dimanche 29 novembre 2020
Politique TLT : la patate chaude…

TLT : la patate chaude…

Déclin. L’avenir de la chaîne locale Télé Toulouse est plus qu’incertain. Qui va sauver TLT ? La mairie a déjà renouvelé sa subvention tandis que le contrat d’objectifs et de moyens de la région prend fin le 30 juin…

L’épée de Damoclès plane au-dessus de TLT, qui passe devant le tribunal de commerce, le 6 mars prochain. Le maintien de la chaîne locale, sous perfusion des collectivités, représente un enjeu politique pour la mairie comme pour la région. « Personne ne veut provoquer la fin de TLT », souffle une source proche du conseil régional. Jean-Luc Moudenc, dans sa première année de mandat ne peut pas se permettre de couper les vivres de la chaîne locale et d’endosser la responsabilité de sa fermeture… D’autant que le contrat d’objectifs et de moyens de la région court toujours. Lancé en 2012, il représente 500.000€ par an sur trois ans. Le 30 juin, il faudra se prononcer sur sa reconduction. « En renouvelant la subvention municipale, le maire de Toulouse fait un appel du pied à la région », selon notre source. « L’ironie de l’histoire est que Jean-Luc Moudenc, lorsqu’il était dans l’opposition, était contre le COM de la région », poursuit-elle. La mairie de Toulouse, en pleine restriction budgétaire, a tout de même baissé le montant de son aide. La chaîne percevra 700.000 € par an en 2015 et 2016 et 300.000 € en 2017. Toulouse Métropole, qui finance également TLT, doit prochainement se prononcer sur sa subvention.

« Je ne vois pas Martin Malvy reconduire le COM »

De son côté, que va faire Martin Malvy ? En fin de mandat, à 6 mois des élections régionales, la décision va s’avérer complexe. Le président de région ne pourra certainement pas arrêter net la subvention régionale en pleine campagne, ni réengager  le conseil régional sur trois ans alors qu’on ne sait pas quelle sera la prochaine majorité. En outre, avec la fusion des régions, cela va poser la question du financement des autres chaînes locales du Languedoc-Roussillon… TLT pourrait donner des idées à ses homologues. Alors même que la région n’a pas la compétence de financer le secteur audiovisuel ! « Je ne vois pas Martin Malvy reconduire le COM, en revanche il va probablement faire voter une subvention annuelle, le temps de passer les élections sans être attaqué », analyse un observateur proche de la droite régionale. Un jeu de faux semblant est donc engagé pour donner l’impression de vouloir ‘‘sauver le soldat TLT’’, qui n’a pourtant aucun modèle économique viable à ce jour, sans argent public.  « TLT n’a pas su se renouveler ni prendre le virage d’internet, et le fait que le CSA choisisse un canal très éloigné prouve qu’il n’avait pas confiance en cette chaîne », selon notre source. Pourquoi Martin Malvy a-t-il mis le pied dans cet engrenage alors que la région ne peut pas, pour des raisons juridiques, faire partie du conseil d’administration de la chaîne (contrairement à la mairie) ? « Il est venu en aide à Pierre Cohen qui n’avait pas les moyens de faire perdurer la chaîne jusqu’aux élections, mais aujourd’hui personne ne connaît les intentions de Jean-Luc Moudenc par rapport à TLT », révèle une personne proche de la gauche régionale. Le changement de municipalité a quelque peu changé la donne. Martin Malvy a envoyé en novembre dernier une lettre au maire de Toulouse à ce sujet… Courrier resté sans réponse à ce jour.

 

 

 

 

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