vendredi 4 décembre 2020
Actualités Contrat de sécurité intégrée à Toulouse : quel impact sur la métropole ?

Contrat de sécurité intégrée à Toulouse : quel impact sur la métropole ?

Lors du conseil de la métropole de ce jeudi 15 octobre, l’ensemble des groupes d’opposition se sont émus de l’impact éventuel du Contrat de sécurité intégrée signé, ce vendredi 9, par Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse et président de la métropole. Répartition des effectifs et redécoupage des zones de compétence de la Police, l’opposition s’inquiète du risque de concentrer les moyens sur Toulouse au détriment des petites communes voisines.

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Contrat de sécurité intégrée à Toulouse : quel impact sur la police dans la métropole ? © Rama

Ce vendredi 9 octobre, une délégation de ministres, conduite par le Premier ministre Jean Castex, s’est rendue à Toulouse pour signer le premier Contrat de sécurité intégrée (CSI). À cette occasion, le chef du gouvernement a évoqué l’éventualité d’un élargissement de la zone de compétence de la police au territoire de la métropole, dont certaines communes sont en ‘’zone gendarmerie’’. Un commentaire qui, sans surprise, a alimenté les propos liminaires du conseil de la métropole qui s’est tenu ce jeudi 15 octobre.

Concertation et garanties de service

Conscient de l’effet que produirait cette réflexion, Jean-Luc Moudenc a immédiatement tenté de déminer la situation en clarifiant, sans attendre d’y être invité, sa position sur le sujet. « Cette proposition ne figure pas dans cette convention signée avec l’État qui n’engage que la ville de Toulouse », a-t-il rassuré avant d’ouvrir la porte au débat. « Poser la question de la délinquance au niveau de la métropole est tout à fait pertinent, car cette dernière ne connaît pas les frontières administratives. »
N’excluant pas une réflexion sur le sujet au sein du conseil de la métropole, Jean-Luc Moudenc a promis « d’examiner le dossier de manière la plus transparente et collective possible ». Notamment en conditionnant la mise en œuvre de cette évolution au consentement des maires concernés et à des garanties sur « le maintien et le progrès de la qualité des réponses données sur les questions de sécurité ». En effet, la plupart des présidents de groupes ont manifesté leur crainte de voir un tel accord préfigurer une politique de lutte contre la délinquance à deux vitesses au sein de la métropole.

Un déploiement plus équitable des effectifs de police

En premier lieu parce que le Contrat de sécurité intégré ne prévoit le déploiement d’effectifs en renfort que sur le périmètre municipal de la Ville rose. « Tous les efforts ne doivent pas être concentrés sur Toulouse au risque de laisser les autres communes sans moyens supplémentaires, c’est aussi cela la solidarité métropolitaine », martèle Karine Traval-Michelet, la présidente du groupe Métropole solidaire, écologique et démocratique.

Une situation dont s’est également ému Joseph Carles, le maire de Blagnac, qui rappelle que « Toulouse n’est pas la seule ville concernée par la délinquance ». Celui-ci a notamment évoqué le récent règlement de compte qui a eu lieu dans sa commune, avant de demander, au nom du groupe des indépendants, qu’un avenant soit proposé au CSI afin que les municipalités en zone police puissent naturellement être intégrées ce partenariat avec l’État. Sans attendre un possible redécoupage des compétences territoriales avec la gendarmerie.

Le spectre d’une dégradation du service

Et c’est justement la remise en cause du périmètre de compétence de la gendarmerie dans certaines communes de la métropole, qui inquiète les principaux groupes d’opposition. « Les gendarmes ont plus qu’un rôle de protection. Ils assurent également un lien social », rappelle ainsi François Piquemal, du groupe Alternative écologique sociale et démocratique. Celui-ci interpelle en suivant Jean-Luc Moudenc quant aux possibles contreparties concédées en échange de ce renfort des effectifs : « Les 111 policiers obtenus l’ont-ils été contre le redécoupage de la carte des compétences police-gendarmerie ? » questionne-t-il.
Une politique de l’ascenseur qui pourrait faire craindre, selon Isabelle Hardy, la présidente du groupe Métropole écologiste et citoyenne, de « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Comme ses collègues de l’opposition, celle-ci avertit qu’elle sera « très vigilante » sur le sujet.

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