lundi 29 novembre 2021

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Actualités Un nouveau comité de lutte contre le racisme et antisémitisme

[Grand angle] Un nouveau comité de lutte contre le racisme et antisémitisme

PLAN. Le 8 avril dernier, la préfecture de Haute-Garonne a mis en place le CORA, comité de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, sur le département. Un organisme institutionnel qui veut déployer une action de terrain. Détails.

Les CORA font leur apparition sur tout le territoire français suite à une directive gouvernementale de mobilisation nationale contre le racisme et l’antisémitisme. « Il succède à la commission pour la promotion de l’égalité des chances et de la citoyenneté, qui fonctionnait bien, mais commençait à s’essouffler », précise Frédéric Rose, directeur du cabinet du préfet de Haute-Garonne qui a présidé l’installation du CORA. Ce qui va changer ? « Ce comité est opérationnel, il met en place un plan d’action, va suivre son application et en dresser le bilan régulièrement », répond Frédéric Rose. Les actions en question sont essentiellement tournées vers la jeunesse : sensibilisation et prévention via « la formation des enseignants, des sorties de classe comme la visite du musée de la Shoah par exemple, la transmission des valeurs républicaines en permettant aux jeunes d’assister aux cérémonies patriotiques notamment… » cite le directeur de cabinet. Un autre volet concernera la réponse pénale aux actes racistes et antisémites : « Le Procureur travaille sur des alternatives aux poursuites, notamment pour les mineurs. Cela peut prendre la forme de stages de sensibilisation pour leur faire comprendre les conséquences de leurs actes ». Le CORA est une structure essentiellement institutionnelle, qui regroupe notamment le ministère de l’Éducation nationale, diverses collectivités, les services de police et de gendarmerie, le défenseur des droits…  « Les associations de lutte contre les discriminations n’ont pas été associées, c’est une volonté de l’administration de nous exclure », estime Paul Yobo, président régional de SOS Discriminations (ex SOS Racisme). « Pourtant, c’est nous qui avons l’expérience et le vécu du terrain ! » s’exclame-t-il. Sur ce point Frédéric Rose avance que « ce travail en lien avec les associations est réalisé dans le cadre de la politique de la ville, pour développer des actions dans les quartiers, par exemple ». Les principales communes du département, comme Toulouse, Tournefeuille, Colomiers, Muret, étant représentées dans ce comité.

La situation en Haute-Garonne

Le nombre d’infractions à caractère racistes ou antisémites a légèrement baissé sur le département entre 2014 et 2015 en passant de 30 à 26. Des chiffres qui ne reflètent pas vraiment la réalité « car tout le monde ne porte pas plainte », reconnait Frédéric Rose, « les gens ne portent pas plainte pour une insulte ou un geste déplacé, mais pour des faits plus graves comme des jets de projectiles, des tags ou des dégradations ». Pour le président régional de SOS Discriminations, le problème va plus loin : « Nous accompagnons beaucoup de personnes dans leur recours devant la justice, mais la grande majorité des plaintes est classée sans suite », explique-t-il, « le problème au pénal est qu’il faut apporter la preuve de la discrimination sinon cela peut être considéré comme de la diffamation ». L’association peut conseiller un recours devant le tribunal administratif ou une action de médiation, selon les cas.

 

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