[Coulisses] Classement des lycées, quelle légitimité ?

SYL jtoul-16-04-07-RVBTriche. Comme pour l’immobilier, chaque année une partie de la presse publie son classement des lycées. Et quels que soient les critères retenus, le taux de réussite au Bac restant l’indice majeur, le constat est le même d’année en année : en retrouve en première place les établissements privés, mais pas que…

Le Caousou, Emilie de Rodat et Saint-Joseph sont les trois lycées qui forment le podium selon le classement du Point pour la Haute-Garonne. Pourtant à Toulouse, malgré le fait qu’ils soient soumis à la carte scolaire et qu’ils ne peuvent dont pas sélectionner à l’entrée les élèves selon leur niveau, les lycées publics stars du centre-ville comme Ozenne et surtout Fermat affichent de tout aussi bons résultats et arrivent juste derrière en quatrième et sixième positions. Une réussite pas seulement due au bassin de population concerné par les deux établissements selon Abdallah Amghar, responsable de la CGT Éducation pour la Haute-Garonne. «  Sans contester l’excellent travail réalisé dans ces lycées, c’est un secret de polichinelle qu’il a toujours existé des moyens de contourner la carte scolaire. Il n’y a qu’à voir le nombre de voitures devant Fermat le matin, certains viennent même de Villefranche-de-Lauragais », explique le syndicaliste. La location d’adresses ou de boîtes aux lettres ainsi que la passion soudaine pour une langue rare enseignée à Fermat ou Ozenne sont en effet des pratiques qui existent même s’il est difficile de les quantifier. Une chose est sûre, des parents sont prêts à beaucoup de sacrifices pour la réussite scolaire de leurs enfants, comme en témoigne un agent immobilier de l’Agence du Taur : « La présence de Fermat a un impact énorme sur notre activité, c’est d’ailleurs un critère que nous mettons en avant dans les annonces ».

Pour Christiane Garrigues, proviseure du lycée Ozenne, si les astuces pour contourner la sectorisation existent, elles ne changent pas la physionomie de l’établissement : « C’est un phénomène à la marge : nous avons une classe de japonais, mais cela ne représente qu’une trentaine d’élèves ». Selon la chef d’établissement, il existe même une plus grande mixité depuis la nouvelle carte scolaire entrée en vigueur en 2013. Du côté de l’APIC, association de parents d’élève de Fermat, on espère justement que cette réforme ne va pas faire baisser les résultats. « On a perdu Les Carmes, Jolimont et Balma. On verra bien le résultat, mais selon moi le succès de Fermat est d’abord dû à la tradition d’excellence et au niveau d’exigence qui y règne », affirme Catherine Juston Coumat, sa présidente. En tout cas, l’académie préfère minimiser l’importance de ces classements : « ils ne reflètent pas la réalité du travail. Nous préférons miser sur des indices comme la valeur ajoutée, qui est la différence entre ce que l’on attend d’un établissement selon ses filières et sa zone géographique et les résultats constatés ». Cette valeur ajoutée est ainsi rarement mentionnée dans les classements publiés par la presse qui préfère miser sur des critères qui ne « font que favoriser la concurrence et donc les inégalités », selon Abdallah Amghar.

 

 

 

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