dimanche 17 janvier 2021
Actualités Jean Viratel est le rédac'chef de la semaine

Jean Viratel est le rédac’chef de la semaine

Depuis 1977, l’association Emmaüs Toulouse vient en aide aux plus démunis. Mais, si ses objectifs premiers n’ont pas déviés depuis sa création, elle tient à rester en lien avec son époque et se modernise. Son président, Jean Viratel, annonce ainsi la création d’un site de vente d’objets en ligne. L’occasion pour le Journal Toulousain de lui proposer de commenter l’actualité locale… 2.0.

 

1/ Projet de loi sur la fin de vie

La volonté d’adoucir la souffrance ne me choque pas, je suis favorable à tout accompagnement pour les personnes qui en ont besoin, en revanche, il faut prendre garde aux dérives. La majorité des gens qui y réfléchissent pensent à leur propre réaction lorsqu’une décision leur sera demandée ou lorsque quelqu’un devra choisir à leur place. Moi, ma principale préoccupation avec ce projet de loi est la manière dont vont être pris en charge ceux qui vivent dans la rue. Je souhaite qu’ils puissent être soignés et ce jusqu’au bout, si je peux m’exprimer ainsi. Il ne faudrait pas que ce projet laisse la porte ouverte vers ce que j’appellerais « l’euthanasie économique ». Je suis inquiet de ce qui pourrait advenir de patients qui coûtent chers en matière de soins et qui n’ont aucun lien social. Je crains que l’on en profite pour les faire disparaître, s’en débarrasser. J’espère que ma peur restera infondée.

 

2/ La parité aux postes à responsabilités

Au simple regard des chiffres, il est clair que ce n’est pas le cas. Mais au fond, pourquoi privilégier un homme ou une femme à un poste plutôt que les compétences ? De mon point de vue, peu importe le sexe, seules comptent les capacités à exercer une mission. A Emmaüs, nous avons des femmes présidentes mais pas parce qu’elles sont femmes, parce qu’elles en ont les facultés, d’ailleurs certaines se débrouillent bien mieux que les hommes. Il est important que toutes les compétences puissent s’exprimer, sans distinction aucune. En revanche, il me semble qu’imposer une parité 50/50 n’est pas forcément une bonne idée car selon les besoins, la répartition peut être différente. Dans le milieu du bénévolat par exemple, et ne me demandez pourquoi, les femmes sont beaucoup plus représentées que les hommes…

 

3/ L’accès aux soins de pointe

Les différences qui existent en la matière me désolent, car je prône l’accès aux soins pour tous. Ce n’est pas une question d’éloignement, car dans notre région on recense de nombreux établissements de pointe, et parce que, lorsque l’on est malade, peu importe la distance, on fait le déplacement pour se faire soigner, certains partent même aux USA pour se faire opérer du cerveau… De plus en plus, il est nécessaire d’avoir de l’argent pour accéder à certains traitements ou interventions et je trouve cela dommage. Je ne voudrais pas que nous nous dirigions vers un système à l’américaine, mais il s’agirait là d’une volonté citoyenne et politique. Je suis pour préserver notre système de santé, tellement envié par d’autres, en le développant, notamment concernant les prises en charges psychiques. La CMU, basée sur la solidarité, permet à tous de se soigner et c’est une bonne chose.

 

4/ Station-service à Cugnaux

Je réagis d’autant plus que nous avons nous-mêmes, sur le site Emmaüs de Saint-Jory, effectué des travaux pour le traitement de nos eaux usées. Certes, cela coûte cher mais il est nécessaire de le faire, c’est une question de respect de l’environnement. Si nous, association pouvons le faire, pourquoi pas Toulouse Métropole pour ce cas précis ? Les pouvoirs publics se doivent de donner l’exemple, il existe des lois, il faut que tout le monde les respecte. Cette station-service est leur propriété, ils doivent faire les travaux nécessaires à la dépollution des sols. L’écologie est une préoccupation de premier ordre dont l’association est consciente, d’ailleurs par son principe même, Emmaüs est écologiste puisque nous récupérons des objets qui seraient détruits sans notre intervention, nous leur donnons une seconde vie, nous les recyclons…

 

 

Photos envoyées par Franck à Aurélie

Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.

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