À Toulouse, une conférence internationale se penche sur l’avenir du fleuve Amazone

Alors que les incendies qui ravagent la forêt amazonienne sont au cœur de l’actualité, Toulouse vient d’accueillir la conférence internationale “L’Amazone face aux changements climatiques et environnementaux”.

Le rendez-vous est tombé à point nommé. Du 2 au 6 septembre, le Museum de Toulouse a accueilli la conférence internationale sur “L’Amazone face aux changements climatiques et environnementaux”. Une centaine de chercheurs venus du monde entier ont fait le déplacement, se retrouvant malgré eux au cœur de l’actualité. «  C’est un pur hasard, la date était prévue depuis longtemps », confirme Jean-Michel Martinez, le directeur du Service d’observation d’Hydrologie du bassin amazonien (Hybam), dont le siège est basé à Toulouse depuis sa création, il y a 15 ans. En huit éditions, c’est la première fois que ce rassemblement biennal se tenait dans la Ville rose.

Alors que les incendies ravagent la forêt amazonienne, il s’agissait de se pencher sur le sort du fleuve la traversant, « qui représente 20 % des ressources en eau douce, non gelée de la planète ». Depuis le début du siècle, les données qui y sont recensées font état d’un assèchement progressif du bassin : « Les grandes crues se multiplient, tout comme les records d’étiage (le niveau le plus bas enregistré dans l’année, NDLR). L’Homme altère le cycle de l’eau, le fonctionnement d’un système qui était homogène depuis des milliers d’années », déplore le spécialiste.

L’amazone est le témoin du changement climatique

En effet, les observations de l’Hybam, qui regroupe des scientifiques de chacun des pays concernés — dont la France — révèlent une nette modification de la distribution des pluies dans la région. Un phénomène dont la cause principale est le réchauffement des océans : « Situé entre l’Atlantique et le Pacifique, l’Amazone est directement affecté par leurs variations. C’est une sentinelle, un témoin à grande échelle du dérèglement climatique », démontre ainsi Jean-Michel Martinez. Ce dernier insiste également sur l’augmentation inquiétante de la pollution, «  issue de l’extraction des matières premières, mais aussi des villes, dont les eaux, chargées en chlore ou en sel, sont relâchées dans le fleuve et iront ensuite se déverser dans l’océan ».

Cette conférence internationale de l’Hybam aura été l’occasion de réaffirmer la nécessité impérieuse de continuer à contrôler la quantité et la qualité des ressources en eau du cours le plus puissant du monde. Alors que l’office de surveillance des forêts brésilien a vu son budget amputé d’un tiers depuis l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro en janvier, et que ce dernier vient de licencier le directeur de l’Agence spatiale brésilienne qui fournit les données officielles de la déforestation, « on est en train de casser le thermomètre pour ne pas dire que le malade a de la fièvre », estime Jean-Michel Martinez. «  Le suivi que nous réalisons est un outil indispensable pour prendre les mesures environnementales appropriées », ajoute-t-il, en s’étonnant enfin quei peu de moyens financiers soient affectés pour cette région grande comme l’Europe.

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