[Dossier] Qui est vraiment Dominique Reynié ?

Dominique Reynie╠ü (29-06-2015)┬®franckalix-5Candidat surprise des prochaines élections régionales, Dominique Reynié cultive son image de personnalité atypique sur la scène politique. Il représente le renouveau, la société civile, il est l’exemple type d’une ascension sociale grâce à l’école de la République. Qui se cache derrière ce communiquant hors-pair ?

 

Kamikaze ou courageux ? Déterminé ou arrogant ? Difficile de cerner le personnage Reynié. Son inexpérience dans la gestion d’une collectivité et son ‘‘parisianisme’’ donnent du grain à moudre à ses détracteurs. Lui, se considère comme un enfant du pays et se souvient de sa première année vécue à Paris comme une épreuve : « Je n’étais pas du même milieu que mes camarades de Sciences po, je n’avais pas les codes sociaux et pas les moyens de sortir avec eux », raconte-t-il. Né à Rodez, il a passé son enfance et son adolescence en Aveyron : « Je ne comprends pas ceux qui disent que je suis parisien, je suis toujours resté lié à mon territoire, ma famille est ici.» Le candidat est de la région, c’est un fait, « mais tout est parisien en lui, son mode de fonctionnement, ses réseaux notamment dans la presse ; localement on l’a pas vu venir », commente un observateur proche de la droite régionale.

Premiers pas, premières impressions

Peu à peu, Dominique Reynié tisse sa toile dans la Région. Il a nommé les 13 référents départementaux de sa campagne, et les chefs de file des 13 listes ont été désignés par la commission nationale d’investiture. En Haute-Garonne, la référente Laurence Arribagé et les deux chefs de file Elisabeth Pouchelon (conseillère régionale sortante) et Vincent Terrail-Novès (maire de Balma) sont au travail. Aucun d’entre eux ne connaissait Dominique Reynié avant l’annonce de sa candidature à la candidature. « Je l’ai rencontré pour la première fois à l’Assemblée nationale, alors qu’il faisait la tournée des grands élus de la Région ; je l’ai trouvé courageux, très positif, très enthousiaste et le fait d’avoir dix candidats en face ne lui a pas fait peur, c’est un fonceur », témoigne Laurence Arribagé, députée Les Républicains et présidente par intérim de la fédération LR 31. Vincent Terrail-Novès l’a rencontré une fois désigné par le collège d’élus, « j’ai vu quelqu’un de déterminé, qui a des idées très arrêtées sur sa façon de faire campagne, sur son projet on sent qu’il a déjà tout en tête, le reste est une question d’articulation », décrit le maire de Balma. Une qualité qui pourrait se retourner contre lui si le candidat n’apprend pas à s’appuyer sur un entourage solide… « Dominique Reynié agit pour l’instant en seul maître à bord, c’est le fait de sa virginité politique, les élus plus expérimentés savent qu’ils ont besoin d’une équipe », remarque notre source, « ses débuts dans la campagne sont par conséquent difficiles car il n’a aucune organisation… » Personne ne le confirmera vraiment même si Laurence Arribagé admet « que la constitution de la liste sera peut-être le plus compliqué pour lui car il n’a pas l’habitude ».

Le staff de campagne n’est pas encore dévoilé. Pour l’instant, selon nos informations, l’homme s’appuierait sur son réseau sétois. Il a été fortement appuyé par le sénateur-maire de Sète, François Commeinhes, lors de processus de désignation de la tête de liste. Aujourd’hui, son directeur de cabinet Jean-Claude Dugrip ferait office de directeur de campagne en sous-main pour le candidat. En revanche, Dominique Reynié ne prendra pas de directeur de communication : « Je ne me vois pas avec quelqu’un qui me dit quoi dire, c’est impossible. » Voilà qui est clair. Dominique Reynié sait convaincre. Il en a montré la preuve lors du ‘‘grand oral’’ devant les 40 élus : « Il les a épatés »,  selon notre source proche de la droite locale. Il faut dire que l’exercice était taillé pour lui, « mais on ne devient pas président de Région comme on passe un concours à Sciences po ». Il va devoir maintenant établir le contact avec les habitants de la future région. « Parler sur les plateaux télé et sur les marchés, ça n’a rien à voir ! » reconnait Laurence Arribagé, qui se dit « rassurée » sur la capacité du candidat à s’adapter : « Je suis allée sur le terrain avec lui et il n’a aucun soucis à serrer des mains à taper des bises,  il va vers les autres. »

Entre le renouveau et le parti

Pour son équipe haut-garonnaise, « sa fraîcheur », « sa nouveauté » sont des atouts propres à redonner confiance aux gens : « Alors que les autres candidats sont encombrés par des étiquettes politiques pesantes, il peut apporter autre chose  », selon Elisabeth Pouchelon, « il n’est pas là pour faire carrière, alors on peut être amené à lui faire confiance plus qu’à un autre. » Mais depuis sa désignation, Dominique Reynié a adhéré au parti Les Républicains et représente donc une étiquette politique pour les prochaines régionales… Un reniement ? « Etre de la société civile ne veut pas dire ne pas être encarté dans un parti. Je n’ai jamais eu de mandat électif, alors que les autres candidats vivent de leur statut d’élus », se défend le candidat. Un autre argument valable l’a motivé : « Le mode de scrutin à la proportionnelle favorise considérablement les partis, c’est mécanique.» Il définit tout de même son adhésion comme « un compromis » : « Les partis ont fait un pas vers moi en me permettant de me présenter, je fais un pas vers eux en retour. » Pas question pour autant de rentrer dans le moule et de se préoccuper des considérations nationales : « Ça ne m’intéresse pas ! Je suis là pour être un acteur de la politique régionale, pas pour intervenir dans les compétitions internes » affirme-t-il. Mais Dominique Reynié risque de se faire aspirer par la machine du parti… Pour certains, « son ambition de faire de la politique autrement est mort-née… » Le candidat compte bien prouver le contraire par un projet qui sort des cadres. « On ne peut pas en dire grand-chose pour l’instant, mais ces idées sont novatrices », promet Vincent Terrail-Novès. Dominique Reynié se définit comme un ‘‘libéral progressiste’’ : « Il faut s’appuyer sur ceux qui créent, que ce soit dans le domaine culturel, entrepreneuriale, de la recherche, de l’innovation… Il faut leur faire confiance et alléger les charges », pense-t-il. Au niveau de la Région, il existe des leviers pour favoriser cela, « mais je compte également peser sur le gouvernement et le législateur en fédérant les présidents de région autour de ces objectifs. » Dominique Reynié voit grand. Rien ne semble pouvoir l’arrêter. Le candidat est prêt à abandonner toutes ses activités pour se consacrer à la région. « Il est tellement convaincu qu’il va gagner, qu’il fait abstraction de la prise de risque », remarque Vincent Terrail-Novès. « Quand je dis, je vais gagner la région, ce n’est pas une formule, je le pense. Devant le collège des 40 élus, personne ne me donnait vainqueur mais moi je savais que j’allais l’emporter. J’ai le même sentiment aujourd’hui. »

 

Bio express :

Né à Rodez en 1960, Dominique Reynié a grandi dans une famille modeste de cinq enfants. Après son bac, il passe un an au Mirail avant de quitter la région pour intégrer Sciences po Paris. Alors qu’il hésite entre une carrière de journaliste ou d’universitaire, il penche finalement pour la deuxième option. Il devient professeur à Sciences po, où il a dirigé pendant trois ans l’observatoire interrégional du politique. En 2004 le think tank libéral Fondapol, et intervient à ce titre régulièrement sur les plateaux de télévision. A noter, qu’il a été membre du bureau de l’Association des petites villes de France, dirigée par Martin Malvy.

 

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Dominique Reynié.

 

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