Edito

Très cher lecteur,

Lorsque vous posez une pièce d’un euro sur le ramasse-monnaie de votre marchand de journaux, vous accomplissez un acte rare et précieux. La presse va mal ! Cela fait 20 ans qu’on le dit, et qu’on s’alarme et que cela ne s’arrange pas. Loin de là. Le pluralisme est menacé. La presse française, nous dit-on, tient dans les mains de dix grandes fortunes. C’est presque vrai. La faute à qui ?

D’abord sans doute, la faute au Web et à cette révolution numérique qui a tout bouleversé. Aujourd’hui, le web est devenu un champ de bataille où la guerre est celle de l’hyper concurrence : les médias, les journalistes doivent aller toujours plus vite pour “sortir” une info, beaucoup d’infos, avant tous les autres. Et ils sont nombreux.

Plus vite, plus fort, moins cher : cette course en avant est intenable, elle est très clairement à l’origine de la dégradation générale de la qualité de l’information.

Mais le deuxième responsable, c’est vous. Ou plutôt ce sont “les autres”. Les autres : tous ceux qui refusent depuis longtemps de payer pour s’informer.

Informer coute cher. Pour réaliser une enquête, pour aller sur ‘’le terrain’’, pour constater, vérifier, pour prendre du recul et pour écrire, il faut des hommes, des femmes, et il faut du temps. Cela a un coût. C’est cela la petite pièce d’un euro que vous avez bien voulu dépenser pour avoir ce Journal Toulousain entre les mains.

Ce journal est en sursis. S’il n’est pas encore défunt, c’est grâce à Rémi Demersseman-Pradel, un entrepreneur toulousain de la jeune génération qui aime la presse, et la considère comme un rouage indispensable de nos démocraties. Son engagement financier sans contrepartie éditoriale permet d’assurer la transition, vers l’autonomie financière. C’est dans ce cadre que le journal entame une nouvelle aventure. L’histoire continue et nous voulons vous la raconter. C’est notre engagement, à nous. Car lorsque vous payez, nous sommes engagés.

Aujourd’hui, Lecteur, ce journal que vous avez sous les yeux est en projet. Durant cet été, nous allons travailler pour construire le futur journal qui répondra, nous l’espérons, à votre besoin d’une presse de qualité à Toulouse. Pour cela, nous avons l’ambition simple de faire notre vrai métier, aller chercher l’information, ne pas tricher, ne pas recopier, ne pas communiquer ou nous vendre.

Pour produire ce nouveau journal, nous avons aussi besoin de vous, au-delà de votre euro symbolique. Dites-nous ce que vous aimez, ce que vous attendez, ce dont vous rêvez, quelle est votre envie de lectures, d’informations, de démocratie. Cela nous permettra de donner meilleur corps à ce journal qui n’est là que pour vous.

Pour ce premier numéro de l’été, nous avons fait le choix de passer à table. Car comme dans Astérix, rien ne se conçoit au Journal Toulousain sans imaginer un bon banquet. Peut-être parce que nous sommes une équipe qui aime bien vivre.

Nous vous proposons de feuilleter et de lire ce dossier, ainsi que les premières nouvelles rubriques naissantes qui l’accompagnent. Lisez-les, partagez-les, critiquez-les et racontez-nous tout : nous avons besoin de vous pour informer.

 

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