Marion Achache, une médecin généraliste en première ligne

Forcément à l’œuvre malgré le confinement, les médecins généralistes voient pourtant leur activité nettement ralentie. À l’image de Marion Achache, qui assure en temps normal des remplacements à Toulouse, nombre d’entre eux se sont portés volontaires pour participer à la lutte contre l’épidémie dans les centres de soins Covid-19.

Marion Achache

Alors que pour de nombreux soignants, le déclenchement de l’épidémie de Covid 19 en France a sonné le début d’un long combat, paradoxalement, d’autres ont vu leur activité nettement ralentir au même moment. C’est notamment ce qui est arrivé à Marion Achache, médecin généraliste qui assure des remplacements à Toulouse depuis plusieurs années. « La plupart des docteurs que je devais remplacer à cette période ont annulé leurs congés, je me suis retrouvée avec beaucoup moins de travail que d’habitude », résume celle qui est originaire de l’Aveyron.

La mobilisation des médecins de ville

Une situation qui n’a toutefois pas duré longtemps. Comme beaucoup de confrères et de consœurs, la jeune femme a alors cherché le moyen de se rendre utile dans cette période si particulière. Via des groupes de médecins sur les réseaux sociaux, elle voit passer un message posté par Baptiste Beaulieu, le médiatique et engagé docteur toulousain, relayant un appel aux bonnes volontés pour assurer des consultations dans l’un des 15 centres de soins Covid-19 qui ont ouvert le lundi 23 mars dans la ville rose. Un dispositif initié par l’Ordre des médecins de Haute-Garonne destiné à prendre en charge les patients présentant les symptômes du coronavirus et éviter qu’ils ne soient en contact avec des non-contaminés. L’idée : intégrer les médecins libéraux à la lutte contre l’épidémie pour éviter la saturation des hôpitaux.

Organisation efficace

« Je me suis immédiatement proposée et je suis loin d’avoir été la seule. L’ordre des médecins a été submergé de réponses. Un agenda a alors été mis en place sur la base de demi-journées », raconte Marion Achache qui s’inscrit pour le centre installé à l’Espace Saint-Cyprien sur les allées Charles-de-Fitte. La médecin découvre une organisation simple mais efficace : une salle de consultation précédée d’une salle d’attente avec des chaises espacées. Et à l’entrée, une personne s’occupant de la sécurité. « Au début, nous avons un peu tâtonné, il a fallu par exemple demander un ordinateur que nous avons obtenu, mais tout était prévu pour doubler les consultations et même faire appel à des infirmières pour prendre les constantes si nécessaires. Ce qui n’a pas été le cas », raconte-t-elle.

L’utilité malgré l’absence de tests

Les premières semaines, 10 à 15 personnes par jour se sont rendues dans le centre de Saint-Cyprien. Un rythme, plutôt calme, qui s’est encore ralenti depuis. « Au début, les gens pensaient que nous faisions des tests, mais globalement, nous n’avons pas connu de grosses vagues ». Habituée à gérer l’incertitude inhérente à la médecine, Marion Achache s’est adaptée sans rechigner à l’impossibilité de diagnostiquer les cas de Covid-19 : « certains ne sauront jamais s’ils ont été contaminés ou non. Mais nous avons mis en place un système de suivi et même si le virus peut prendre des formes très différentes – digestives, cutanées ou respiratoires – les critères de gravité sont tout de même bien identifiés ».

Les cabinets désertés

Depuis quelques jours, Marion Achache est revenue en Aveyron où elle assure un remplacement dans un cabinet qui fait également office de centre Covid-19 à Millau, le dispositif ayant été étendu à l’ensemble de la Région. « Ici aussi, tout est très bien organisé avec tout le matériel de protection qu’il faut et la possibilité de séparer les patients présentant les symptômes du Coronavirus. Mais l’activité est tout aussi calme. Depuis que j’ai commencé a pratiquer, je n’ai jamais vu aussi peu de monde dans un cabinet. Les gens ne vont plus chez les médecins et c’est assez inquiétant », témoigne-t-elle. En Occitanie, l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) observe une diminution de 70 % des consultations chez les généralistes et de 90% pour les spécialistes.

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