jeudi 29 octobre 2020
Politique Régionales. La France insoumise ouvre grand les bras à gauche

Régionales. La France insoumise ouvre grand les bras à gauche

Écologistes, gauche de la gauche, syndicalistes, citoyens, Gilets jaunes, la France insoumise (LFI) tend la main à toutes les forces de gauche aspirant à bâtir une alternative politique en Occitanie, pour les élections régionales de 2021.

A l’itinériare Bis, les élus LFI, Michel Larive, Myriam Martin et Manuel Bompard appellent à l’union à gauche pour les régionales en Occitanie © NB / JT

La campagne officielle pour les élections régionales de 2021 n’est pas encore lancée. Mais les grandes manœuvres ont déjà commencé. Notamment à gauche, où la France insoumise (LFI) réitère son appel à rassembler la gauche autour d’une Fédération populaire en Occitanie. Toute la gauche ? Non. En effet, le Parti socialiste est le grand absent de la litanie des forces énumérées par les cadres locaux de LFI : « Europe Écologie-les Verts, Parti communiste, Génération.s, Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Place publique, syndicalistes, Gilets jaunes, militants associatifs et tous ceux qui résistent… Nous tendons la main à tous ceux qui pensent que c’est le moment de bâtir une alternative à la politique de casse sociale, à l’échelle régionale », détaille Myriam Martin, conseillère régionale LFI.

De la différence entre adversaires et ennemis politiques

Une candidature que l’élue justifie par la nécessité d’affirmer une singularité politique. « Avec Carole Delga (actuelle présidente de la Région et candidate aux régionales 2021 pour le PS, Ndlr), nous avons des désaccords sur de nombreux sujets à propos desquels nous estimons qu’elle adopte une position qui n’est pas de gauche. Si nous nous allions dès le premier tour, nous perdrions notre capacité à nous faire entendre et à marquer notre différence au sein de la majorité. En revanche, nous n’oublions pas que le véritable ennemi, c’est l’extrême droite. Puis la droite et le mouvement En marche (LREM) qui portent, l’un comme l’autre, un projet nocif et climaticide », précise Myriam Martin qui n’exclut donc pas un rapprochement au second tour. Notamment pour faire barrage à l’extrême droite.

Une répétition générale avant les présidentielles

Mais au-delà d’une candidature d’opposition, les ténors locaux du mouvement mélanchoniste défendent un projet d’alternative politique autour de trois principes majeurs : la mise en place d’un « bouclier social », la « bifurcation écologique » et la « rénovation démocratique ». Des grands axes programmatiques que Myriam Martin décline au plan local.

« Nous reviendrons sur l’augmentation du temps de travail pour les agents territoriaux. Nous défendrons l’idée d’un conditionnement des subventions accordées aux entreprises. Nous réorienterons l’argent public vers le développement des actions culturelles et de l’économie sociale et solidaire. Nous proposerons la création du Référendum d’initiative citoyen régional. Et, bien sûr, nous nous opposerons aux grands projets néfastes, comme l’autoroute Toulouse-Castres ou l’extension du port de Port-la-Nouvelle, défendus par l’actuelle majorité », détaille la conseillère régionale qui voit dans cette élection une répétition générale avant l’échéance nationale de l’année suivante. « Nous voulons affirmer une politique pour la région, mais également une vision pour le pays », insiste-t-elle.

Le cas EELV

Mais pour cela, il faudra convaincre. À commencer par EELV, l’allié des dernières municipales avec qui les relations se sont compliquées au lendemain du scrutin. En effet, les écologistes semblent privilégier, pour le moment, la solution d’une liste autonome aux régionales et la création de groupes distincts au sein de l’opposition, au Conseil de la métropole. « Nous ne sommes pas résignés. Les points de désaccord sont surtout au niveau national », tempère le député européen LFI Manuel Bompard qui est convaincu que, sur les deux sujets, les lignes peuvent encore bouger.

Celui-ci se dit même favorable à la participation du collectif Archipel citoyen à une dynamique d’union de la gauche. Une manière de capitaliser sur le travail effectué aux municipales. « Il serait alors envisageable d’être la première force de gauche au premier tour », ajoute-t-il. Celui-ci en est persuadé, « ce premier temps du scrutin se gagne sur des orientations politiques, pas sur des calculs stratégiques ».

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