[Coulisses] AZF : chronique d’une cérémonie désunie

COULISSES Axel Letellier Architecture
Image : Axel Letellier Architecture

Divergences. A l’aube du treizième anniversaire de la catastrophe, les associations s’opposent encore.

 

21 septembre 2001. Un souffle qui hante encore la ville rose. Un choc ancré dans les mémoires. Mais aussi un traumatisme vécu de manière différente par les sinistrés. Aujourd’hui, l’amertume liée à la gestion du drame n’a pas disparu. Et pour preuve, une commémoration qui s’organise en pointillé tous les ans. A chaque association, son lieu de mémoire et son heure de rendez-vous. Cette année ne fera pas entorse à la règle, comme l’évoque Jean-François Grelier, président de l’association des sinistrés du 21 septembre : « Bien sûr on ne va pas pleurer avec les responsables de notre malheur », explique-t-il, « sur le site il y aura Total et toutes les autorités qui ont donné les autorisations pour agrandir, faire de nouveaux équipements, exploiter le site sans jamais le mettre aux normes. Tout ce beau monde se rassemble en ordre protocolaire pour commémorer leur responsabilité et pour qu’on l’oublie. Mais nous on préfère se souvenir. » L’association n’en démord pas et continue de mobiliser les troupes. Flyers et autres affiches ont d’ailleurs été distribués pour sensibiliser à ce nouvel anniversaire célébré comme chaque année au rond-point du 21 septembre : « cette année nous serons plus nombreux, nous attendons environ 200 personnes ». Une contre-cérémonie en rébellion à celles qui ont lieu chaque année sur l’ancien site AZF.

« La nouvelle municipalité a tenté de réussir là où la précédente avait échoué »

Car comme l’explique Jacques Mignard, président de Mémoire et solidarité : « Depuis 2002 nous avons toujours maintenu la même cérémonie sur le site, devant la stèle. » Mais à 10h. Quand la cérémonie officielle prévue par la mairie est à 10h17 (heure théorique de l’explosion en 2001). « Pendant plusieurs année, tout le monde nous a boycotté, les élus, les riverains… » poursuit Jacques Mignard, « le 10e anniversaire a été celui du rapprochement : certains élus nous ont rejoints, maintenant cela semble bien installé et on continuera aussi longtemps qu’on sera là. » Côté association « familles endeuillées », on participe aussi à cette double commémoration sur le site. « Cette année », ajoute Jacques Mignard, « la nouvelle municipalité nous a sollicité autour de nombreuses réunions pour tenter de réussir là où la précédente avait échoué ». A savoir, faire naître une commémoration unifiée. Peine perdue. Le prochain 21 septembre, au-delà du recueillement, sera aussi l’occasion d’une nouvelle étape dans le deuil qui fait suite à la catastrophe : l’inauguration du mémorial. Tout un symbole, qui ne fait pourtant pas l’unanimité.

 

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