Robert Rochefort : « Le Modem est indispensable à la victoire »

00524 Robert ROCHEFORT

Chef de file du Modem aux élections régionales, Robert Rochefort finalise les discussions avec le candidat LR Dominique Reynié en vue d’une alliance électorale. Le Modem veut peser dans cette campagne et construire une alternative à la gauche régionale.

La campagne va véritablement commencer en septembre, où en sont les négociations avec vos partenaires éventuels ?

Nous poursuivons les discussions avec Dominique Reynié. Pour l’instant, l’accord n’est pas obtenu mais j’ai de bon espoir de le voir aboutir. Il n’y a rien de dramatique à cela, dans toutes les Régions de France la démarche du Modem est la même, et aucun accord n’est encore officiel.

Pourtant l’accord entre Patrick Mignola (Modem) et Laurent Wauquiez (LR) a fait grand bruit dans la Région Rhône-Alpes Auvergne…

Oui, il a fait couler beaucoup d’encre cet été. Cet accord a été balancé un peu en surprise à la presse, et cela a d’autant plus surpris que l’alliance paraissait difficile dans cette Région… Au final, les discussions sont effectivement bien avancées mais l’accord n’a pas été signé.

Est-ce que le Modem ne se retrouve pas tiraillé entre d’un côté les têtes dirigeantes qui ne s’apprécient guère et de l’autre la nécessité de s’allier au niveau local ?

Nous, nous apportons une originalité. Si on était 100% derrière Nicolas Sarkozy, on serait républicains… A l’intérieur des Républicains, il y a différentes sensibilités et nous n’avons jamais caché être plus proches d’Alain Juppé. Pour notre Région, il est urgent de proposer une alternative à la gauche et elle ne pourra se faire que sur un rassemblement très large. Si nous nous allions avec Dominique Reynié, la liste devra incarner quelque chose qui va au-delà de la ligne de Nicolas Sarkozy. Le Modem apporte une dimension complémentaire, spécifique et intéressante, indispensable à la victoire. Aujourd’hui les difficultés sont derrière nous. L’indépendance, nous l’avons payée cher… Nous restons indépendants, mais cela n’exclut pas les alliances.

Dans notre Région, qu’est-ce qui ‘‘bloque’’ la finalisation de l’accord ?

Il n’y a rien qui bloque. Quelle sera la représentation de chacune des familles politiques ? La politique, c’est une concurrence. La question aujourd’hui est de trouver une situation acceptable quant à la représentativité de notre parti. C’est le sujet principal. L’autre sujet, c’est le programme. D’ailleurs, nous avons commencé les discussions par là. Mais nous nous sommes rendus compte avec plaisir que nos points de vue convergent.

 En exergue : « L’indépendance, nous l’avons payé cher »

Est-ce qu’au final, le Modem a vraiment le choix ? N’êtes-vous pas contraint de vous allier pour peser ?

Tout dépend ce qu’on entend par ‘‘peser’’. Peser, c’est proposer aux citoyens une alternative pour cette grande Région qui a besoin d’idées neuves. Nous ne voulons pas participer à une politique qui ne change pas les choses. Nous sommes là pour gagner, gagner pour faire les choses différemment. Par exemple, le pouvoir économique de la future Région sera encore plus important. Si c’est pour embaucher des fonctionnaires supplémentaires et subventionner des contrats aidés, ce n’est pas ça qui résoudra le problème de l’emploi. Il faudra plutôt mettre l’accent sur l’apprentissage pour permettre aux jeunes de mettre le pied à l’étrier. Est-ce que nous avons vraiment le choix ? C’est l’ensemble des autres forces politiques qui n’ont pas le choix. Le rassemblement à droite doit se faire avec le centre. Il existe dans cette Région, et si le Modem n’est pas a priori le parti le plus visible, il peut provoquer le basculement. On l’a vu aux dernières élections municipales.

 Quel regard portez-vous sur ce début de campagne ?

Nous avons assisté à un début de campagne pitoyable. L’acte 1 a été le combat entre Toulouse et Montpellier. La tractation réalisée avec l’Etat a abouti à une répartition des services administratifs qui va parfois à l’encontre du bon sens. Alors qu’il faut rééquilibrer l’ensemble des territoires et pas seulement entre Toulouse et Montpellier. L’acte 2 a été cet accord politicien et parisien entre le PS et le PRG ! Cette magouille est désespérante. J’espère que dans les sphères parisiennes, il y aura des élus assez sensés pour stopper cette loi stupide qui instaurerait le poste de président délégué, imaginé seulement pour satisfaire les égos de Carole Delga, Sylvia Pinel et Damien Alary… C’est grotesque et scandaleux. Ils voudraient donner des voix au FN, qu’ils ne s’y prendraient pas autrement.

 

CV express :

Né le 19 septembre 1955, Robert Rochefort est vice-président du Modem.

Fonction : Député européen de la circonscription Sud-Ouest depuis 2009 et chef de file du Modem pour les élections régionales.

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