vendredi 4 décembre 2020
Politique Régis Godec : « La gestion Moudenc est douloureuse »

Régis Godec : « La gestion Moudenc est douloureuse »

Ecolo attitude. L’ancien adjoint de Pierre Cohen est l’un des piliers d’EELV à Toulouse. Il fustige le premier bilan de Jean-Luc Moudenc, et assure qu’une gauche alternative est en train de naître.

 

Jean-Luc Moudenc vient de fêter sa première année au Capitole. Quel bilan en faîtes-vous ?

Je pense que pour lui cette année a été plus difficile qu’il ne l’imaginait. Il s’est lancé tambour battant dans un rôle qui est celui de leader de la droite régionale, avec cette volonté politique affichée que tout passe par lui. Sa priorité était la réussite des scrutins à venir, or il s’est pris les pieds dans le tapis avec les élections départementales. Son rassemblement de la droite a été un échec, et c’est un désaveu cinglant pour le Capitole. Le maire s’est impliqué personnellement dans ce scrutin dans une proportion sans doute imprudente … Le constat est qu’il n’y a pas d’adhésion forte des Toulousains derrière lui, et j’ai même le sentiment qu’aujourd’hui la critique gronde. Les habitants de cette ville demandent des résultats et ils n’en n’ont pas beaucoup. La méthode Moudenc patine. Je note par ailleurs qu’il s’est de nouveau mis en avant en prenant la tête du conclave qui a désigné Dominique Reynié comme chef de file de la droite aux Régionales. En fait Jean-Luc Moudenc s’occupe davantage de politique politicienne que des Toulousains. C’est l’analyse que je porte sur sa première année au Capitole, et c’est d’ailleurs en rupture avec les pratiques passées de Dominique Baudis et Pierre Cohen.

 

La fiscalité locale en hausse, la gratuité dans les cantines remise en question, un budget culturel en berne … Les décisions de Jean-Luc Moudenc clivent, non ?

Le maire clive car c’est la suite logique de sa campagne municipale. Il doit donner des gages à sa majorité. Mais je pense qu’il s’est tout de même mis dans une situation délicate car il a beaucoup promis … Sans doute trop. Or, ses marges de manœuvre sont bien réduites et son opération de communication sur la question budgétaire a du mal à prendre. J’en veux pour preuve la volonté de Jean-Luc Moudenc de masquer l’augmentation des tarifs municipaux ; cela va impacter les piscines, les CLAE … Les Toulousains commencent à comprendre que la gestion Moudenc est douloureuse.

Il n’y pas de projets structurants annoncés pour le moment …

Et mon sentiment est qu’il n’y aura pas de grandes réalisations durant ce mandat. Nous aurons droit à des études pour des concrétisations à venir, mais c’est tout. Jean-Luc Moudenc conclura sa mandature avec des documents d’urbanisme modifiés pour intégrer les futurs projets, et il tiendra le discours suivant en 2020 : « Réélisez-moi et je réaliserai concrètement les grands projets dont la troisième ligne de métro. »

Justement derrière ce projet de troisième ligne de métro, il y a désormais la question du prolongement de la ligne B. Peut-on financer ces deux dossiers ? Quel est votre avis ?

Je suis convaincu que Jean-Luc Moudenc va stopper le projet de prolongement de la ligne B, comme il a arrêté tous les projets d’infrastructures de transports en commun qui étaient envisagés sous Pierre Cohen. Il met ainsi en péril les intérêts de la grande agglomération car il y a notamment une solidarité nécessaire entre la métropole et le Sicoval.

« Gérard Onesta a une crédibilité dans le costume de président de région »

Les écologistes du Sicoval ont proposé un raccourcissement du tracé du PLB pour tenir compte des impératifs budgétaires. Une position pragmatique ?

Il s’agit d’enrichir le débat, car on sait qu’il faut faire bouger les lignes. Il faut bien tenir compte de la légitimité de Jean-Luc Moudenc, et partir de ses priorités. Pourquoi donc ne pas bouger le projet pour pouvoir le maintenir ? C’est maintenant au président de la métropole de dire banco, même si je pense qu’il n’y a plus vraiment de porte ouverte …

Et la seconde rocade, vous y croyez toujours ?

Je pense que Jean-Luc Moudenc n’y a jamais cru. D’autre part il faudrait qu’il demande à ses amis Alain Chatillon (maire de Revel, ndlr) et Dominique Faure (maire de St Orens, ndlr) où le tracé doit-il passer puisque ce projet ne serait pertinent qu’à l’est de l’agglomération. En dehors de la question budgétaire, on voit donc bien qu’il y a des contraintes géographiques, techniques et politiques qui rendent impossible cette deuxième rocade. Le débat est clos selon moi.

La campagne régionale va démarrer, et les écologistes ont désigné Gérard Onesta comme chef de file. Quel est l’objectif ?

Une chose est certaine nous ne partirons pas avec le PS au premier tour ; ce parti porte aujourd’hui une politique qui est incompatible avec la nôtre. On ne peut pas ne pas tenir compte de la politique nationale sur d’éventuels accords locaux. Par ailleurs, je note que Carole Delga et Dominique Reynié ne sont pas forcément des candidats qui ont une forte connaissance des dossiers régionaux, ce qui n’est pas le cas de Gérard Onesta qui a une crédibilité dans le costume de président de région. Les jeux sont donc ouverts !

Ferez-vous campagne avec le Front de Gauche ?

Tous les citoyens qui souhaitent créer une gauche alternative sont invités à nous rejoindre.

 

CV EXPRESS

Il a 41 ans.

Fonctions : Conseiller municipal d’opposition à Toulouse et élu métropolitain.

 

 

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