Dorothée Dubart : portrait d’une factrice toujours la lettre à la main

Factrice depuis une quinzaine d’années, Dorothée Dubart continue sa distribution pendant le confinement. À un rythme de trois jours de travail par semaine, elle fait partie de ceux qui maintiennent l’activité économique du pays et le lien social entre les citoyens.

Jeudi 9 avril, 7h du matin. Dorothée Dubart se gare devant la bâtisse du 2, rue Charles Causse, à Montastruc-la-Conseillère, au Nord de Toulouse. En poussant la lourde porte du centre de distribution de La Poste, elle retrouve la moitié de ses collègues habituels. « Depuis un mois, deux équipes ont été formées, afin qu’un minimum de personnes soient présentes en même temps. Et nous ne travaillons plus que trois jours par semaine, du mercredi au vendredi. » C’est la méthode recommandée par le médecin coordinateur de l’entreprise, les premiers symptômes du coronavirus apparaissant à partir du quatrième jour après incubation. Il y a deux semaines, un agent souffrant d’une forte toux a ainsi été placé en quatorzaine. « Il ne s’agirait en réalité que d’un rhume, mais la direction n’a pas cherché à en savoir davantage et a réagi immédiatement, en faisant désinfecter son bureau », témoigne l’employée.
Seule une poignée de ses confrères a fait valoir son droit de retrait, face aux dangers que représente la maladie. « L’immense majorité a continué de travailler. J’estime que nous n’avons pas de raison d’avoir peur, compte tenu des mesures de précaution qui sont prises », expliqué Dorothée Dubart. Masques, gants, gel hydroalcoolique et savonnettes, les facteurs bénéficient de tous les équipements et disposent même de la liste des points d’eau où ils peuvent se laver les mains au cours de leur tournée. Celle de Dorothée Dubart, qui s’étend sur la commune limitrophe de Montjoire, compte près de 700 points de distribution. « Sur le terrain, j’applique les gestes barrières : je me tiens toujours à bonne distance des clients et je ne les fais plus signer de récépissés sur mon smartphone. Il n’y a aucun contact. »

« Les gens ont besoin de nous »

La postière constate un vrai soutien de la part de ceux chez qui elle va livrer des colis ou du courrier : « Ils ont de très gentilles attentions à mon égard. Des mots ou des dessins au-dessus de leurs boîtes aux lettres, des encouragements depuis leurs fenêtres. La semaine dernière, une dame m’a accueilli en m’applaudissant, remerciant le ciel que je lui apporte un pli, qui était apparemment de la plus haute importance. » Au bureau de poste, on trouve désormais un grand tableau sur lequel sont affichés les messages de sympathie récoltés chaque jour par les facteurs.
Cette période de confinement semble avoir rendu ces derniers plus utiles que jamais : « Certaines personnes ne voient que moi dans leur journée. Il est crucial de maintenir ce lien social, les gens ont besoin de nous », insiste Dorothée Dubart. Quand on lui demande si elle pense être suffisamment rémunérée, elle qui ne touche que le SMIC après presque 15 ans de service, elle sourit modestement : « Tout le monde aimerait gagner plus. Ce sont surtout les personnels soignants qu’il faudrait mieux payer. »

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