mardi 1 décembre 2020
Actualités Drôles de dames à la table du Belvédère

[Débat] Drôles de dames à la table du Belvédère

Spontanéité. C’est une première dans l’histoire du débat du Journal Toulousain ! Ce lundi nous avions trois femmes à la table du Belvédère: Isabelle Hardy, Camille Bouilhou et Sophie Iborra pour un moment empreint de convivialité et de beaucoup d’humour. L’ordre du jour n’était pas des plus réjouissants : manifestations anti-austérité, Nicolas Sarkozy qui veut réécrire la loi Taubira et la mission Rosetta. Mais un zeste d’ironie et une pincée de bonne humeur auront permis à nos invitées de ne faire qu’une bouchée de la morosité actuelle.

Par Aurélie Renne et Séverine Sarrat

Sans raconter de salades, cette rencontre était bien loin du prêchi-prêcha de comptoir ; n’en déplaise à certains, nous n’avons pas causé chiffons. Lundi, ce sont bien trois femmes de caractère  qui se sont réunies pour le traditionnel débat du JT. Elles se connaissaient toutes et ont pu se réjouir de ce moment à partager ensemble tout en nous attendant… À l’annonce du premier sujet, les personnalités bien trempées qui siègent à la table du jour se font vite sentir. C’est à Camille d’ouvrir le débat à base d’un « les manifestations ça fait chier ! » bien senti. Hilarité générale. Isabelle rappelle alors que le principe de la manifestation est « de s’exprimer, mais il faut que ça se passe bien ». Camille évoque pourtant avoir été « coincée dans la manifestation qui a fait suite à la mort de Rémi Fraisse, c’était la guerre civile, j’ai vraiment flippé. » Pour Sophie, « ces événements ne sont pas des accidents, mais l’œuvre de gens organisés. Quelque chose d’assez symptomatique d’une société qui va mal ». « Un message de chaos », confirme Camille. Pour revenir au sujet même de la manifestation de ce week-end, Isabelle propose une piste : « il faut trouver un équilibre entre rigueur budgétaire et soutien à l’économie. Les craintes sont légitimes ». Sophie est plus tranchée et n’admet pas qu’on aille chercher la rigueur budgétaire dans le secteur de la santé. L’occasion n’était que trop belle pour Camille -faisant référence au système de santé français- qui ponctue le sujet ultra-sérieux d’anecdotes croustillantes sur son opération ratée des cordes vocales. In fine, la conversation dévie sur l’utilité de la manifestation en elle-même : « n’est-ce pas un pavé dans la marre ? » interroge Camille. Ce qui a le don d’offusquer Sophie convaincue par l’inverse. Cette manifestation contre le gouvernement par des gens de gauche : une aubaine pour la droite qui regarde tranquillement la gauche se déliter ? Isabelle monte au créneau : « il y a toujours eu des courants très différents au sein de la gauche, on peut être de gauche et pas d’accord ! » Pourtant Sophie met l’accent sur « la crise sans précédent que vit la gauche : une crise identitaire qui sert au FN ». Et revoilà l’imposteur qui s’invite systématiquement à tous nos débat quels que soient les sujets… « Parce que c’est gravissime, s’emporte Sophie, on est à deux doigts de donner le pouvoir au FN et la gauche ne s’en rend pas compte ». Isabelle est loin de corroborer ces propos et Camille en rajoute une couche : « les gens se croient protégés, moi j’ai peur pour l’avenir de ma fille ». Il est temps de passer au second sujet.

 

« Sarkozy n’a pas changé ! »

C’est d’ailleurs un mystérieux velouté automnal qui participe à la transition : Nicolas Sarkozy a affirmé vouloir réécrire la loi Taubira. Sophie se met à scander son prénom tapant sur la table en mode groupie de la première heure ne cherchant qu’à faire râler ses voisines de tables… Nos intervenantes du jour sont tout sauf dociles !  « Rien de neuf sous le soleil, il revient chercher son électorat », lance Isabelle, « il surfe sur les dissensions de la France », ajoute Sophie. D’autant que « cela ne passera pas au conseil constitutionnel et il le sait très bien, c’est de la démagogie : c’est la méthode Sarko ! » poursuit-elle. « Un vrai combat de coqs » d’après Camille. Le constat est clair pour toutes, la machine Sarkozy est bien de retour pour les présidentielles et rien n’a changé. « Il remet en cause l’égalité, réactive la peur de l’autre, le repli sur soi : il appuie sur des leviers qui me font peur » lance Isabelle rappelant du coude à Sophie l’époque où elles militaient pour le Pacs. Cette dernière se demande comment on peut « être contre un droit donné à quelqu’un ? Ne pas être d’accord je peux comprendre mais s’y opposer ! » Notre trio s’entend sur le fait que tout relève de la stature politique, «  ce ne serait pas nouveau d’aller contre ses convictions politiques pour accéder au pouvoir » termine Sophie chantant « je n’ai pas changé ». Hilarité générale bis.

 

« La conquête de l’espace, plus personne n’en rêve »

Le filet d’espadon nous ramène à la réalité. Sujet suivant : la mission Rosetta. Camille s’exalte « ils ont foiré ! Comme dans Armageddon ! Sauf qu’il n’y avait pas de mecs sur place ! C’est génial ! » Quelques bidonnages plus tard Sophie reprend la main : « l’information primordiale pour moi c’est que c’est ENFIN une bonne nouvelle ! » Isabelle la rejoint : « l’exploit scientifique et les résultats sont grisants. Au-delà du fait que cela soit monté en partie par une équipe toulousaine. » Pourtant Sophie soulève le fait que la multiplicité de l’information nuit parfois à l’actualité : « il y a 20 ans, on aurait eu droit à un programme spécial à la TV, cette fois-ci c’est presque passé inaperçu au milieu de Nabilla et Fillon/Jouyet ! » Elle l’explique par le fait qu’on n’a plus « la culture de l’exploit et du résultat : la conquête de l’espace, plus personne n’en rêve ».

Isabelle : Mes enfants ont été passionnés par cette info !

Camille : Mon mari (ingénieur à la base ndlr) l’a suivi à la minute ! Et ma grand-mère m’a dit « tu te rends compte on pourra peut-être aller voyager là-bas! »

Le milliard et demi d’euros happé par cette mission trouve d’après nos invitées toute sa légitimité : « c’est une vraie filière qui fait travailler des millions de personnes » indique Isabelle. « Cela fait quand même partie des grands progrès de l’humanité » ajoute Sophie concédant qu’on n’explique peut-être pas assez aux gens ce que tout cela engendre. « On ne va plus dans le fond, il n’y a qu’à voir BFM c’est une aberration : une suite d’informations sans analyse aucune ! » Et Camille de mimer l’envoyée spéciale à l’antenne, toutes les 15 minutes, sans information supplémentaire à dévoiler, réduite à décrire les matériaux qui l’entourent pour meubler… Les agapes se terminent sur les pitreries de la comédienne, décidemment douée pour tourner n’importe quel sujet en dérision. Le prochain rendez-vous est pris dans l’agenda de chacune : c’est vendredi soir, au théâtre qu’Isabelle et Sophie se retrouveront pour voir Camille jouer sa pièce. Bonne semaine !

 

 

 

 

Mini-bios

 

Isabelle Hardy : Après avoir passé 6 ans dans la majorité municipale de Pierre Cohen, elle se trouve aujourd’hui toujours élue à la mairie de Toulouse… mais dans l’opposition. Elle est également au Conseil communautaire et depuis quelques mois, elle s’occupe de l’accompagnement d’entreprises et de la diffusion technologique à Midi-Pyrénées Innovation.

 

Camille Bouilhou : Femme et fille d’anciens internationaux de rugby, cette jeune comédienne vient d’écrire son premier one-woman-show, baptisé « Femme de joueur ». Pendant 1h30, elle incarne plusieurs personnages et raconte son univers le temps d’un match. Elle se produit tous les vendredis à 18h, au Théâtre des 3T.

 

Sophie Iborra : Directrice de l’agence de communication toulousaine Comlaboite (CLB) depuis 11 ans, cette professionnelle de la com’ est également en charge de « Futurapolis », le forum des innovations, organisé chaque année dans la ville rose. Défenseuse de l’égalité professionnelle, elle a créé son propre Club entreprise dont la parité r

 

 

La rédactionhttps://www.lejournaltoulousain.fr
Le Journal toulousain est un média de solutions hebdomadaire régional, édité par la Scop News Medias 3.1 qui, à travers un dossier, développe les actualités et initiatives dans la région toulousaine. Il est le premier hebdomadaire à s'être lancé dans le journalisme de solutions en mars 2017.

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