[Rencontre] Christophe Rivenq : « Je ne suis pas un opposant politicien »

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AMBITIONS. Nouvellement élu à la présidence du groupe de la droite et du centre à la région, Christophe Rivenq remplace Dominique Reynié dont l’élection a été annulée par le Conseil d’État. Son objectif aujourd’hui est de mener une opposition crédible afin de préparer la reconquête de la région en 2022.

Propos recueillis par Coralie Bombail

Pourquoi avez-vous décidé de candidater à la succession de Dominique Reynié ?

La région est une collectivité qui me passionne. La première élection à laquelle j’ai participé en 1992 était les régionales, et j’ai été élu en 2010 en Languedoc-Roussillon. C’est une collectivité qui a le pouvoir et les compétences d’agir sur la vie quotidienne des gens. Je suis un ardent défenseur de la pertinence territoriale. Je me bats depuis des années pour une spécialisation des collectivités en fonction de leur taille. J’étais déjà vice-président du groupe et me suis investi à ce titre dans l’opposition régionale. J’ai candidaté naturellement à la présidence du groupe et j’ai été élu assez naturellement aussi, à l’unanimité des voix.  Ce qui prouve que j’ai une légitimité à prétendre à ce poste.

Vous avez été élu dans un contexte particulier. Est-ce que l’annulation de l’élection de Dominique Reynié porte un coup dur à votre groupe politique ?

On l’a vécu de façon détendue. Bien sûr, c’est un coup dur dont on se serait bien passé… On savait depuis novembre que ça pouvait arriver. La justice a tranché, mais on continue, on s’accroche. Maintenant, notre objectif, c’est de préparer 2022. Je vais essayer de préparer au mieux l’alternance pour cette région. Les élus de la droite et du centre détiennent de nombreuses villes en LRMP. Il faut mettre tout ce beau monde autour de la table pour bâtir ensemble un projet pour 2022.

Comment comptez-vous mener cette opposition ? Dans quel état d’esprit ?

Je l’envisage de façon constructive. Je ne suis pas un opposant politicien. J’ai adhéré au RPR en 1984, je suis animé par des valeurs gaullistes. Je crois en la co-construction, en l’écoute. J’ai beaucoup d’idées, mais il faut les confronter aux aspirations de la population. Je vais être l’animateur du groupe pour que l’on puisse travailler thématique par thématique. Il faut que nous soyons capables de faire des propositions sur tous les grands projets qui nous attendent. Il n’y aura pas de dossier non travaillé ou de position non argumentée.

Outre la majorité présidée par Carole Delga, vous devez également faire face au groupe FN qui est la principale force d’opposition.   

Le groupe FN est en réalité très hétérogène. La présidente France Jamet a beaucoup de mal à le manager. Des candidats ont été élus sans s’y attendre vraiment. Lors des premières assemblées, ils ont fait beaucoup de bruit, mais ils ont constaté que ça ne marchait pas. Lors de la dernière assemblée, on a été beaucoup plus présents qu’eux. Le FN nous considère comme leur principal adversaire, car il pense pouvoir capter notre électorat. Pourtant, ce parti se rapproche de l’extrême gauche sur certaines positions. On constate qu’il rassemble des anciens gauchistes comme des anciens de la droite républicaine, mais il ne représente pas une idéologie.

« Le seul nom qui me parait rassembler l’ensemble de la région, c’est Languedoc »

Lors de la prochaine assemblée plénière du 24 juin, le nom de la région sera validé par les élus régionaux après une consultation populaire qui vient de prendre fin. Quel est votre avis sur le procédé de désignation ? Sur le fond, quelle est votre préférence quant aux 5 propositions (Languedoc, Languedoc-Pyrénées, Pyrénées-Méditerranée, Occitanie, Occitanie-Pays Catalan)  ?

Je suis contre ce simulacre de démocratie mis en place par Gérard Onesta (président du Bureau de l’assemblée EELV, NDLR) ! La consultation populaire a touché à peine 200 000 personnes sur les 5 millions d’habitants de la région. La méthode est contestable. Ce sera ensuite à nous, élus régionaux, de nous prononcer sur la base de ces résultats. On aura le choix entre valider la proposition qui en est ressortie ou être taxés d’anti-démocrates. C’est scandaleux ! Pour moi, le nom doit présenter un double intérêt : être fidèle à l’identité de notre région et être vendable à l’étranger en permettant de nous situer facilement. Toutes les propositions qui retiennent seulement une partie de notre territoire ne sont pas opportunes. Le seul nom qui me parait rassembler l’ensemble de la région et correspondre à notre histoire, c’est Languedoc. C’est le choix le plus simple qui fera le moins de déçus possible.

Vous avez dénoncé à plusieurs le cout de la fusion des régions. Lors du dernier budget, la majorité annonce des dépenses de fonctionnement maitrisées et des investissements à la hausse. Qu’en pensez-vous ?

On ne peut pas comparer ce budget avec ceux des deux anciennes régions, ça n’a aucun sens. La majorité évoque une maîtrise des dépenses de fonctionnement d’un côté et augmente la fiscalité de 21 millions d’euros en année pleine, en actionnant le levier fiscal de la carte grise. Quant aux investissements, ils correspondent à la reconduction de programmes anciens. Il n’y a rien de nouveau.

Pas même le plan Marshall, pour l’économie et pour l’emploi ?

Le plan Marshall est un vocable. D’ailleurs ce vocabulaire me semble un peu désuet… Mais le véritable problème est que ce plan n’est rien d’autre qu’un habillage politique qui rassemble sous un nom nouveau tous les anciens programmes d’investissement de la région. Un vrai plan Marshall suppose des investissements exceptionnels qui viseraient à doper l’économie. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

CV express :

Né le 20 juin 1966

À Freudenstadt (Allemagne)

Profession : Directeur de cabinet du maire d’Alès et Directeur général des services d’Alès agglomération

Fonctions politiques : Président du groupe de la droite et du centre à la Région, secrétaire départemental adjoint des Républicains dans le Gard

Militant LR depuis 1984 (ex RPR, ex UMP)

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