[Politique] Vincetella de Comarmond : « La culture est un vecteur du vivre ensemble »

XXL Vincetella de Comarmond

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Questionnements. Ancienne adjointe de Pierre Cohen en charge de la culture, Vincetella de Comarmond s’interroge sur les choix de la municipalité actuelle dans ce domaine. Elle revient également sur la dernière polémique en date, concernant la fête de la musique : la goutte d’eau qui fait déborder le Cap ?

 

Jean-Luc Moudenc a décidé d’instaurer un système d’accréditation pour assister au concert de la fête de la musique, ce qui a provoqué une petite polémique. Comprenez l’argument sécuritaire avancé, en plein état d’urgence ?

Cette décision m’interroge, car elle va à l’encontre de l’esprit de la fête de la musique, qui est un évènement ouvert à tous et convivial. La municipalité invoque des raisons de sécurité. Pourquoi la question ne s’est pas posée pour le Carnaval où 80 000 personnes ont défilé dans les rues de Toulouse ? On peut également se demander ce qui va se passer sur la Fan zone de l’Euro 2016…

D’autant que la place du Capitole a souvent été utilisée pour des évènements d’envergure, comme le meeting de François Hollande en 2012, il est possible d’en fermer les accès. Et la fête de la musique, ce n’est pas seulement ce grand concert, quel système de sécurité peut être mis en place dans le reste de la ville ? Tout cela montre bien que ce n’est pas l’état d’urgence qui motive cette décision. Quant au choix du programme musical, je me pose également des questions…

 

Cette fête de la musique, dont le concert principal est retransmis sur France 2, est une édition un peu spéciale pour Toulouse. Cela peut-il justifier une programmation plus ‘‘grand public’’ à vos yeux ?

Le choix des artistes pour cette émission, qui sont des têtes d’affiche nationales, ne contribue pas à une politique culturelle qui mettrait en avant les talents locaux émergents et confirmés. Nous avions mis en place un comité d’organisation pour travailler avec l’ensemble des acteurs locaux sur cet évènement. Il a été mis à mal dès 2014, et n’existe plus aujourd’hui. La fête de la musique, c’est avant tout la fête des amateurs.

 

« Je voudrais savoir sur quels critères sont décidées les subventions de la municipalité »

 

Dans le milieu culturel, on entend souvent que la culture est « une variable d’ajustement » budgétaire de la mairie, pourtant ce budget correspond au deuxième plus important de la ville, après l’éducation. Comment expliquer cela ?

Le budget culturel a toujours été très important à Toulouse. Tout est une question de choix. De conseils municipaux, en conseils municipaux, on constate des baisses de subvention dans certains secteurs. Le musée des Abattoirs par exemple, subit une baisse de 10% de sa subvention, ce qui affecte directement le budget artistique. Le festival WOPS s’arrête par manque de financement public. Pourquoi ce choix ?  D’autres sont épargnés, voire bénéficient d’augmentation, je voudrais savoir sur quels critères sont décidées les aides de la municipalité. Ils ne sont pas clairs, ce qui peut laisser soupçonner des risques de clientélisme. En temps de crise, la culture est un vecteur de cohésion sociale et de vivre ensemble. Ce n’est pas la politique de tout ce qui brille. Ce budget ne devrait pas être touché.

 

À côté de cela, de grands projets sont maintenus ou en cours d’études, comme le Quai des savoirs, la piste des géants, l’auditorium dans l’ex prison Saint-Michel…

Le Quai des Savoirs était quasiment livré lorsque la nouvelle majorité est arrivée. La Piste des géants devait être abandonnée, comme le mentionnait le programme de Jean-Luc Moudenc en 2014. Finalement, le projet est poursuivi. Tant mieux ! Je regrette en revanche que la Cité de la danse ait été abandonnée, tout comme la Maison de l’image qui correspondait à un réel besoin dans le quartier Reynerie. Le coût de cet abandon a été important pour le contribuable toulousain. Nous en demanderons les détails à la majorité. Quant à l’auditorium enterré, nous avons déjà exprimé nos doutes. Laurent Bayle, le directeur de l’orchestre philharmonique de Paris, a lui-même déclaré qu’il ne croyait pas à ce projet. Les études vont se terminer cette année, je ne sais pas ce qu’elles vont donner, mais je suis sceptique. Les contraintes techniques sont importantes, et le coût du travail pour le personnel qui exerce en sous-sol n’est pas le même. Lors de notre mandature, nous avions pour projet de réaliser un auditorium dans le quartier de la gare. L’objectif était de multiplier les équipements culturels dans les différents quartiers de la ville, ils devaient accompagner notre projet urbain.

 

Lors du bilan des 2 ans de Jean-Luc Moudenc au Capitole, celui-ci a affirmé en conférence de presse que l’opposition la plus constructive était au final celle menée par le groupe EELV au Conseil municipal. Qu’avez-vous à répondre ?

Lors du dernier Conseil, Jean-Luc Moudenc a déclaré qu’il n’était pas contre la critique constructive. À plusieurs reprises, nous avons souhaité déposer des amendements sur des mesures prises. Mais il n’y répond jamais favorablement. Par exemple, une délibération portait la tarification de certaines structures culturelles qui sont passées sous la compétence de la métropole, comme le Muséum d’Histoire naturelle et le Théâtre du Capitole. La majorité a souhaité mettre en place une politique tarifaire avantageuse pour les Toulousains au détriment des habitants des autres communes de la métropole. Nous avons relevé que ces équipements, dès lors qu’ils dépendaient de la compétence métropolitaine, devaient être considérés comme un bien commun pour tous les habitants. Nous n’avons pas été entendus. En réalité, nous faisons des contre-propositions sur tous les sujets, que ce soit les transports, le budget, les taux d’imposition… Nous ne sommes pas uniquement dans la critique. En affirmant cela, Jean-Luc Moudenc adopte une posture, car au final on se rend compte que les différents groupes d’opposition se rejoignent sur les critiques émises.

 

CV express

Née le 10 décembre 1962

À Boulogne-Billancourt

Profession : Fonctionnaire, attachée au ministère de la Culture

Fonctions politiques : Conseillère municipale d’opposition dans le groupe socialiste et conseillère communautaire

Militante au PS depuis 1981

 

 

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