mercredi 25 novembre 2020
Actualités Guerre des syndicats à la mairie

[Coulisses] Guerre des syndicats à la mairie

Réplique. La semaine dernière, FO adressait une lettre ouverte au maire via notre hebdo ; des propos qui ont hérissé les poils d’un autre syndicat, l’UNSA. Une guerre des nerfs sous fond d’élections professionnelles à venir… Rien ne va plus !

 

L’ambiance est pour le moins électrique entre syndicats du côté de la mairie. Et pour cause… Les causes de litiges sont désormais multiples, avec en ligne de mire les élections professionnelles du 4 décembre prochain. Il y a, avant tout, le malaise qui règne du côté de l’Office  de la tranquillité. Le moral des agents de ce service est au plus mal depuis des mois (avec une collection d’arrêts maladie), sans qu’aucune alerte n’ait été entendue selon plusieurs sources syndicales. Le pire est d’ailleurs arrivé le 16 octobre dernier, avec la tentative de suicide (révélée sur le site web du JT) d’un agent d’un Office de la tranquillité en pleine restructuration. Dans un premier temps, beaucoup ont mis cela sur le seul mal-être de cette représentante syndicale, mais en creusant, la réalité semble bien plus cruelle. En effet, il semble que Monique Loriente (telle est l’identité de cet agent) ait craqué suite à des pressions venues et de son syndicat, et de sa direction. En effet, quelques semaines avant sa tentative de suicide, elle avait contesté les agissements de son propre syndicat dans un document que nous nous sommes procurés et qui titrait ainsi de manière provocatrice : « Il FO le dire… ». Dans cet écrit, Monique Loriente attaque notamment clairement Pascal Maynaud, secrétaire général adjoint FO Mairie, qui ne l’aurait pas soutenue dans des moments difficiles en interne : « Le mercredi soir, j’ai subi une violente agression verbale de la part du superviseur (…) Je t’ai appelé Pascal, sachant qu’il est ton ami et encarté à FO (…) Je t’ai demandé de l’appeler pour le calmer (…) Tu ne l’as pas fait (…) Aucun appel de votre part, aucun soutien, rien de rien (…) » Ambiance, non ? Cet agent a également subi des pressions venues de sa hiérarchie. Le 17 avril dernier, elle recevait un mail envoyé par son nouveau directeur de service, dont nous avons la copie. Un courriel agressif qui l’attaquait précisément sur le terrain syndical : « Qui exactement t’as élu pour nous représenter ? (…) Qu’est-ce qui permet de siéger en CTP (comité technique paritaire, ndlr) quand l’Office de la tranquillité est à l’ordre du jour ? » Un remue-ménage qui ulcère du côté de l’UNSA : « J’ai lu dans vos colonne la lettre de Pascal Maynaud à Jean-Luc Moudenc… C’est un tissu de mensonges ! » assène Stéphane Piquemal, élu UNSA et trésorier du COSAT (le Comité des œuvres sociales de la mairie, ndlr). « Je ne sors pas souvent du bois, ma nature est plutôt discrète, mais trop, c’est trop ! FO fait comme si tout allait bien, or ils n’ont jamais eu autant de divisions. La preuve : certains des leurs ont même déposé un recours au Tribunal administratif pour faire annuler le vote de leur dernière AG », ajoute sévèrement ce syndicaliste. En coulisses, et selon nos informations, les récupérations politiques sont déjà en cours. Pierre Cohen aurait pris des contacts avec des représentants syndicaux dont Monique Loriente.

1 COMMENTAIRE

  1. Je ne sais pas s’il faut parler de “récupération politique” pour Cohen ou pour d’autres politiques. Cela dépend de comment sont utilisés ces contacts : pour jouer son rôle d’élu avec une certaine honnêteté ou pour un jeu politicien qui se moque bien des agents.
    Au delà, des différences de choix politiques (ici le rôle de l’office de la tranquillité), la mise en oeuvre des politiques, et notamment comment est conduit le changement dans les services, est en effet un sujet trop souvent négligé par les politiques et il est donc normal que cela soit un sujet de débat.

    Et forcément, c’est aussi un sujet de débat de la campagne des élections professionnelles du 4 décembre et il existe des approches différentes de l’action syndicale.

    Comme d’habitude, certains syndicats essaient de récrire l’histoire et se posent en “grands défenseurs” des agents pour faire oublier leurs pratiques réelles.
    La “lettre ouverte”de FO en est un exemple alors qu’ils ont voté “pour” la réorganisation en question, comme de coutume.
    Mais on pourrait parler aussi de l’UNSA qui gère le COSAT avec FO et semble avoir une certaine proximité avec la nouvelle équipe dirigeante. Ceci n’est d’ailleurs pas sans créer certains remous en interne car certains responsables syndicaux auraient récemment connu de nouvelles promotions, ce qui aurait fortement ému leurs adhérents jusqu’à demander une démission de leur secrétaire générale.

    Dans l’action syndicale, comme dans tout engagement, l’important est la cohérence entre les discours et les actes.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Articles en rapport