[Rencontre] Sébastien Nadot : « L’idée est de sortir du carcan des partis politiques »

Sébastien Nadot

Présidentiable ? Militant toulousain du MDP (Mouvement des Progressistes) et professeur de sport dans la vie, Sébastien Nadot vient d’être nommé par son parti, candidat aux élections présidentielles de 2017. Un acte d’indépendance pour le parti de Robert Hue, qui a soutenu François Hollande en 2012, mais aussi une preuve de renouvellement dans le monde politique.

Comment s’est décidée une candidature du MDP aux prochaines élections présidentielles ?

J’ai rejoint le MUP il y a un peu plus de deux ans. Le mouvement soutenait alors la campagne de François Hollande. Moi-même, j’ai voté pour lui en 2012. Puis on s’est déroulé le quinquennat… Tous les mois, on dressait le constat qu’on ne se retrouvait plus dans la politique menée, ni sur le fond, ni sur la forme. La déchéance de nationalité a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Robert Hue a rencontré François Hollande à ce sujet pour lui dire notre position. Nous pouvions comprendre les annonces après les attentats de novembre dernier, mais tout le jeu politicien qui s’est déroulé ensuite pour mettre la droite en difficulté, c’était trop gros ! Après en avoir discuté en bureau national et sur le terrain, nous en sommes venus à la conclusion qu’il n’était plus possible d’être associé à cette majorité gouvernementale.

 

Pourquoi le choix s’est porté sur vous pour être candidat ?

L’idée est de sortir du carcan des partis politiques. Ceux qui ont une longue vie politique derrière eux, comme Robert Hue et Jean-Noël Carpentier, ont estimé que ça ne pouvait pas être eux. Le livre à paraître de Robert Hue l’explique très bien (Laissez la place ! édition Alma). Les hommes politiques qui sont en place depuis 30 ans, ne peuvent pas appréhender le monde d’aujourd’hui. Moi, je ne suis pas issu du milieu politique et je ne suis pas non plus issu de l’élite politique parisienne. Porter un candidat qui ne vient pas de Paris, ça a du sens. Il n’y a qu’à voir comment ont été découpées les régions dans la réforme territoriale… Tout a été décidé à l’intérieur du périphérique parisien ! Ces arguments ont été déterminants, mais pas suffisants pour acter ma candidature. Il y a également la question des égos qui est entrée en jeu. Les membres du bureau national savent que je n’ai pas d’ambitions personnelles, que je ne souhaite pas de carrière politique.

 

” Nous ne voulons plus du système présidentiel qui repose sur une seule personne qui décide de tout »

 

Avez-vous pensé à vous allier à des partenaires politiques afin de ne pas éparpiller les candidatures et les voix de gauche ?

C’était une option, mais nous avons choisi l’autonomie. On ne se retrouve pas dans le fonctionnement des partis politiques traditionnels. Nous avons certaines proximités de fond avec EELV, mais pas sur la manière de procéder. Et puis, c’est un parti qui vit par ailleurs sa propre crise… Avec le Front de Gauche, nous n’avons pas la même approche des choses. Ils sont dans l’agressivité permanente alors que nous préférons le dialogue pour trouver des solutions. Jean-Luc Mélenchon ne veut pas discuter avec quiconque, il est dans une démarche du chef absolu. Au contraire, nous ne voulons plus du système présidentiel qui repose sur une seule personne qui décide de tout. L’autre problème est que Jean-Luc Mélenchon rêve de porter une gauche radicale à la tête du pays et nous ne pensons pas que ce soit la solution. On partage certaines idées avec des gens qui ne sont pas de gauche, des personnes du Modem ont rejoint notre mouvement par exemple.

 

Vous ne vous définissez donc pas comme un candidat ‘‘anti-système’’, antimondialisation ?

Nous sommes au 21e siècle, on ne peut pas ne pas tenir compte de la mondialisation, car elle, elle ne tient pas compte de nous. Comment lier le progrès social et la mondialisation ? Tout notre champ de réflexion est tourné sur ce sujet. Mais nous ne pouvons pas construire un mur tout autour de notre pays. La mondialisation est un fait, et il vaut mieux le regarder en face que le subir en le refrénant. Bien sûr, cela implique que tout le monde se retrousse les manches.

 

Quels sont les objectifs de votre candidature ?

Porter nos idées au premier tour des présidentielles. Si Sébastien Nadot, candidat sorti de nulle part, peut être candidat, cela voudra dire qu’on est prêt pour un renouvellement en France. Notre première étape est de recueillir les 500 signatures nécessaires à la candidature. Nous travaillons déjà sur ce point, avec nos réseaux nous devrions y parvenir. Cette campagne sera également l’occasion de faire un tour de France, pour rencontrer des personnes engagées de diverses manières. Il y a beaucoup de gens impliqués, intelligents, nous voulons les rencontrer et aider les plus pertinents d’entre eux à se présenter aux législatives. Il existe aujourd’hui une barrière entre les politiques et les citoyens. Beaucoup de gens se disent : ‘‘être député, ce n’est pas pour moi’’. Les citoyens n’ont plus conscience qu’ils peuvent se présenter. Aujourd’hui, beaucoup critiquent l’utilisation du 49-3 par le Premier ministre, mais c’est un procédé légal inscrit dans la Constitution. Si cela ne nous convient pas, il faut changer les lois et donc se présenter aux législatives.

 

Votre vision des choses nécessite une réforme de nos institutions. Que prônez-vous en la matière ?

Notre Constitution date de 1958. Elle avait sa pertinence dans le contexte de l’époque, mais aujourd’hui elle a l’âge de la retraite. La dernière réforme constitutionnelle qui a acté le passage au quinquennat et qui a accolé les élections législatives aux présidentielles, était une erreur. In fine, notre objectif serait de passer à un système parlementaire qui permette de constituer un gouvernement au gré des majorités.

 

CV express

Né le 8 juillet 1972

À Fleurance (Gers)

Profession : Professeur de sport

Fonction politique : Délégué régional du MDP

Militant du MDP depuis 2013

 

 

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