Sacha Briand : « Si on écoutait l’opposition, la ville atteindrait un déficit de 34 millions d’euros »

Sacha Briand, UMP
Sacha Briand, UMP

Monsieur Budget. À la mairie de Toulouse, comme à Toulouse métropole, Sacha Briand est en charge des Finances auprès de Jean-Luc Moudenc. Alors que le budget primitif de 2016 était à l’ordre du jour au dernier conseil municipal, vendredi 11 décembre, l’élu revient sur les enjeux du débat d’orientations budgétaires. Sans oublier, un petit mot sur les élections régionales auxquelles il était candidat… 

Vous étiez candidat aux élections régionales sur la liste de Dominique Reynié (LR), qui a réalisé 21 % des voix au second tour. Comment analysez-vous ce résultat ?

C’est évidemment une déception. Dominique Reynié avait une vision et un projet pour la Région. On était coincé entre deux formes de démagogie : celle du Front national qui a été poussée à son extrême, car Louis Aliot ne compte même pas siéger dans l’opposition, et celle du PS qui s’est présenté au second tour sans projet, sans accord programmatique. Le PS a fusionné dans l’entre-deux tours avec la liste de Gérard Onesta (EELV-FDG) alors qu’ils n’ont pas arrêté de se déchirer lors du précédent mandat.

Comment se profile l’opposition régionale avec un groupe FN plus important que celui de Dominique Reynié et les rumeurs de division au sein même de la droite ?

Le groupe FN est fort, mais sans leader. Je souhaite que nous soyons un groupe uni, car nous avons des effectifs limités. Après une défaite, il y a souvent des rumeurs, mais je ne peux pas croire à une division en deux groupes, car la seule voix possible pour la victoire est l’union. Au lendemain du second tour, personne ne peut se prévaloir, dans aucun département, d’un score assez fort pour remettre en cause la légitimité de Dominique Reynié.

À Toulouse, lors du dernier conseil municipal de vendredi, le budget primitif de 2016 était à l’ordre du jour. Quels en sont les enjeux ?

Pour la deuxième année consécutive, nous devons faire face à la baisse des dotations de l’État tout en maintenant la qualité de l’action municipale et notre capacité à investir. Par exemple, nous avons prévu de consacrer 35 millions d’euros pour la construction de groupements scolaires. La sécurité reste également un de nos engagements forts avec le développement de la vidéosurveillance et le doublement des effectifs de la police municipale.

La gauche dénonce la baisse du pouvoir d’achat des Toulousains, la hausse des tarifs municipaux et le nouveau coup porté aux associations qui devront désormais payer la location des salles municipales pour leurs événements. Que répondez-vous à cela ?

Je n’ai pas entendu une seule proposition de la part des différents groupes d’opposition. Que fallait-il faire d’autre ? Quand nous sommes arrivés en 2014, il n’y avait plus aucune réserve pour faire face aux baisses des dotations de l’État. En 2016, nous allons afficher une épargne de 21 millions d’euros grâce aux mesures que nous avons prises. Je précise par ailleurs qu’au niveau des tarifs municipaux comme pour le taux d’imposition, nous sommes dans la moyenne des autres grandes villes de France. La gauche conteste les économies de fonctionnement, la hausse de l’imposition, la hausse des tarifs… Si on n’avait pas fait tout cela, le déficit de la ville atteindrait 34 millions d’euros !

« Nous avons pris l’engagement de maintenir la fiscalité à ce niveau jusqu’à la fin du mandat et nous le tiendrons »

Il n’y a pas que l’opposition qui proteste, les agents municipaux des crèches, cantines et haltes-garderies étaient en grève la semaine dernière…

Je peux comprendre leurs inquiétudes. Mais objectivement, il faut rappeler que dans les crèches comme dans les haltes-garderies, nous ne sommes pas une seule fois en dessous du taux d’encadrement légal. Alors certains se plaignent que les personnes malades ne sont pas remplacées de suite, mais nous n’avons pas les moyens d’avoir une dizaine d’agents qui attendent que quelqu’un tombe malade. Cela demande un peu d’organisation et de contraintes si le remplacement prend un jour ou deux. Mais il n’y a jamais de longue attente de plusieurs mois.

Vous avez certifié qu’il n’y aurait pas de nouvelles hausses d’impôts, que ferez-vous si la situation budgétaire s’aggrave ?

Nous avons défini une stratégie budgétaire d’ici à 2020, qui demande un effort important aux Toulousains. Nous avons pris l’engagement de maintenir la fiscalité à ce niveau jusqu’à la fin du mandat et nous le tiendrons. Si la dotation générale de fonctionnement (DGF, attribuée par l’État, NDLR) doit encore baisser, nous ne ferons plus appel à la fiscalité, mais nous réaliserons des économies supplémentaires.

Dans ce contexte, comment envisagez-vous financièrement le projet de la 3e ligne de métro dont on doit connaitre le tracé cette semaine ?

Une fois que le fuseau sera arrêté, nous pourrons commencer à discuter avec les partenaires potentiels : le département et la région entre autres. Il s’agit notamment de relier la zone de Matabiau, et donc les lignes TER, à l’aéroport de Toulouse Blagnac, ce projet a sans aucun doute un enjeu régional. Tout le monde doit le soutenir. Quant à Labège, les élus du Sicoval sont inquiets et préfèrent soutenir le PLB (le prolongement de la ligne B jusqu’à Labège), car ils pensent que ce projet aboutira plus tôt. Mais c’est une position qui est tronquée, car la date fixée par le calendrier du PLB est erronée. Il faut que le Sicoval s’inscrive dans la stratégie du SMTC Tisséo. Nous devrons discuter pour voir s’ils sont prêts à soutenir la 3e ligne et dans quelles conditions.

 

CV express :

Né le 11 décembre 1969

À Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne)

Profession : Avocat

Fonctions politiques : Adjoint au maire de Toulouse et vice-président de Toulouse métropole en charge des Finances. Conseiller régional sortant, réélu dans l’opposition.

Militant aux Républicains (ex-UMP) depuis 1988

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