samedi 31 juillet 2021

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Actualités Toulouse-Castres : dernière ligne droite ?

[100% invetigation] Toulouse-Castres : dernière ligne droite ?


Faux-fuyants. A peine 80 km. 30 ans de tergiversations. Le petit morceau de bitume qui doit relier Castres à Toulouse déchire les partis politiques et reste un exemple de belles promesses non tenues. Pourquoi ce projet a-t-il créé le statu quo ?

Le débat a commencé dans les années 70. Aujourd’hui, si la portion d’autoroute semble avoir de beaux  jours devant elle, sous le (futur) bitume, les velléités se font toujours sentir. Dernier rebond en date, le ministre de l’Intérieur annonçait il y a quelques jours une enquête publique pour début 2016. Officiellement on voit là, la fin d’un travail de longue haleine qui aura permis de statuer sur le tracé, les échangeurs et autres détails primordiaux. Le plan de bataille est officiellement arrêté et le calendrier presque clair… A la Dreal on revient d’ailleurs fièrement sur la genèse du projet : « De nombreuses étapes ont été nécessaires pour alimenter ce dossier jusqu’à la décision de trancher pour une autoroute en concession », explique Christian Godillon, chef du service transports, infrastructures et déplacements à la Dreal Midi-Pyrénées. Le bout du tunnel donc ? Rien n’est moins sûr. Car si on annonce une mise en service pour 2022, le sujet fait toujours gronder une partie du bassin Castres-Mazamet qui réclame une écoute attentive « d’alternatives qui n’ont Wpas du tout été envisagées ». C’est un peu ce qu’explique Joël Bouche, maire de la commune de Saint-Pierre et porte-parole d’un collectifs de 14 maires opposés au projet : « aujourd’hui quelle entreprise investirait dans quelque chose qui n’est pas rentable ? C’est ce qu’on est en train de faire… Je me mets à la place des élus du Tarn qu’on a trimbalé pendant 30 ans en leur faisant croire qu’on allait leur faire une voie rapide, les contrats de plan Etat-région n’ont jamais été respectés et le projet sans cesse repoussé. Finalement l’Etat a tranché à la va-vite car il n’a plus l’argent pour payer… » Une solution que beaucoup acceptent comme celle de la dernière chance : « C’est ça ou rien sinon dans trente ans on n’aura pas avancé » confirme Jacques Thouroude Président de l’Union des élus de la droite et du centre au Conseil régional de Midi-Pyrénées, défenseur de la première heure du tronçon d’autoroute de la discorde. Il ne mâche plus ses mots à ce sujet et lance : « Aujourd’hui je ne crois que ce que je vois, on nous fait des promesses depuis tellement longtemps… » Pour Joel Bouche, ce n’est clairement pas un axe vital, il n’intéresse personne : « Quand nous avons été reçus au ministère le directeur de cabinet ne savait même pas positionner le trajet Castres-Verfeil, ce dossier n’a jamais été prioritaire. »

 « Ce dossier n’a jamais été prioritaire »

La solution d’une autoroute en concession, considérée comme « une fausse réponse » par le collectif de maires met en lumière que la rentabilité d’une autoroute est atteinte avec 14 000 voitures/jours, « sur ce tronçon arrivera péniblement à 8500véhicules/jour si tout le monde l’emprunte… » L’équation devient plus complexe : « On doit faire une subvention d’équilibre et on demande au contribuable de payer le péage. Le résultat de la privatisation des autoroutes a fermé le robinet qui permettait de financer les infrastructures, voilà où  nous en sommes rendus, on paye deux fois ! » poursuit Joël Bouche. Une solution qui aurait été tranchée à la va-vite pour donner satisfaction avec les moyens du bord. Joël Bouche insiste : « les solutions alternatives existent pour améliorer le trafic entre les zones et sans privatiser ! Mais le débat public qui a eu lieu a été tronqué car la question était : autoroute concédée ou publique ? Ce qui faisait de toutes les autres alternatives des hors-sujets constamment retoqués. » L’alternative en question ? Un aménagement de la RN126 existante… Aujourd’hui le collectif de maires craint un « futur Sivens » et compte bien « utiliser tous les moyens légaux pour faire opposition à ce projet : nous incitons les gens à se mobiliser, on espère avoir une grosse participation à l’enquête publique pour utiliser les moyens légaux de contrer cette réalisation… » Pas sûr que les signaux soient verts.

 

En chiffre

-Coût du projet : 420 millions d’euros (90 millions à la charge de l’Etat, 90 millions à la charge des collectivités locales le reste étant à la charge du concessionnaire). Le prix du péage sur le tronçon Toulouse-Castres devrait être de 7euros.

 

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