[Rencontre] Gérard Onesta : « Le nom de la région est fédérateur et correspond au verdict citoyen »

Onesta ok

Satisfait.  Président du Bureau de l’Assemblée régionale, Gérard Onesta (EELV) revient sur l’assemblée régionale du 24 juin dernier au cours de laquelle le nom ‘‘Région Occitanie Pyrénées-Méditerranées’’ a notamment été voté.

 

Le nom Occitanie, sous-titré de la mention Pyrénées-Méditerranées, a finalement été voté par les élus régionaux. Le meilleur compromis ?

Ce n’est pas un sous-titre, mais plutôt un enrichissement, une précision. Cela permet de signifier aux Catalans qu’on ne les oublie pas, car à la jonction des Pyrénées et de la Méditerranée se trouve leur territoire. C’est un premier signal, mais cela ne clôt pas le sujet. Le nom de leur département Pyrénées-Orientales pourrait devenir Catalogne. En outre, j’ai proposé de renommer l’Euro-région Occitanie-Catalogne et de positionner son siège à Perpignan. La deuxième vertu de ce nom est de rassurer les milieux économiques qui avaient quelques réserves sur le nom Occitanie à l’exportation. La troisième vertu est de préciser que nous représentons une partie de l’Occitanie, par rapport à la polémique lancée par le président d’Aquitaine Alain Rousset (qui a reproché à la région LRMP de s’approprier l’Occitanie alors que ce territoire dépasse les frontières de la région, NDLR). Nous avons la délicatesse de ne pas attaquer le nom Nouvelle Aquitaine, alors que Toulouse fait partie du bassin d’Aquitaine… Ce nom est donc fédérateur et correspond au verdict citoyen qui a été très clair.

 

Pour certains, cette proposition est le fruit « d’un marchandage politique » entre votre groupe et la présidente Carole Delga. Que répondez-vous à cela ?

Nous avions annoncé depuis la campagne que le groupe Nouveau Monde en commun travaillerait en concertation avec les citoyens. Sur cette consultation, notre position était connue avant même les résultats : en fonction de la clarté du vote, l’assemblée aurait plus ou moins de marges de manœuvre. Occitanie est arrivé en tête dans 12 départements sur 13, loin devant toutes les autres propositions. On ne pouvait pas ne pas en tenir compte. On connaissait les règles du jeu et on les appliqué. On tient nos engagements !

 

La faible participation à cette consultation ne remet-elle pas en cause la légitimité de la proposition Occitanie ?

Il y a eu exactement 203 993 votants et ce ne sont pas des clics. Personne ne nous a fait ce reproche, les résultats n’ont pas été truqués. Ils ne peuvent pas être remis en cause. Est-ce qu’on aurait pu faire mieux ? Oui. Il faut dire que l’ergonomie du site était lamentable, c’était une usine à gaz. Beaucoup ne sont pas allés au bout. D’autres ont pensé que ce n’était pas la peine de voter, car le nom était décidé d’avance. Ceux-là auront davantage confiance pour la prochaine fois. La confiance met du temps à se construire. C’est la première fois dans l’histoire d’une collectivité territoriale qu’une délibération est construite à 200 000 mains ! Par ailleurs, on sait lorsqu’on dépouille un vote qu’à partir de 100 000 participants, le résultat ne bouge plus beaucoup.

 

Lors de la dernière assemblée régionale, un amendement au règlement intérieur a également été voté, portant le nombre d’élus nécessaire pour constituer un groupe politique à 7, au lieu de 4 initialement voté en janvier lors de la première session. Est-ce un calcul politique pour éviter que certains membres de votre groupe fassent scission ?

Le règlement intérieur voté en janvier était provisoire et incomplet. Nous nous étions donné rendez-vous en juin pour refonder tous les articles. La position de notre groupe était fixée à 7 personnes, soit 4% des membres de l’assemblée, ce qui baisse le seuil par rapport à l’ancienne région Midi-Pyrénées qui était à 6%. Je ne vois pas en quoi cette décision est liberticide ! Si certains veulent quitter le groupe Nouveau Monde, ils peuvent le faire et devenir membres non-inscrits. Cela ne change rien. Est-ce que ces gens-là ont été brimés dans leur différence ou dans leur liberté de vote ? Ils ont pu voter contre le budget sans qu’il n’y ait aucune sanction.

 

Mais certaines personnes (du Parti de gauche et Nouvelle Gauche socialiste) ont bien exprimé leur désir de partir du groupe Nouveau Monde en commun…

J’entends ça depuis quelque temps. Je connais une personne qui veut marquer sa différence et passe plus de temps à critiquer qu’à agir, une autre qui ne vient jamais, une qui ne sait pas comment se positionner et une qui a envie de travailler en bonne intelligence en gardant sa liberté de parole. J’espère que l’été permettra de calmer les choses. Je sais que la campagne présidentielle arrive et pousse chacun à marquer sa différence. Le calendrier des uns n’est pas forcément celui des autres.

 

Après plusieurs mois d’exercice, quel premier bilan peut-on tirer de la création d’un bureau de l’assemblée ?

Tout ce qui est nouveau a besoin de s’analyser dans la durée, et le vrai bilan pourra être fait à la fin du mandat. Mais en 6 mois, nous avons pu mettre en place plusieurs dispositifs comme les rapports d’initiative émis par les commissions sectorielles. Auparavant, seul l’exécutif pouvait décider de l’ordre du jour. Plusieurs outils permettent un fonctionnement plus démocratique et plus ouvert. Est-ce que tous les élus vont s’en emparer ? Je ne sais pas, cela relève de leur responsabilité. Carole Delga a compris qu’on ne pouvait pas envisager l’action politique en 2016 sans ce pari citoyen.

 

CV express :

Né le 5 août 1960

À Albi

Profession : Architecte

Fonction politique : Président du Bureau de l’assemblée du Conseil régional

Militant écologiste depuis le 16 mars 1986

Exergue :

« Si certains veulent quitter le groupe Nouveau Monde, ils peuvent le faire »

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