Sébastien Vincini : « Je ne suis pas disposé à avaler toutes les couleuvres »

sébastien vincini @franck alix
Sébastien Vincini, premier secrétaire fédéral du PS 31 @franck alix

Actif. Le premier secrétaire fédéral du PS 31 monte au créneau contre la politique gouvernementale, suite à l’annonce du projet de loi El Khomri. Sébastien Vincini souhaite que la fédération passe à la vitesse supérieure, en vue des présidentielles et de l’alternance à Toulouse.

 

Vous avez exprimé votre opposition à la loi de travail portée par Myriam El Khomri, après vous être positionné contre la déchéance de nationalité. Le gouvernement va-t-il trop loin ?

Si je suis engagée en politique depuis 2000, ce n’est pas par opportunisme.  J’ai des convictions, des valeurs et je ne suis pas disposé à avaler toutes les couleuvres. Le premier épisode a été l’extension de la déchéance de nationalité. J’ai fait voter une proposition au conseil fédéral du PS 31 en faveur de l’indignité nationale qui aurait abouti à une déchéance de la citoyenneté. Une proposition qui a fait l’unanimité de la fédération. Sur la réforme du Code du travail, je vais consulter le conseil fédéral ce jeudi. Sans être pour l’immobilisme, il faut trouver un équilibre qui sécurise les parcours des salariés et supprimer tout ce qui relève d’inspirations ultra libérales : le déplafonnement des indemnités prud’homales, les décisions unilatérales de l’employeur sur les temps de travail notamment… N’amener que de la flexibilité, c’est un retour au XIXe siècle, au temps où les travailleurs n’étaient pas protégés. Mais je pense que ce texte ne passera pas en l’état.

La proposition contre la déchéance de nationalité a certes fait l’unanimité au conseil fédéral, pourtant les députés socialistes haut-garonnais ont voté majoritairement pour, à l’Assemblée nationale…

Les députés font partie du conseil fédéral. Certains sont allés au bout, d’autres ont subi des pressions. Mon objectif est de faire entrer le PS 31 dans une démarche plus active en termes de militantisme. Je souhaite que la fédération prenne régulièrement position, qu’elle puisse peser sur les décisions de notre parti au niveau national et contribuer à l’élaboration d’un projet pour 2017. Cela passera par l’organisation de conférences, de soirées débat, où les controverses ne seront pas éludées. Je refuse qu’on fasse l’impasse sur 2017. Il faut se mettre en mouvement, en s’appuyant sur nos élus locaux et notre base militante, afin de construire une vraie identité dans le sud de la gauche et du socialisme. Nous avons encore des forces vives, surtout en Haute-Garonne où la fédération est puissante, on ne va pas attendre de voir la défaite arriver.

Êtes-vous favorable à une primaire de la gauche pour 2017 ?

Une primaire n’a de sens que si elle permet de définir un candidat unique pour représenter l’ensemble de la gauche. Je suis favorable à cet exercice, mais je conçois qu’il faut prévoir un statut spécial au président de la République.

Le rassemblement de la gauche n’est-il pas un leurre entre la candidature déjà annoncée de Jean-Luc Mélenchon, la fracture chez les écologistes et le virage libéral du gouvernement ?

Jean-Luc Mélenchon se revendique un homme du peuple et veut se soustraire à ce processus… Le rassemblement est un long chemin, j’ai moi-même toujours travaillé à l’union des forces de gauche au niveau local. Mais si le gouvernement continue dans cette voie, cela engendrera une fracture durable dans la gauche militante.

« Je refuse qu’on fasse l’impasse sur 2017 »

Au département, des élus de la majorité ont subi des actes de vandalisme de leur domicile privé de la part d’agriculteurs en colère. Est-ce le signe que le dialogue est rompu avec le monde agricole en colère ?

Je condamne les actes de violence, quels qu’ils soient. Rien ne justifie de s’en prendre à des personnes nominativement dans leur chez-soi. Les personnes publiques ont droit à avoir un domicile privé sécurisé. D’autant que le conseil départemental n’a jamais rompu aucune discussion avec les agriculteurs. Le département à continuer à accompagner le milieu agricole avec notamment le déblocage d’une aide exceptionnelle pour la grippe aviaire. C’est un peu facile de s’en prendre aux élus locaux, sur un secteur d’activité ouvert à l’international, soumis à la financiarisation à outrance et à une loi du marché déloyale. Je comprends les éleveurs qui ne peuvent pas vivre de leur métier, c’est dramatique. Mais il n’y a qu’au niveau européen que l’on peut réguler les choses.

Le mois dernier, le conseil départemental a adopté son budget. Pour opposition, le maintien de la fiscalité sera impossible à tenir jusqu’à la fin du mandat au regard de l’augmentation des dépenses. Que répondez-vous à cela ?

Je ne sais pas lire dans le marc de café. L’opposition du département est essentiellement métropolitaine. Je comprends que ces élus soient frustrés par rapport à la forte augmentation votée à la ville de Toulouse et à Toulouse métropole. Nous avons travaillé sur ce budget afin de renégocier les contrats, de moderniser la gestion de la collectivité et notamment des dépenses de fonctionnement. Nous avons des marges de manœuvre grâce aux recettes qui continuent d’augmenter et aux deux fiscalités directes que sont le droit de mutation et la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée aux entreprises). Il n’y a pas une fatalité à augmenter les impôts ! Nous sommes arrivés à maintenir la fiscalité en 2016 et nous allons poursuivre notre travail pour y parvenir en 2017 et en 2018.

En tant que secrétaire fédéral du PS 31, vous avez contribué aux victoires de votre camp aux élections départementales et régionales. Quand allez-vous commencer à préparer la reconquête de Toulouse ?

On a remis en place l’organisation du comité de ville du PS toulousain. On a redynamisé l’action militante et la réflexion sur Toulouse. Tous les acteurs de paysage socialiste local sont autour de la table pour préparer la reconquête. Il y a un temps pour l’opposition, mais après 2017 nous serons dans le temps de la proposition. Puis en 2018, ce sera le moment de choisir notre leader. En attendant, les sujets d’insatisfactions s’empilent sur nos bureaux…

 

Né le 25 mars 1978

À Toulouse

Profession : Ingénieur environnemental

Militant au PS depuis 2000

Fonctions politiques : 1er secrétaire du PS 31, conseiller départemental, président du groupe socialiste au département

 

 

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