[Grand angle] Nuit Debout qui es-tu ?

Nuit Debout toulouse (05-04-2016)┬®franckalix-1

 

TROMBINOSCOPE. Ils sont debout contre les maux de la société actuelle un peu partout en France et en nombre conséquent à Toulouse. Comment passer à côté de ce mouvement qui se dit « rassembleur », « démocratique » et qui se mobilise contre la loi El Khomri mais aussi aux côtés des intermittents du spectacle ou encore du DAL… Qui sont-ils vraiment ?

 

Impossible de les manquer dans la ville rose depuis début avril. Peu importe que le soleil se lève ou se couche, un panneau une banderole ou les restes d’une mobilisation révèlent l’ampleur que prend le mouvement au niveau local. Une masse plus ou moins conséquente à chaque fois : « 50 à 100 personnes sont impliquées dans le fonctionnement des différentes commissions, et typiquement entre 200 et 500 personnes viennent aux soirées organisées quasi quotidiennement, avec un public qui se renouvelle constamment », explique Marc qui fait partie du mouvement. Musicien de 26 ans, et militant politique et associatif, il correspond à l’image que beaucoup se font des Nuits-deboutistes… Pourtant comme il l’explique « beaucoup de gens impliqués dans ND ne sont pas des militants à la base. » Jérémy Collot est entrepreneur dans la vie, un véritable geek de 38 ans qui se définit comme peu engagé jusqu’à récemment. Finalement il est « tombé » dans le militantisme en offrant ses compétences informatiques aux indignés il y a quelque temps et il a pour la même raison participé à la création de Nuit Debout Toulouse. «L’idée du mouvement « from scratch » débarrassé de tout poids historique m’a séduit». Ils sont unanimes : Nuit debout c’est tout le monde, « de l’infirmière de 60 ans, à la mamie de plus de 80 ans, au créateur de PME, en passant par l’étudiant… »

« Il y a sans cesse de nouveaux visages »

Ce qui les unit ? Le fait de se sentir incompris et de ne se reconnaître dans aucune forme politique actuelle. « Le mouvement Nuit Debout est quelque chose de jamais vu en France : un mouvement politique, ouvert à tous, radicalement démocratique et horizontal dans son fonctionnement. C’est essayer de trouver ensemble -par la discussion et l’action- les solutions aux maux de notre société qui nous touchent tous », poursuit Marc. « ND a déjà touché plusieurs milliers de Toulousains. On vient chercher une écoute, une fraternité, un partage des savoirs. Travailler ensemble pour une société plus juste, et tenter de trouver des sorties à l’impasse dans laquelle le pays se trouve actuellement.» Marie Vareau a 49 ans et met tous ses espoirs dans la lutte nuit debout. Véritable électron libre qui n’appartient à aucun parti, elle dit avoir été intéressée par l’idée que les gens « se réveillent pour reprendre possession de l’espace public. Maintenant, si les membres du gouvernement pouvaient venir avec leur petit coussin ou leur chaise pliable, participer à la discussion ce serait un grand progrès », ironise-t-elle. Lise Maillard est bien connue du microcosme politique local, largement impliqué au parti de gauche elle a participé à la genèse du mouvement dans la ville rose : « Chacun peut y trouver sa place rapidement, tu peux venir 10 minutes faire quelque chose, partager tes compétences, apporter du matériel ou juste donner un peu de temps. Il y a un réel besoin d’être ensemble. Le milieu militant est un petit cercle assez fermé où on rencontre toujours les mêmes têtes, là, c’est différent, il y a sans cesse de nouveaux visages. » Une chose est claire : aucun d’entre eux ne prendra le rôle de chef de file ou de porte-parole, ils préviennent tous systématiquement qu’ils ne parlent qu’en leur nom.

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