lundi 29 novembre 2021

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Actualités Utopia : la stratégie d’un réseau

[Coulisses] Utopia : la stratégie d’un réseau

Indépendance. L’Utopia Toulouse devient L’American Cosmograph depuis sa cession aux deux nouveaux co-gérants, Jérémy Breta et Annie Mahot qui étaient jusque-là salariés du cinéma. Une stratégie de ‘‘passage de relai’’ aux équipes qui est appliquée sur l’ensemble du réseau Utopia.

 

Avignon, Bordeaux, Montpellier, Paris et aujourd’hui Toulouse. Les fondateurs de l’Utopia organisent petit à petit l’indépendance de leurs cinémas. « Cela faisait un moment que les deux patrons réfléchissaient à la transmission du cinéma toulousain, mais le fait de gérer les deux équipes entre celui-ci et celui de Tournefeuille était compliqué», explique le nouveau gérant Jérémy Breta de l’American Cosmograph. Les deux établissements ont donc fait scission avant de donner l’autonomie à l’équipe toulousaine. Mais la même logique devrait bientôt s’appliquer à l’Utopia de Tournefeuille. « On va y réfléchir », reconnait la fondatrice Anne-Marie Faucon, qui ne sait pas encore les conditions ni les délais de cette cession. « On s’adapte aux gens qui sont dans les structures, c’est ce qui est intéressant », poursuit-elle. Le format coopératif intéresse de plus en plus les fondateurs de L’Utopia. Les cinémas de Bordeaux et Montpellier sont aujourd’hui en SCOP. À Toulouse, Jérémy Breta et Annie Mahot ont fait le choix de la SARL, « car c’était le plus simple pour reprendre, mais on n’exclut pas l’idée de passer en SCOP plus tard », indique Jérémy Breta. Quelle que soit leur statut, Anne-Marie Faucon tient à ce tous les cinémas restent dans le réseau Utopia, « un réseau d’échange d’informations et de solidarité qui garde l’esprit et la philosophie Utopia », précise Anne-Marie Faucon. En effet, L’American Cosmograph (qui est l’ancien nom du cinéma lors de sa création en 1907) compte s’inscrire « dans la continuité du travail mené jusqu’à présent avec une programmation soignée », confirme Jérémy Breta. Pourquoi céder peu à peu à peu les Utopia aux équipes salariales ? « On s’est toujours fixé comme objectif de ne pas gérer plus de 3 cinémas en même temps, car au-delà on arrive plus à rester dans un fonctionnement horizontal. Et puis on se fait vieux, il faut passer la main ! » s’exclame la fondatrice. Pour autant, L’Utopia accompagne la création du futur cinéma de Borderouge, « dans lequel on a des parts » et envisage la création de nouvelles structures dans d’autres villes en France. Lille semble être dans le collimateur des fondateurs, mais rien n’est acté.

Quelle suite pour L’American Cosmosgraph ?

L’ancien Utopia Toulouse a été mis en péril financièrement par l’annonce du triplement du loyer en septembre dernier. Une procédure est en cours à ce sujet : « On espérait trouver un accord avec le propriétaire mais on va devoir passer devant le juge », regrette Jérémy Breta. « Entre le prêt de 1 million 200 000 euros pour la reprise, et la perte de l’appui financier du réseau Utopia, la structure est fragile. » Mais le projet reste viable, « pour preuve, les banques nous ont suivis » rassure-t-il. En revanche, si le nouveau loyer est acté par la justice, L’American Cosmograph pourrait rapidement (re)devenir un souvenir.

 

Face aux multiples crises, comment retrouver la sérénité ?

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