[Grand angle] LMSE, le combat continue

tisseo bus 38-1Quatre roues. Entre Saint-Orens et Ramonville, la métropole va ouvrir aux voitures la liaison multimodale existante. Sur le terrain la colère est palpable, et certaines associations sont prêtes à attaquer en justice.

 

En avril dernier, Toulouse Métropole a validé une délibération qui vise à ouvrir le pont de la LMSE (liaison multimodale du Sud-Est entre Saint-Orens et Ramonville, ndlr) aux voitures. C’était d’ailleurs une promesse de campagne du côté de Jean-Luc Moudenc. De fait, cette décision annule un protocole d’accord signé en 2008 entre plusieurs associations et le Grand Toulouse d’alors … Aujourd’hui la résistance s’organise donc pour faire face à ce projet jugé « illégal » par Florian Jutisz, vice-président de « 2 pieds, 2 roues » : « Il nous reste deux mois pour réagir juridiquement. Nous engageons dans un premier temps un recours gracieux afin de connaître réellement les intentions de la métropole. Aujourd’hui nous n’avons toujours pas eu de nouvelles, et je doute fort que nous en ayons. Je ne les vois pas revenir sur leur décision. » Cet ardent défenseur de la cause des deux roues dans la ville attaque clairement la vision de la politique transports menée par la métropole et son président : « On sent bien que pour beaucoup d’élus de cette majorité, la voiture tient une place prépondérante. Ils ont une approche clientéliste de ce type de dossiers, et essaient de flatter le Toulousain qui est réfractaire à la nouveauté. L’intérêt général est vite oublié ! » Florian Jutisz étaye ses propos en pointant du doigt certains élus : « Nous savons ce que pense la majorité de M. Moudenc. Nous n’avons pas oublié que des élus d’aujourd’hui étaient hier des militants associatifs opposés à des projets de transports en commun proposés par Pierre Cohen. Je pense à Frédéric Brasiles pour le tramway et à Françoise Roncato pour le BHNS. » Sur le fond ce dirigeant de « 2 pieds 2 roues » s’inquiète « des énormes nuisances que va provoquer cette délibération. On peut s’attendre sur cette zone à un flux quotidien de 15 000 voitures. Il s’agit donc d’une réelle dégradation de la qualité de vie. Il y aura de réelles conséquences. » Dans ce combat, deux autres associations se font également entendre : Les amis de la Terre et Veracruz. Cette dernière est une association étudiante de l’Université Paul Sabatier, site touché par le projet : « Les étudiants doivent comprendre que leur quotidien sera impacté », clame d’ailleurs Florian Jutisz. Cela tombe plutôt bien car pour le moment l’Université Paul Sabatier résiste elle-aussi et s’oppose à l’arrivée de la voiture sur le tronçon qui traverse le campus. Quant à l’association Veracruz elle continue à faire de la pédagogie sur la population estudiantine … Le match est donc lancé entre les pros et les anti voitures, et Florian Jutisz de défier ironiquement les promesses électorales du candidat Moudenc : « Vous savez il a beaucoup promis, et chacun sait que tout ne sera pas réalisé. Il n’est donc pas obligé de tenir cette promesse en particulier … » Pourtant du côté de la métropole le calendrier est déjà bouclé et les travaux devraient démarrer à la rentrée : « La décision politique est prise », avait déclaré en avril dernier Jean-Michel Lattes (adjoint au maire, VP de la métropole et président de Tisséo.) C’est donc la justice qui aura le dernier mot.

 

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