Régionales : L’heure du choix

SYL jtoul-15-12-10

ACTE 2. Ils ne sont plus que trois. Pourtant, la situation est peut-être plus complexe que la semaine dernière où 11 candidats concourraient au premier tour. Le risque du FN est fort. Face à Louis Aliot, Carole Delga (PS) rassemble la gauche, avec les composantes de l’ancienne majorité régionale, tandis que Dominique Reynié (LR)  se maintient au second tour. Les électeurs ont donc un vrai choix à faire pour leur future région : la continuité, l’alternance ou la rupture.

Carole Delga : la continuité

La candidate socialiste prend la tête aujourd’hui de l’union de la gauche. Elle représente les couleurs du PRG, des Verts, du Front de gauche (dont le Parti communiste et Parti de gauche) et du Parti occitan, principalement. La « jonction » entre la liste Gérard Onesta et celle de Carole Delga, réalisée au lendemain du premier tour, va devoir maintenant convaincre les électeurs de gauche et surtout ceux de la gauche de la gauche antigouvernementale. La liste Nouveau Monde en commun menée par le candidat écologiste, a prôné toute la campagne une nouvelle manière de faire de la politique, basée sur l’implication citoyenne dans la vie publique. Que va-t-il rester de tout ce cela dans la future majorité ? Une majorité qui s’inscrira, en cas d’élection, dans la continuité de l’ère Malvy, dont Carole Delga et Gérard Onesta défendent le bilan.

Quel renouveau dans la continuité ?

« Jusqu’à présent, le groupe socialiste pouvait décider quasiment tout seul, surtout en Languedoc-Roussillon », remarque Gérard Onesta,  « si nous sommes élus, nous obtiendrons entre 25 et 30 sièges, ce qui nous permettra de peser à l’assemblée : chaque débat sera un vrai débat donc ce sera beaucoup plus intéressant. » Via ce rapport de force, il espère ainsi « insuffler un souffle nouveau » dans les pratiques politiques, point sur lequel Carole Delga est « réceptive », selon lui, «  mais est-ce qu’elle sera aussi précise que ce que prévoit notre charte éthique ? Je ne sais pas », avoue le leader écologiste. La candidate socialiste, quant à elle, insiste sur les fondamentaux communs entre les différentes composantes de la gauche : « Nous sommes pour une politique volontariste en matière de services publics, donner la priorité à la jeunesse, favoriser l’accès à la culture, à la santé, aux transports collectifs… » Mais sur certains points précis, le débat risque d’être plus tendu, comme sur le sujet épineux de la LGV sur lequel les Verts s’opposent. « Nous arriverons à des compromis intelligents », promet Gérard Onesta.

 

Dominique Reynié : l’alternance

Le candidat LR,  allié au Modem et à l’UDI, arrivé en troisième position dimanche dernier, a décidé de se maintenir au second tour, malgré certains avis contraires (l’UDI a appelé tous les candidats de droite en troisième position à se retirer). Si Carole Delga dénonce un « manque de courage » et « une faiblesse envers le FN », il n’en reste pas moins que le maintien de cette liste permet aux électeurs d’avoir une réelle offre politique dimanche. Dominique Reynié se pose comme le candidat de l’alternance, avec dans son équipe des conseillers régionaux sortants qui ont œuvré dans l’opposition de Martin Malvy.

Quels changements si Dominique Reynié est élu ? 

Le candidat de la droite a établi un programme d’investissement clair, calqué sur le budget régional actuel, dont les priorités se démarquent réellement de la gauche sortante. Le développement des axes routiers par exemple est l’un des points forts du programme (le PS et ses alliés préfèrent investir dans le train et les transports en commun). La mise en place d’une politique sécuritaire, alors que cela ne fait pas partie des compétences de la Région, est une autre différenciation majeure. Dès le début de la campagne, Dominique Reynié s’est emparé de cette thématique. Concrètement, cela signifie l’installation de caméras de vidéosurveillance dans les lycées, dans les petites communes (grâce à une aide régionale), et davantage de surveillance dans les trains (en collaboration avec la SNCF). En matière économique, on peut citer sa volonté d’investir dans des domaines innovants comme la voiture propre ou encore le cinéma d’animation. Avec 18% des voix au premier tour, Dominique Reynié dimanche a peu de chances de remporter la Région dimanche. L’objectif sera a minima d’obtenir un groupe d’opposition le plus conséquent possible.

 

Louis Aliot : la rupture

En tête du premier tour, Louis Aliot veut « transformer l’essai » au second. Inlassablement, le candidat FN poursuit sa campagne dans l’entre-deux tours avec le même discours : « On parle du chômage, des feuilles d’impôt, de l’insécurité, des vagues de migrants et les gens sont réceptifs », martèle Louis Aliot. Des mots qui parlent au peuple dans le désarroi.

Les conséquences d’une présidence FN

Si Louis Aliot est élu dimanche, que va-t-il se passer ? La tête de liste FN s’auto définit comme « le candidat de la droite », avec des propositions qui s’inscrivent dans une ligne plus modérée que celle de son parti, au niveau de la culture notamment, mais aussi du développement durable. Il prône un recentrage budgétaire sur les principales compétences de la nouvelle Région : le développement économique, les transports et les lycées. Au nom de cela, certaines coupes budgétaires vont être réalisées : les subventions aux associations jugées « politiques », « amies de la gauche », celles qui viennent en aide aux migrants par exemple, seront supprimées. Le même sort sera réservé au planning familial, également « pour leur prise de position en faveur des migrants alors que ça ne dépend pas de leur cadre d’action ». Dans un même temps, la solidarité envers les personnes âgées reste un axe fort, alors que ce domaine dépend du conseil départemental. Louis Aliot fixe ses priorités en matière de solidarité. De manière générale, le thème transversal du programme est le ‘‘rééquilibrage des territoires en faveur du rural’’. Là encore, la première proposition sur ce thème est : « Défendre l’identité des territoires en refusant tout aide à l’installation de populations migrantes dans la Région en particulier dans le rural. » Si sur certains domaines, les propositions du Front national ressemblent à celles des autres candidats, l’élection de Louis Aliot à la présidence marquerait à n’en pas douter un changement radical dans la politique régionale. En revanche, s’il n’est pas élu, le candidat ne siègera pas dans le groupe d’opposition FN.

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