[Innovation] SPIRou, un instrument pour observer des exoplanètes

ÉTOILES. Que nous dirait une machine si elle était douée de parole ? Le JT est allé discuter avec Spirou, un instrument d’observation astronomique qui va bientôt sortir de l’un des laboratoires de l’Irap à Toulouse. 

Spirou
©SebastienCHASTANET

Salut ! Je suis SPIRou. Comme le célèbre groom en costume rouge de la bande dessinée, je suis un grand voyageur. Je m’apprête à trimbaler mes six tonnes d’instruments jusqu’au sommet du mont Mauna Kea, à Hawaï. Rendez-vous compte ! 4 207 m d’altitude et de la neige en plein océan Pacifique. Là, bien à l’abri dans l’observatoire Canada-France-Hawaï, je pourrai faire ce que l’on attend de moi : scruter les naines rouges de votre galaxie. Bien plus petites que votre Soleil, ces étoiles sont aussi plus froides et ne dépassent pas les 3726 °C. Pour mieux les étudier, il faut les observer dans l’infrarouge. Pour ça, je suis l’un des meilleurs spécialistes de la planète Terre. Le meilleur sur les rives de la Garonne en tous cas. Pourquoi ? Parce que je suis un SPectropolarimètre InfraROUge ! Le problème, c’est que le rayonnement thermique ambiant éclipse la lumière stellaire de ces étoiles. Pour l’éviter, je dois me prélasser dans un environnement plongé à – 193°C. Un vrai défi technologique.

Si je fais mon voyeur, c’est pour la bonne cause : découvrir des exoplanètes. Mon responsable scientifique, Jean-François Donati, de l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie de Toulouse, estime qu’on pourrait en trouver une centaine, dont 20 habitables. Il faut dire que j’ai dans ma boîte à outils un vélocimètre capable de détecter des mouvements de la taille d’une molécule. Les planètes tournant autour des étoiles éclipsent l’espace d’un instant son rayonnement, et moi, je peux repérer ces clins d’œil célestes. Seule condition à cet exploit : une stabilité thermique sans faille. « Tu ne dois pas bouger d’un millième de degré Celsius », répète tout le temps Driss Kouach, l’ingénieur de l’Observatoire de Midi-Pyrénées qui s’occupe de moi, avec son équipe.

Enfin, je vais aussi essayer de percer le mystère de la naissance des étoiles en observant pour la première fois les champs magnétiques de protoétoiles âgées d’à peine quelques centaines de milliers d’années. La routine quoi.



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