À Toulouse, les travailleurs sociaux dénoncent une casse de l’action sociale

Les travailleurs sociaux toulousains interpellent les pouvoirs publics pour les alerter sur les difficultés qu’ils rencontrent à assurer leur mission et la précarité grandissante des plus fragiles qui en découle. À l’appel du Groupement pour la défense du travail social (GPS), ils ont mené une journée d’action ce jeudi 7 novembre, qui s’est soldée par la réquisition de locaux pour la Boutique Solidarité.

À Toulouse, les travailleurs sociaux dénoncent une casse de l’action sociale

Depuis 12h30 ce jeudi 7 novembre, les membres du Groupement pour la défense du travail social (GPS), ainsi que les collectifs et les associations évoluant dans le secteur de la solidarité se mobilisent pour défendre les droits des plus démunis. « Les conditions d’exercice de leur profession sont de plus en plus difficiles pour les travailleurs sociaux. Ils ne parviennent plus à assurer leur mission de protection des plus faibles. Et par ricochet, la situation des bénéficiaires se dégrade dangereusement », résume Thibault Poussineau, membre du GPS.
Réuni devant le Conseil départemental, le collectif a d’abord amené son soutien aux agents des Maisons des solidarités qui protestent depuis un mois contre leurs conditions de travail. Pour ensuite se diriger vers le square Charles de Gaulle où ils ont mené une opération de sensibilisation et d’information auprès du grand public. L’objectif étant d’interpeller les pouvoirs publics.

Appel à la mobilisation des pouvoirs publics

D’abord la mairie de Toulouse, « qui mène une politique agressive à l’encontre des personnes en grande précarité ». « Arrêté anti-bivouac ou anti-prostitution, réaménagement des quartiers populaires comme celui de la gare ou de Saint-Cyprien pour en repousser les plus démunis, la municipalité a une réelle volonté d’invisibilisation de la précarité », constate Thibault Poussineau.

Mais aussi la préfecture. Pour le GPS, celle-ci doit assurer un nombre de places d’hébergement suffisant pour accueillir tous ceux qui en ont besoin. Et ce, même hors période de grand froid. « Il n’est pas normal que les agents du 115 ne puissent répondre qu’à 6 % des appels de détresse. Et qu’ils doivent y opposer plus de 60 000 refus par an », poursuit le collectif. Sans compter les différences de traitement des sans-papiers qui leur sont imposées selon les associations.

Enfin, le Conseil départemental, pour demander une augmentation des moyens alloués aux travailleurs sociaux. « Il ne leur est plus possible aujourd’hui d’assurer la sécurité des bénéficiaires ni la leur. Alors, mener à bien leur mission de protection des personnes déjà exclues… » se lamente Thibault Poussineau qui suit lui-même une formation d’éducateur spécialisé.

Sans réaction, réquisition

L’urgence est donc réelle pour les professionnels de l’action sociale qui estiment la situation critique et espèrent une prise de conscience de cette réalité par les collectivités locales compétentes et les services de l’État. Mais certains ont décidé de ne plus attendre une réaction qui tarde à venir : les salariés de la Boutique Solidarité, accueil de jour de l’association Arpade qui lutte contre les addictions et la précarité sociale, annoncent la réquisition d’un local vide répondant à leurs besoins. Contraints de fermer définitivement leur précédente adresse le 20 juillet dernier pour cause d’insécurité du personnel et des bénéficiaires et d’inadaptabilité du bâtiment, ils attendaient depuis un relogement de la préfecture… qui n’est toujours pas acté. « Parce que nécessité fait loi ! »

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