mercredi 27 janvier 2021
Actualités Quel avenir pour la prison Saint-Michel ?

[Grand angle] Quel avenir pour la prison Saint-Michel ?

Tapage. Il y a encore une poignée d’années, la maison d’arrêt du 18 bis Grande rue Saint-Michel était habitée de détenus. En 2009 les derniers prisonniers étaient transférés à Seysses. Depuis, tout reste à construire pour l’édifice et sa future utilisation.

Jusqu’à récemment le projet d’auditorium soutenu par Jean-Luc Moudenc semblait sur les rails, l’Etat avait même annoncé financer l’étude de faisabilité à hauteur de 50% via la Drac (Direction régionale des affaires culturelles). Pourtant des inquiétudes se font jour depuis l’annonce dans la presse de Thierry Bonnier, secrétaire général de la préfecture : un appel d’offre pour la cession de l’ex-prison serait lancé après l’été « pour une ouverture des plis d’ici la fin d’année ». Une procédure qui va du coup se dérouler en parallèle de l’étude de faisabilité de l’auditorium… Concernant la cession, deux options : une cession de gré à gré, si la collectivité est intéressée ou suite à un appel d‘offre après mise en concurrence de divers projets qui peuvent associer public et privé. Quant à la douloureuse (prix de vente estimé à 11,5 millions d’euros, ndrl), elle dépendra du projet final. Le maire de Toulouse a clairement exprimé qu’au prix annoncé, la ville ne se positionnerait pas. Et pour concrétiser son projet, voilà la pirouette : « lorsque l’Etat aura choisi son acheteur, il faudra trouver un accord tripartite pour qu’on récupère l’étoile ». La stratégie évoquée par l’édile toulousain n’est pas du gout du comité de quartier Saint-Michel, qui suit le dossier de près. « L’ex-prison Saint-Michel figure sur la liste de fonciers mobilisables par l’Etat pour la construction de logements, cet appel d’offre pourrait privilégier la promotion immobilière, alors que le projet d’auditorium prévoit uniquement équipements, espaces et jardins publics », déplore Guillaume Drijard, président du comité.

Enclaver l’édifice ?

Depuis l’officialisation du lancement de l’appel d’offre, le comité tente de rentrer en contact avec la préfecture comme la mairie et a même envoyé un courrier à la ministre de la Culture. Motif ? Demander un report du lancement de l’appel d’offre au moins à 2016. « Ils font les morts. Deux mois sans réponse », lance-t-il. Pourtant, côté capitole l’inquiétude n’est pas de mise : « C’est l’Etat qui maitrise tout ça, c’est une procédure obligatoire. De notre côté nous travaillons à une étude de faisabilité ». Voilà en deux coups de cuillères à pot comment Francis Grass dénoue la situation. Circulez, il n’y a rien à voir. L’adjoint à la culture assure que le projet est toujours sur les rails, mais ne cache pas un échéancier à très long terme. D’ailleurs l’étude de faisabilité ne devrait connaitre ses premières conclusions qu’en début d’année 2016, comment dès lors faire rentrer les données dans le cahier des charges correspondant à l’appel d’offres ? L’élu assure par contre ne pas laisser s’installer un projet qui ne correspondrait pas à ce que souhaite la ville : « c’est nous qui délivrons les permis de construire au final, il ne faut pas l’oublier ». Les riverains n’ont pas l’intention de se laisser berner par un optimisme affiché : « la mairie et l’Etat sont clairement en train d’organiser quelque chose et on laisse partir l’édifice au privé !  » Un crainte demeure : voir pousser à la place de l’actuelle enceinte de la prison des immeubles en R+4 comme l’autorise l’actuel PLU.

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