[Dossier] Et si on fêtait Noël autrement ?

MAGIE. 61 % des Français déclarent aimer Noël et près de 80 % d’entre eux le fêteront en famille. Signe que ce rendez vous est encore bien ancré dans notre société. Au-delà de l’avalanche de cadeaux, des heures passées à table et des sucreries englouties, certains d’entre nous ont décidé de (re)donner du sens à cette fête traditionnelle. De la faire rimer avec solidarité et générosité. Cette semaine le JT a rempli sa hotte de gestes altruistes et de cadeaux utiles.

noël
© andrew neel

Toute une histoire. La course aux cadeaux, les préparatifs des repas, l’organisation familiale de plus en plus complexe… Noël entraîne dans sa hotte une foule d’impondérables parfois pesants. Comme une impression d’overdose de tout dans une société qui cherche justement les moyens de diminuer son rythme et son impact. Mais peut-être aussi le fruit d’une tradition séculaire qui nous dépasserait et que nous reproduirions inconsciemment. « Les dépenses ont toujours fait partie des fêtes. C’est ce que Martine Segalen, grande ethnologue française, appelle le “gaspillage cérémoniel” à propos des mariages. La consommation est omniprésente aujourd’hui et les familles modestes ne sont pas celles qui dépensent le moins.

Mais ce phénomène d’abondance qui promet l’abondance remonte à très loin », explique Nadine Cretin, sociologue et anthropologue, spécialiste des relations entre le territoire et ses usages festifs et rituels. De tout temps, Noël a effectivement été une fête à haute dimension symbolique. Autrefois, dans les populations essentiellement rurales, se rassembler autour de grands repas était un moyen de conjurer cette période de solstice d’hiver où les nuits sont longues et d’invoquer une nouvelle année prospère.

«  C’est une fête de générosité et de paix. On y ouvre son cœur et son porte-monnaie »

Les origines de la célébration de la Nativité remontent même jusqu’au IVe siècle. Durant le Moyen Âge et jusqu’à la Révolution, c’est bien évidemment l’aspect religieux qui prédomine mais le fossé entre Noël chrétien et Noël païen se creuse dans les années 1950. Les éléments religieux (messe, crèche) et profanes (verdure dans la maison avec le sapin, lumières, bûche dans la cheminée) commencent alors à se mêler. Néanmoins, pour l’auteure de “L’Histoire du Père Noël”, le sens de Noël n’a pas changé pour autant : « Ce n’est pas qu’une fête confessionnelle, c’est une fête de générosité et de paix, et elle le restera. On y ouvre son cœur et son porte-monnaie. C’est la joie de rassembler et l’on oublie de dire qu’à cette période, il y a aussi beaucoup de réconciliations. »

Les pratiques, elles, ont tout de même tendance à évoluer. Ainsi, selon une étude du site AlloVoisins, près d’un Français sur trois se dit prêt à avoir recours aux plateformes d’échanges, de ventes ou de location entre particuliers pour les fêtes. Une manière bien sûr d’optimiser son budget mais aussi, pour plus de la moitié d’entre eux, de consommer différemment avec une approche raisonnée déjà appliquée dans le quotidien. Comme quoi, le rituel a beau être immuable, Noël peut tout de même s’adapter à l’air du temps.

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