[Innovation] Le blob, cette merveille de la nature

UNIQUE. Des neurones ? Pour quoi faire ? Le blob s’en passe très bien pour se déplacer, se nourrir et apprendre. Le JT est allé à la rencontre de cet être unicellulaire extraordinaire.

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Steve McQueen affolé déboule dans un commissariat américain. Nous sommes en 1958. Une monstrueuse masse de chair vient de dévorer le docteur Allen. « Beware of the blob », clame le nanar qui en fait un extra-terrestre dans le film “Danger planétaire”.

Vieux d’au moins 500 millions d’années, le blob est pourtant bien terrien.

Rose, rouge, blanc ou jaune, on le trouve dans les sous-bois. Ni plante, ni animal, ni champignon, le blob est une cellule géante pouvant recouvrir jusqu’à 10 m2. Dépourvue de neurones, elle se déplace à la vitesse d’un centimètre par heure et sait distinguer différentes sources de nourriture. « C’est hallucinant », s’exclame Audrey Dussutour, chargée de recherche CNRS à l’université Paul-Sabatier, qui l’étudie depuis 2008. Cela fait d’elle l’un des trois experts français du sujet. «Le Physarum polycephalum, a une mémoire spatiale grâce au mucus qu’il laisse derrière lui. Il peut apprendre par habituation, c’est-à-dire, apprendre à ignorer un stimulus désagréable mais inoffensif», poursuit-elle.

Après avoir prouvé en avril 2016 que le blob pouvait apprendre, la chercheuse a démontré qu’il était capable de transmettre son savoir.

« Il peut communiquer avec ses congénères, coopérer en fusionnant, voir cannibaliser un représentant d’un autre type. On est aux prémices de la sociabilité », s’exclame-t-elle fascinée. Prochaine étape de ses recherches : découvrir si le blob peut associer un stimulus à une récompense. Pas évident car « penser comme un blob n’est pas simple », sourit Audrey Dussutour. Mieux le comprendre, pourquoi pas, mais quel intérêt pour l’être humain ? Trop tôt pour le savoir, selon la scientifique, puisque la recherche fondamentale peut déboucher sur des applications 20 ans plus tard.

« Ces découvertes relativisent le rôle du cerveau comme seul organe responsable de l’apprentissage », conclut-elle. « Cela pourrait être utile dans l’élaboration de certaines thérapies car elles ignorent aujourd’hui le fait que les micro-organismes (bactéries, protistes), puissent apprendre. C’est un peu les sous-estimer ! » Le blob, avenir de la médecine humaine ?

Une idée qui devrait rassurer Steve McQueen.



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