Opposant au blocage

 

Selon les grévistes, le blocage serait l’unique façon d’informer le reste des étudiants d’une situation. La théorie est la suivante : en bloquant l’accès aux cours, les étudiants se demandant ce qu’il se passe, iraient directement chercher des informations auprès des grévistes. Informés du mouvement, ils y prendraient alors part. Une théorie louable mais démentie par la réalité. Car dans la réalité, lorsque l’étudiant remarque qu’on lui bloque l’accès à ses cours, il y voit là une atteinte à ses libertés individuelles. À chaque fois que le blocage est mis en place, la plupart des étudiants viennent exprimer leur mécontentement envers les grévistes et les revendications initiales sont mises de côté. Le rassemblement échoue parce que la méthode est bien trop radicale et non fédératrice. Après tant d’années d’échecs, comment les grévistes peuvent encore considérer le blocage comme une solution viable ? La page Facebook a été créée dans le but d’opposer à la force utilisée par les grévistes, un raisonnement sur la question du blocage tout en réfléchissant à des alternatives pouvant satisfaire le plus grand nombre. Notre approche est pragmatique : nous ne forçons pas les étudiants à s’impliquer s’ils ne le souhaitent pas.

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