dimanche 28 novembre 2021

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Le robot de Naïo est dans le pré

ASSISTANCE. La start-up toulousaine Naïo Technologies développe des robots agricoles et viticoles pour accompagner les professionnels de la terre dans leur travail quotidien. Parmi leurs créations, “Oz” un engin capable de désherber des rangs de fruits et légumes automatiquement.

Bip, bip, bip. “Oz”, les roues dans la terre, termine le désherbage d’une ligne de plantation, recule, se cale sur le prochain rang et commence à le biner. Pas d’agriculteur pour le conduire, ni d’humain pour le tracter : grâce à un système de guidage laser et à une caméra en 3D, ce robot de l’entreprise Naïo technologies peut travailler seul. Il sait reconnaitre les obstacles et envoie un SMS à son propriétaire pour le prévenir quand il croise une anomalie. L’agriculteur le paramètre à l’aide d’un boitier de configuration, placé sur le dessus de l’appareil : il y inscrit le nombre de rangées dans lesquelles il faut enlever les mauvaises herbes, leurs dimensions, l’espace entre celles-ci et la nature des cultures. Une fois ce cahier des charges rempli, la machine peut évoluer toute seule sur le terrain et baisse ou remonte les outils de binage mécanique en fonction des besoins.

Une solution écologique donc, car elle permet de lutter contre les plantes indésirables sans utiliser de pesticides. Elle est aussi plus efficace selon ses concepteurs : «Nous avons testé cet appareil dans le champ d’un semencier. Oz prend une heure pour désherber 1 000 m², là où un homme met neuf heures », explique fièrement Axel Banon, employé de l’entreprise. Tout en manipulant, le mini joystick de la télécommande du robot, l’agronome ajoute : «l’objectif premier est de réduire la pénibilité de l’agriculteur, d’éviter qu’il courbe tout le temps le dos.» Dans ce but, la machine peut aussi passer en mode ‘’suivi de personne’’, c’est-à-dire qu’il s’adapte au pas du cultivateur, comme un chien suivrait son maître.

« Oz prend une heure pour désherber 1 000 m², là où un homme met neuf heures » 

Au fur et à mesure de la récolte, cela permet de déposer des produits dans une cagette placée sur le dessus de l’engin, ou dans une remorque qu’il tracte. Ces fonctionnalités sont perpétuellement remises à jour par l’équipe de Naïo : «Les nouvelles technologies n’ont pas de limites, nos robots doivent donc être évolutifs», lance le jeune homme en souriant. «Pour cela, le plus gros travail de nos commerciaux est le suivi des clients. » Une action qui permet de continuer de perfectionner Oz. Mais si l’appareil s’adapte aux besoins de l’homme, son acquéreur doit aussi se former pendant une journée pour apprendre à l’utiliser et pour se préparer à sa venue. «Cela peut être bouleversant pour un exploitant agricole d’accueillir une nouvelle technologie. Il y en a même qui préfèrent bannir totalement la robotique de leurs champs», raconte Axel Banon, lucide.Alain Gatti, producteur maraîcher à Saint-Jory a osé franchir le pas et a testé le robot désherbant sur son exploitation : «En tant qu’assistant récolte, il est très bien, mais je ne l’ai pas acheté car il ne correspond pas à mes besoins.»

Effectivement,Oz n’a pas les moyens de biner dans les rangs, c’est-à-dire qu’il ne s’occupe que des mauvaises herbes qui se trouvent entre les rangées de culture et pas au plus près des fruits et légumes. «Ça reste un outil mécanique et donc trop agressif pour ce type de binage», décrit Axel Banon. Pour lui, il n’y a pas de solution miracle et il y a encore des endroits où il faut désherber à la main. Si la machine vient aujourd’hui en aide à une cinquantaine d’exploitants, elle ne peut pas tout faire. «C’est pour cela qu’il y aura toujours besoin d’agriculteurs dans les champs», conclut-il.

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