samedi 5 décembre 2020
Actualités Mariage : le business anti-crise ?

[Dossier] Mariage : le business anti-crise ?

Photo “L’Evènement mariage”

Tradition. Le mariage est en pleine révolution : pacs, mariage pour tous et autre union laïque, l’institution est en pleine mutation. L’occasion n’est que trop belle pour les flaireurs d’affaires de se positionner sur ces nouveaux créneaux. À Toulouse, les entreprises spécialisées se bousculent littéralement pour se tailler la plus belle part du… ‘’wedding cake’’.

Adeline et Jérôme déambulent à travers les jolis décors type « guinguette », mis en place pour L’Évènement mariage, le dernier né des salons consacrés au mariage en région toulousaine. Le week-end end dernier, il a rassemblé près de 700 personnes autour de son concept d’un nouveau genre : « Je n’ai rien inventé, des salons à Toulouse, il y en a plusieurs mais celui-ci correspond à un public bien particulier », indique Solène Mallié, organisatrice. Elle met un point d’honneur à travailler avec de petites entreprises locales, de la créatrice de robes de mariées, au traiteur chic en passant par le photographe fantaisiste : « On travaille au coup de cœur. Ici, les futurs mariés font des rencontres et décident de consacrer une partie de leur budget à un poste choisi, au détriment d’autres choses, pour rendre leur mariage unique ». En tout et pour tout, on ne compte pas moins de 10 salons en région toulousaine. José Mohedano, l’un des organisateurs du mythique Salon du mariage de Toulouse, explique : « Nous sommes le salon le plus gros de la région et fêtons en janvier 2015 nos 25 ans : inutile de dire que l’évènement tient bien sa place ! » A priori, ses homologues ne lui font pas peur pourtant, cette palette de choix correspond bien à une attente. Car en période de crise, si les amoureux ne mettent pas au placard leur envie de s’unir, ils dédient plus de temps à l’organisation du jour J, quitte à flairer les bonnes occasions dans tous les salons de la région… « On multiplie les visites de salons consacrés au mariage, expliquent Adeline et Jérôme, mais on se décidera au salon de Toulouse, en janvier ». C’est aussi là une tendance repérée par les spécialistes du sujet en région toulousaine : « Si les futurs mariés ne réduisent pas leurs dépenses liées au jour J, ils l’organisent bien plus en amont afin d’avoir le temps de réunir un petit pécule : il n’est plus surprenant d’organiser l’évènement deux ans avant la date ! » termine Solène Mallié.

 

Un jour J sur-mesure ou rien

Au château du Palays, à Montesquieu-Volvestre, on confirme que la demande de fléchit pas : « On ne loue le site que de mai à octobre, mais c’est complet tous les ans… » À raison de 3 200 euros la soirée et 4 200 euros le week-end (4 jours), le business est… florissant. « Ce ne sont pas forcément des mariages haut de gamme, parfois je suis étonnée, certains ont un budget très modeste mais cassent leur tirelire pour accéder à un lieu unique et rognent sur le reste. Le site est souvent la priorité des futurs mariés et cela conditionne le reste. » Il faut dire que la région regorge de lieux uniques qui ont bien compris leur intérêt à louer pour ce type de cérémonies. De plus, comme l’explique le gérant de ACB Événementiel : « On est la seconde région française où on se marie après Paris, la conséquence c’est que les entreprises sont très nombreuses sur le créneau. » Une tendance difficile à chiffrer car ces métiers concernent généralement les réceptions au sens large et pas seulement les mariages. En outre, « beaucoup développent cette activité lucrative le week-end en parallèle d’une autre : il suffit d’aller sur Leboncoin pour s’en rendre compte : les propositions pleuvent et les prix sont cassés… » En tout cas, si le mariage ne connaît pas la crise, les mariés font souvent la leur : « Aujourd’hui, ils savent ce qu’ils veulent, il faut être adaptable et tout personnaliser. » À l’image de The cake, une société basée à Montastruc-la-conseillère qui cartonne littéralement : « Je suis installée depuis 2010 : le mariage représente 70 % de mon activité et la demande ne cesse d’augmenter », explique Helen Shlosberg, créatrice de l’entreprise. Son créneau le ‘’wedding-cake’’ à l’américaine, une pièce maîtresse du mariage, 100 % sur-mesure et personnalisable à l’infini… « En matière de budget, on est à 5 euros la part. C’est ce que coûte le gâteau de ses rêves ! » Et le concept du sur-mesure fait des émules, à l’image d’Isabelle Aubry, photographe dans la ville rose. Son projet : monter un ‘’photo-truck’’ pour trimbaler avec elle sur le lieux de mariage tous ses accessoires afin de créer une vraie « scénographie, une mise en scène adaptée à chaque couple ». Sur place ensuite, l’impression de photos se fait tout au long de la soirée et les invités repartent ravis avec leurs clichés type Polaroid affichant des sourires béats, cernes ou séquelles d’une soirée trop arrosée… Dans la même veine : les wedding planner (organisateur de mariage, ndlr), toujours inspirés des unions d’outre-Atlantique. Des vocations naissent chaque jour à Toulouse, pourtant avec un turnover important, les leaders sur le marché n’estiment qu’à « 4 ou 5 le nombre de concurrents potentiels », comme l’explique le gérant de Papillone Wedding, qui organise des mariages depuis 2011 : « On est de plus en plus et de moins en moins ! » Ce service chiffre entre 2 500 et 3 500 euros selon les prestataires et la formule choisie. Un concept qui prend clairement à Toulouse, avec une demande en augmentation, mais qui touche surtout « le haut de gamme, les budgets mariage entre 25 000 et 50 000 euros : ceux qui veulent du sur-mesure pour une journée inoubliable ». Contre toute attente, de nombreuses demandes de wedding planners toulousains concernent des couples étrangers qui viennent se marier en région toulousaine… L’organisateur de mariage annonce en outre avoir de plus en plus de demandes pour des mariages gay depuis la loi du mariage pour tous. Avocat gay-friendly, Salon du mariage gay et autres Arc-en-ciel Wedding-Planner, nombre d’entreprises se sont positionnées sur ce créneau, pourtant cela s’est rapidement révélé indélicat et certains tentent aujourd’hui de se rattraper. C’est le cas de Boum.com, une entreprise parisienne qui s’était illico affichée comme ‘’gay friendly’’. Aujourd’hui, le gérant modère ses propos, expliquant que « poser deux hommes ou deux femmes sur le haut d’un gâteau reste très cliché, car les couples homosexuels veulent un mariage comme les autres ! » Par contre, à Toulouse, les acteurs du mariage sont unanimes : « Les couples gays qui se marient ont souvent un budget plus importants que la moyenne. » Autre tendance déferlant sur la ville rose, la cérémonie laïque, comme alternative au mariage religieux. Au programme ? Un mariage hyper-personnalisé en complément du mariage administratif plutôt impersonnel : en guise d’officiant un ami, un frère ou une cousine, des textes écrits pour l’occasion, une ambiance moins étriquée… mais aussi de nouvelles occasions de faire appel à des prestataires pour la déco, l’organisation, etc.

Faire sponsoriser son mariage : la solution économique

Car le nerf de la guerre est bel et bien là. Le mariage est avant tout une suite de priorités budgétaires. Un constat que confirme le gérant de la société ACB Événementiel : « Un mariage, c’est par ordre d’importance : le cadre et le traiteur en premier plan puis le gâteau, le photographe, le DJ, la robe… sur lesquels on essaie de négocier au maximum. » Un récent sondage, réalisé par Opinion Way, estime que le budget moyen d’un mariage est d’environ 10 000 euros pour une réception de 70 invités. Et si la plupart des mariés piochent dans leur épargne pour faire de ce jour le plus beau, nombreux sont ceux qui ont carrément recourt à des crédits. Mais d’autres solutions moins « contraignantes » émergent. Ou permettent en tout cas d’arriver aux futurs époux d’arriver à leurs fins sans rogner sur le budget. Ainsi, le financement participatif via Internet n’est pas en marge pour payer les arrhes avant le ‘’D-day’’ ou encore le sponsoring. Ce dernier permettrait de réduire les coûts de l’union de moitié. À condition de vouloir faire de son mariage une vitrine publicitaire.

 

 Violette & Rose : l’atout mariage

La tendance est au mariage “bohème”.

Mari Cavallier est wedding-planner en région Toulousaine, elle raconte son quotidien au sein de la société qu’elle a créée : Violette & Rose.

Pouvez-vous nous présenter votre métier de wedding-planner ?

Je suis assistante 24h/24 et 7j/7, en général pendant un an. Les futurs mariés me parlent de leurs attentes, du thème qu’ils souhaitent pour leur mariage et je leur fais des propositions selon leurs envies, leur budget etc. En fait je procède à une pré-sélection, je prémâche l’organisation de l’évènement.

Quels sont les avantages pour les futurs époux ?

Outre le fait de pouvoir déléguer un certain nombre de choses, je peux les guider et avoir de bon prix auprès des prestataires, car je travaille souvent avec les mêmes. Normalement ces derniers donnent 5 à 15% de leur prix au wedding-planner, c’est une somme sur laquelle je peux négocier pour baisser le prix final !

Avoir recours à un wedding-planner : est-ce rentré dans les mœurs à Toulouse ?

Le concept a débarqué en France il y a environ 7 ans mais n’est pas encore totalement ancré dans les mœurs. A Toulouse nous sommes une dizaine à faire ça mais seulement 3 ou 4 agences sont vraiment professionnelles. C’est un vrai métier : il faut être vigilant tout au long de l’année et le jour-J c’est à la minute près ! Car tout est une question d’argent pendant un mariage : si l’on prend du retard, cela se répercute sur les autres prestataires, qui demanderont une rallonge s’ils doivent rester plus tard…

Quelles sont les dernières tendances côté mariages ?

Le rustique chic (bohème, vintage, lié à la nature), les couleurs rose clair, crème et doré. On voit de plus en plus de « Candy bar » pour remplacer les dragées. Enfin le wedding cake reste l’œuvre d’art du mariage. Maintenant le gâteau fait partie de la déco : on fait souvent en sorte de pouvoir le voir dans la salle pendant tout le repas… Enfin, ce qui se fait de plus en plus, c’est le « destination wedding ». L’idée c’est de faire le mariage ailleurs dans une ville « coup de cœur ». Il y a souvent moins de personnes mais ce sont les très proches… un moyen comme un autre de faire un tri !

Quel est le budget moyen pour une prestation comme la votre ?

Environ 2500€ pour la prestation intégrale sur l’année, 850€ pour la coordination le Jour-J mais d’autres formules existe, « à la carte » selon les demandes.

www.violetteetrose.com 07.81.649.690 contact@violetteetrose.com

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